100 métiers d'avenir (4/10) : imprimeur 3D, créateur d'environnement virtuel...

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« Dans dix ou quinze ans, il sera normal de fabriquer soi-même son téléphone portable ou de réaliser chez soi des jouets 3D avec ses enfants », prévoit le développeur de logiciels de modélisation 3D Sylvain Huet.
« Dans dix ou quinze ans, il sera normal de fabriquer soi-même son téléphone portable ou de réaliser chez soi des jouets 3D avec ses enfants », prévoit le développeur de logiciels de modélisation 3D Sylvain Huet. (Crédits : Décideurs en région)
[Série 4/10] Sources d'inspiration dans le cinéma de science-fiction, les technologies liées à la 3D, à la réalité augmentée et à l'intelligence artificielle créeront de nombreux emplois et métiers dans les vingt ans à venir.

La révolution est déjà en marche. Selon une étude du cabinet Xerfi, le marché de l'impression 3D va croître de 20 % par an dans le monde et pèsera 8,5 milliards d'euros en 2020, contre 2,9 milliards en 2014. Réduction des coûts, fabrication sur mesure, légèreté et résistance des pièces...

« L'imprimante 3D s'apprête à révolutionner les modes de production », résume l'étude.

Son usage se développe surtout dans l'aéronautique, le matériel médical pour la fabrication de prothèses auditives et dentaires ou encore dans l'automobile, l'architecture, le design ou le jouet. Les postes d'ingénieur 3D, de technicien de maintenance et support 3D ou de designer 3D sont de plus en plus demandés.

Flairant le bon filon, de nombreuses écoles d'ingénieurs ou d'informatique proposent un cursus 3D, accessible de bac+3 à bac+5. D'autres créent des formations courtes, à l'image de l'École nationale supérieure d'arts et métiers de Lille, qui propose d'acquérir les rudiments de l'impression 3D en quelques jours à tous les publics. À l'avenir, l'impression 3D pourrait aussi toucher M. Tout-le-monde. C'est le pari de Sylvain Huet, 42 ans. Ce développeur de logiciels de modélisation 3D a mis au point le 3D Slash, un logiciel de conception 3D grand public.

« Dans dix ou quinze ans, il sera normal de fabriquer soi-même son téléphone portable ou de réaliser chez soi des jouets 3D avec ses enfants », plaide ce précurseur, qui s'était lancé dans les objets connectés à l'aube des années 2000, soit près de dix ans avant leur éclosion !

La 3D est également utilisée dans un autre métier, celui de créateur d'environnement virtuel. Ce scientifique utilise des algorithmes complexes et des logiciels de pointe pour créer des services de réalité augmentée. Plus pratique de vendre une maison ou de choisir une destination de vacances quand le client peut s'y plonger virtuellement... Sans compter que l'éclosion des Google Glass pourrait donner un coup de fouet à ce marché.

Enfin, avec 2,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2013 et plus de 5000 salariés dans 200 PME, le secteur du jeu vidéo connaît lui aussi une croissance prodigieuse en France depuis dix ans. Juste en Île-de-France, une quinzaine d'écoles privées spécialisées proposent des formations de game designer, modeleur-textureur 3D ou encore testeur de jeux vidéo.

« Avec l'éclosion des jeux mobiles et sociaux, le marché commence à toucher toutes les catégories de la population », estime Antoine Guerchais, programmeur gameplay à 5 Bits Games.

L'autre secteur porteur est celui de la robotique. L'utilisation de robots va se poursuivre dans l'industrie (robots agricoles, dans les usines ou dans les hôpitaux), mais aussi se populariser pour les particuliers. Le chiffre d'affaires du secteur est estimé à 100 milliards d'euros dans le monde en 2020, dont 33 % en Europe. Cette explosion va développer les métiers de technicien en automatismes ou technicien robotique (bac+2 à bac+3, spécialisation mécanique ou électrique), d'ingénieur support client (bac+2 à bac+5) pour l'assistance technique, de développeur logiciel (bac+3 à bac+5) ou encore d'ingénieur en robotique (bac+5), sans compter tous les métiers liés à la production, à la maintenance et aux bureaux d'études, accessibles de l'apprentissage à l'école d'ingénieurs.

« Aujourd'hui, 90 % des robots domestiques vendus sont des aspirateurs et des tondeuses, regrette Bruno Bonnell, le président du syndicat Syrobo. C'est une infime partie du potentiel du secteur, qui va révolutionner la société comme Internet a révolutionné les services. »

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Suivez notre série "100 métiers d'avenir" en dix épisodes qui présentent ces nouvelles professions. A lire demain: "Développeur d'applications mobiles.." (5/10)

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>> PROGRAMME de notre série: "100 métiers d'avenir pour nos enfants"

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>> CONJONCTURE (vidéo) : les prévisions 2015 pour l'emploi en France

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