Bourse : après 9 ans d'absence, Warner Music Group fait son retour à Wall Street

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(Crédits : Fred Prouser)
Ce retour, reporté en raison de la pandémie de Covid-19, devrait signer la plus grosse introduction boursière depuis le début de l'année. Le groupe, qui a annoncé un prix de 25 dollars par action et met en vente 77 millions de titres, cherche donc à lever plus de 1,9 milliard de dollars.

La major musicale Warner Music Group, l'une des trois grandes maisons de disques mondiales, fait son retour à Wall Street ce mercredi, après neuf ans d'absence avec la plus grosse introduction boursière depuis le début de l'année.

Warner Music Group, qui sera cotée sur le Nasdaq sous le symbole WMG, a annoncé un prix de 25 dollars par action pour son retour et met en vente 77 millions de titres, selon un communiqué du groupe diffusé ce mercredi matin. Au total, l'entreprise cherche donc à lever plus de 1,9 milliard de dollars.

Le prix de l'action devait être fixé mardi soir mais, selon plusieurs médias américains, l'entreprise avait préféré retarder l'annonce en raison du mouvement "Blackout", en soutien aux centaines de milliers de manifestants qui depuis une semaine dénoncent les violence policières racistes aux États-Unis.

Lire aussi : Des actes et non des mots: les patrons américains face aux tensions raciales

La fourchette de prix initiale était comprise entre 23 et 26 dollars par action, et 70 millions d'actions avaient initialement été proposées.

Le fonds Access Industries du milliardaire russo-américain Len Blavatnik, qui avait racheté la maison de disques en 2011 pour 3,3 milliards de dollars, va empocher l'argent et conservera sa participation majoritaire.

Warner avait reporté son introduction en Bourse en raison de la pandémie de Covid-19.

Le virus a gravement touché l'industrie de la musique, en particulier les spectacles. Un rapport de la banque Goldman Sachs prévoit une baisse de 25% des revenus mondiaux mais est plus optimiste pour 2021.

Warner fait partie des trois grands qui dominent le marché mondial de la musique, aux côtés des Américains Sony Music Entertainment et Universal Music.

Son catalogue compte, parmi des centaines d'artistes, Ed Sheeran, Cardi B, Christine and the Queens, mais aussi Eric Clapton, Gorillaz, Missy Elliott ou encore Phil Collins, ou les anciens albums de Madonna, par exemple, qui a changé de maison de disques.

La major possède et exploite certains des labels les plus connus, notamment Atlantic Records, Elektra Records, Warner Records et Parlophone. Elle possède également le principal éditeur de musique du monde, Warner Chappell Music.

Cette introduction en Bourse arrive, par ailleurs, au lendemain de la suspension par les principales maisons de disques de leur activité, mardi, pour manifester leur soutien contre les violences policières visant les Afro-Américains aux États-Unis.

Vague du streaming

L'histoire de la maison de disque est étroitement liée au cinéma, puisque le magnat du film Jack Warner, patron des studios Warner Bros. qui faisait peur à ses employés mais avait la réputation d'avoir un instinct infaillible, a fondé la Music Publishers Holding Company en 1929 pour produire à moindre coût la musique de ses films.

En 1957, lorsque l'acteur Tab Hunter rencontre un succès musical avec "Young Love", le studio décide de créer une branche musicale officielle: Warner Bros. Records.

Dans les années qui suivent, la société rachète Reprise Records, label fondé par Frank Sinatra, puis Atlantic Records, connue pour ses enregistrements soul emblématiques d'Aretha Franklin et d'Otis Redding.

Elle entraîne the Doors et the Eagles dans son giron, puis the Pretenders, the Ramones, the Talking Heads et Madonna chez sa filiale Sire Records, et signe avec Prince.

Mais les controverses se multiplient dans les années 90, entre un désaccord avec Prince sur la liberté artistique et la propriété, et l'indignation suscitée par la chanson "Cop Killer" ("Tueur de flic") du groupe Body Count, mené par Ice-T, largement dénoncée, y compris par le président de l'époque George Bush.

Les luttes de pouvoir internes ont également provoqué des départs importants au sein de la direction, des bouleversements qui ont conduit à des désaccords, avec notamment un procès de la part du groupe Metallica.

L'éclatement de la bulle internet et un scandale de fixation des prix des CD ont conduit Time Warner à céder Warner Music Group en 2004 à un groupe d'investisseurs pour 2,6 milliards de dollars.

La compagnie surfe aujourd'hui sur la vague du streaming, source de revenus importante pour les maisons de disques et éditeurs.

Le chiffre d'affaires réalisé par Warner Music avec le streaming en avril a bondi de 12%, à la faveur du confinement.

Pour son exercice 2018-2019, clos le 30 septembre, Warner Music Group a réalisé un chiffre d'affaires de 4,5 milliards de dollars (+12%) et a dégagé un bénéfice net de 258 millions(-17%).

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Commentaires
a écrit le 04/06/2020 à 11:14 :
Au début ils ont usé de tout leur lobby pour essayer de contrer Google et 20 ans parès ils se rendent compte qu'ils gagnent plus de fric avec lui qu'avant.

Que s'est il passé ? La peur panique d'avoir à changer ses habitudes, d'avoir à évoluer, à progresser qui caractérise tellement nos investisseurs habituels.

Ils peuvent remercier google non seulement de favoriser leur business mais bien plus de les avoir obligé de se remettre en question.
Réponse de le 05/06/2020 à 11:27 :
Erratum: je parle de Google alors que voulant parler de Youtube bien entendu que Google a racheté certes mais qui était indépendant les premières années.

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