Universal Music, le futur bras armé de Vivendi en Chine ?

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La cession de près de la moitié d'UMG pourrait rapporter près de 11 milliards d'euros.
La cession de près de la moitié d'UMG pourrait rapporter près de 11 milliards d'euros. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
Comme il l'a indiqué cet été, Vivendi songe à céder près de la moitié de son capital dans UMG à des « partenaires stratégiques ». Aux yeux de certains, le géant des médias pourrait notamment s’allier à des géants chinois du Net, à l’instar de Tencent ou Alibaba. Cela permettrait à la filiale de Vivendi de partir à l’assaut de la Chine, dont le marché de la musique enregistrée est encore très peu développé.

Groupe tentaculaire, Vivendi possède - ou dispose d'importantes participations - dans Canal+, Havas, Telecom Italia, Dailymotion, Mediaset ou encore Banijay-Zodiak. Mais sa pépite, son fer de lance, c'est bel et bien Universal Music Group (UMG). Cette filiale représente aujourd'hui plus de 40% des ventes globales de Vivendi. Et si, au premier semestre, son chiffre d'affaires a légèrement reculé (de 1,4% à 2,63 milliards d'euros), la forte progression du marché du streaming lui permet d'envisager l'avenir avec une certaine sérénité.

Surtout, Vivendi, après avoir longtemps songé à introduire en Bourse cette filiale qu'il possède à 100%, envisage désormais de céder près de la moitié de son capital à « un ou plusieurs partenaires stratégiques ». Outre faire rentrer du cash, cette opération pourrait servir de levier à UMG pour s'attaquer à de nouveaux marchés. Plusieurs observateurs et analystes financiers parient notamment sur la Chine, dont le marché de la musique enregistrée est encore peu développé.

Analyste chez Oddo BHF, Jérôme Bodin en fait partie. D'après lui, il serait possible de voir, à moyen terme, les géants chinois du Net Alibaba et Tencent s'inviter au capital d'UMG, en tant que vrais « partenaires industriels ». Dans une note récente, il a précisé sa pensée:

« Notre scénario repose sur la cession de 49% du capital d'UMG en plusieurs temps, indique-t-il. Les groupes chinois Tencent et/ou Alibaba sont, selon nous, les partenaires les plus crédibles. Une telle alliance permettrait d'accélérer la croissance d'UMG sur le marché chinois. »

Un pactole potentiel de 11 milliards d'euros

Comme le rappelle l'analyste, la Chine, où les offres payantes de musique sont peu développées, pourrait constituer un puissant catalyseur de croissance pour UMG :

« Le marché chinois de la musique enregistrée est actuellement sous-développé, explique Jérôme Bodin. Certes, la croissance a été très forte en 2017 (+35%), mais la taille du marché est microscopique au regard de celle de l'économie chinoise. En 2017, selon les données de la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI), il est le dixième marché mondial (200 millions de dollars de valeur, contre 5,3 milliards de dollars pour les États-Unis !), soit plus petit que le marché sud-coréen (classé au septième rang mondial) et à peu près équivalent à celui des Pays-Bas ! [...] Du point de vue de Vivendi, une alliance avec Tencent [qui est le leader du marché chinois du streaming, Ndlr] et/ou Alibaba pourrait permettre de soutenir l'émergence d'un leader national et le développement d'une offre légale. »

Selon Jérôme Bodin, ce scénario permettrait de doper la valorisation d'UMG à environ 22 milliards d'euros, contre près de 18 milliards auparavant. Ce qui signifie, en clair, que Vivendi pourrait disposer, au terme d'une telle opération, d'un pactole avoisinant les 11 milliards d'euros.

« Vivendi disposerait alors de liquidités importantes pour réaliser un important rachat d'action, et potentiellement s'insérer un peu plus dans Bolloré [son premier actionnaire à hauteur de 26%, Ndlr], mais aussi réaliser des acquisitions », achève Jérôme Bodin.

Stratégique, la cession d'une partie d'UMG pourrait in fine permettre à Vivendi de se consolider dans d'autres segments clé, comme les jeux vidéo, la production audiovisuelle ou la publicité.

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Commentaires
a écrit le 25/09/2018 à 20:24 :
Oui une alliance de Vivendi-UMG avec des géants Chinois me parait très plausible d'autant qu'un partenaire européen d'envergure est mieux positionné qu'un partenaire américain puisque D;Trump est perçu par Beijing comme "mettant un couteau sous la gorge de la Chine".
a écrit le 21/09/2018 à 19:04 :
Si les européens aidaient Trump dans la lutte pour un rééquilibrage des accords commerciaux avec la chine, nos multinationales gagneraient bien plus et bien plus vite des parts de marché.

Avec les chinois, les néolibéraux se font mener à la baguette imposant à Trump de changer la donne si on ne veut pas qu'une dictature devienne première puissance économique et financière mondiale.

A la base ils avaient promis d'en sortir de la dictature aux reagan, clinton et autres bush mais de juteux pots de vin ont du permettre le contraire...

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