Crainte d'attentats à l'explosif dans les avions : Washington interdit les ordinateurs et les tablettes en cabine au départ du Moyen-Orient

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Washington craint des attentats à bord des avions en direction des Etats-Unis. La compagnie Daallo Airlines a un précédent.
Washington craint des attentats à bord des avions en direction des Etats-Unis. La compagnie Daallo Airlines a un précédent.
A partir de ce vendredi, les passagers au départ d'Amman, du Caire, de Koweït City, de Doha, de Dubaï, d'Istanbul, d'Abou Dhabi, de Casablanca, de Ryad et de Djeddah à destination des Etats-Unis ne pourront pas voyager avec leur tablette ou leur ordinateur en cabine portable et devront le placer en soute.

Washington craint des attentats à bord des avions en direction des Etats-Unis. La menace est telle selon l'administration Trump qu'elle justifie de nouvelles restrictions pour les passagers.

10 aéroports au Moyen-Orient

A partir de ce vendredi, les voyageurs au départ de 10 aéroports au Moyen-Orient et d'Afrique du Nord et à destination des Etats-Unis ne pourront pas voyager avec leur tablette ou leur ordinateur en cabine portable et devront le placer en soute. Invoquant sans les spécifier des menaces terroristes, l'administration Trump exige des voyageurs partis d'Amman, du Caire, de Koweït City, de Doha, de Dubaï, d'Istanbul, d'Abou Dhabi, de Casablanca, de Ryad et de Djeddah qu'ils mettent dans leurs bagages en soute des appareils électroniques plus gros que des téléphones portables, comme des tablettes, des lecteurs DVD portatifs, des ordinateurs portables et des caméras. Neuf compagnies aériennes exploitent en tout une cinquantaine de vols par jour vers les Etats-Unis au départ de ces aéroports: Royal Jordanian Airlines, Egypt Air, Turkish Airlines, Saudi Arabian Airlines, Kuwait Airways , Royal Air Maroc, Qatar Airways, Emirates et Etihad Airways. Les transporteurs ont jusqu'à vendredi pour se conformer aux nouvelles dispositions, qui resteront en vigueur pour une période indéfinie. Aucune compagnie aérienne américaine n'est concernée parce qu'aucune n'a de vol direct vers les Etats-Unis au départ des aéroports concernés.

Le département de la Sécurité intérieure autorisera les passagers à utiliser de gros appareils médicaux lorsque leur état de santé le justifie, ajoutant que les procédures "resteront en place jusqu'à ce que la menace change" et qu'il n'excluait pas de les étendre à d'autres aéroports en fonction des circonstances. La compagnie Emirates a confirmé être concernée par les nouvelles restrictions, ajoutant cependant qu'elles seront levées le 14 octobre.

En Turquie, la décision américaine passe mal. Ankara a demande à Washington de revenir en arrière pour la compagnie Turkish Airlines vers les Etats-Unis.

"Nous disons qu'il est nécessaire de revenir en arrière ou d'alléger" cette mesure, a déclaré Ahmet Arslan, le ministre turc des Transports, évoquant l'impact que cette mesure pourrait avoir sur le confort et le nombre de passagers.

Londres a décidé de suivre les Etats-Unis. En France, l'analyse du risque est en cours.

Dissimulation d'explosifs

Des responsables américains ont justifié leur décision par la lecture de rapports affirmant que des groupes terroristes voulaient dissimuler des explosifs dans des appareils électroniques. Dans un communiqué, le gouvernement se dit "préoccupé par l'intérêt constant porté par des terroristes à viser l'aviation commerciale, y compris des plate-formes de transport, au cours des deux dernières années". Le gouvernement redoute de voir des groupes terroristes tenter de placer une bombe sur un avion de ligne mais un des responsables a refusé à plusieurs reprises de donner plus de détails au sujet de la menace à l'origine des nouvelles mesures.

Reuters a rapporté lundi que ces dernières étaient envisagées depuis que Washington a eu vent de cette menace il y a quelques semaines. Des responsables ont précisé que des données recueillies à la suite d'un raid d'un commando américain en janvier au Yemen visant Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) comprenaient des techniques de fabrication d'une bombe.

Le précédent de Daallo Airlines

Cette décision ne fait que renforcer la menace d'introduction à bord d'explosifs dissimulés dans des objets. Il y a hélas deux précédents. L'explosion en novembre 2015 de l'avion russe Métrojet au-dessus du Sinaï. Les groupes terroristes qui avaient revendiqué l'attentat avait indiqué avoir introduit un explosif dans une cannette. L'autre cas a été moins médiatisé. C'est celui de l'A321 de Daallo Airlines au départ de Mogadiscio. Un explosif avait été dissimulé dans l'ordinateur mais l'explosion était, par chance pour les passagers, survenu pendant la phase de décollage, quand l'avion n'était pas encore pressurisé et, malgré le trou dans le fuselage dans lequel avait été aspiré le terroriste, l'avion avait pu se poser à l'aéroport sans faire de victime.

Le plus inquiétant dans cette histoire c'est que l'explosif n'avait pas été dissimulé à la place de la batterie (c'est pour cette raison que des agents de sûreté peuvent demander au passager d'allumer leur ordinateur) et qu'il n'avait pas été repéré par l'agent de sûreté qui avait bien fait son boulot, selon un spécialiste des questions de sûreté qui a vu la bande vidé du passage au poste d'inspection filtrage du terroriste.

La problématique du contrôle des explosifs

Si des examens de détection d'explosifs ont été mis en place lors de l'inspection filtrage (les molécules recueillies sur un sac à main ou un ordinateur sont examinées par un appareil capable de reconnaître les molécules d'explosifs), la question de la détection au rayon X reste toujours posée.

« A la base, ce n'est pas fait pour la détection d'explosifs mais pour celle des métaux », rappelle un expert.

Mais l'installation dans les postes d'inspection filtrage de détecteurs d'explosifs (EDS) comme cela a été imposé par Bruxelles pour le contrôle des bagages de soute, n'est pas encore jugée suffisamment fiable par les autorités et pose aussi des questions de génie civil de renforcement des dalles des aéroports (ces engins sont très lourds) et de coûts dans la mesure où le prix d'un EDS est environ 10 fois plus élevé que celui d'un rayon X.

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Commentaires
a écrit le 22/03/2017 à 8:20 :
Quant on voit la probabilité significative de perdre ou de se faire voler son bagage en soute, on imagine le risque de vol d'information pour les passagers voyageant pour raisons professionnelles. Il y a 1 an, on interdisait le transport des ordi et des tablettes en soute à cause du risque d'explosion. Difficile de suivre la logique des interdictions qui se suivent et s'opposent.
a écrit le 22/03/2017 à 7:53 :
Les bagages souvent malmenés au chargement et déchargement avec des tablettes, ordinateurs et autres appareils bonjour la crainte de la casse....
a écrit le 22/03/2017 à 4:38 :
Vivre est dangereux.
a écrit le 22/03/2017 à 0:02 :
Notez, ça devient tellement pénible d'aller aux us que je songe à les laisser seuls dans leur jus. Qu'ils se débrouillent. Faudra inventer le slogan : "No-us stay home." :-)
a écrit le 21/03/2017 à 20:50 :
On nous confisque bien la moindre bouteille d'eau alors ca paraîtrait normal d'interdire un appareil électronique
Le problème c'est qu'en soute c'est aussi dangereux si ca explose !
a écrit le 21/03/2017 à 17:02 :
Du coup d'un côté, on interdit de mettre des batteries lithium en soute et de l'autre côté on nous dit de mettre les ordinateurs portables en soute...

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