Renforcer l’éducation financière des Français pour lutter contre le surendettement

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Le baromètre sur la vulnérabilité financière des Français, publié en février par les Banques Populaires (groupe BCPE) et l’école de commerce Audencia, attribue aux personnes interrogées une note de 5,04 seulement sur 10, en matière de connaissances financières basiques. REUTERS.
Le baromètre sur la vulnérabilité financière des Français, publié en février par les Banques Populaires (groupe BCPE) et l’école de commerce Audencia, attribue aux personnes interrogées une note de 5,04 seulement sur 10, en matière de connaissances financières basiques. REUTERS. (Crédits : reuters.com)
Chaque année, la Banque de France juge recevables quelque 200.000 dossiers de surendettement. La Société générale et l’association Crésus ont élaboré un programme pilote d’éducation financière à destination des jeunes de 16 à 25 ans.

Les Français et la finance, ça fait deux, a-t-on coutume d'entendre. De fait, le baromètre sur la vulnérabilité financière des Français, publié en février par les Banques Populaires (groupe BCPE) et l'école de commerce Audencia, attribue aux personnes interrogées une note de 5,04 seulement sur 10, en matière de connaissances financières basiques. Par exemple, 42% des sondés ont été incapables de dire de quelle somme ils disposeraient après avoir placé 100 euros pendant un an sur un compte épargne rémunéré au taux de 2%.

 Un manque d'intérêt pour la matière financière qui pourrait prêter à sourire, s'il ne débouchait pas -parfois - sur des conséquences aussi graves que le surendettement. Certes, la crise économique est pour beaucoup dans les quelque 200.000 dossiers de surendettement jugés chaque année recevables par la Banque de France, depuis cinq ans. Mais le manque de maîtrise des notions financières de base joue également dans le maintien du surendettement à un niveau élevé, selon l'association Crésus, qui accompagne les personnes confrontées à des difficultés financières.

 85 sessions de formations pour 1.500 jeunes de 16 à 25 ans

 C'est pour tenter de combler ces lacunes que Crésus et la Société générale ont testé un programme-pilote d'éducation financière auprès de 1.500 jeunes de 16 à 25 ans, d'octobre à décembre 2013, au sein de Centres de formation d'apprentis, dans la région bordelaise, en Ile-de-France, dans le Nord, ou bien encore du côté de Montpellier. "Nous avons choisi de nous adresser aux apprentis car ils se trouvent à un âge charnière, celui où l'on commence à gagner sa vie et à devoir gérer un budget", explique Laurence Tastets, responsable de ce programme d'éducation financière à la Société générale.

 Ces 85 sessions de formation, d'une durée de deux heures, étaient à chaque fois co-animées par un responsable de Crésus et par un collaborateur de la Société générale, sur la base du volontariat. Un binôme qui dispensait un apprentissage d'abord théorique sur les différents moyens de paiement, la gestion du budget d'un ménage, l'emprunt et les vertus de l'épargne. Suivait la pratique, avec une mise en situation via le jeu "Dilemme", sorte de Monopoly conduisant par exemple à la case huissiers les jeunes qui, dans la gestion de leur vrai-faux budget, avaient laissé une place trop importante aux dépenses "plaisir", au détriment de l'épargne, se retrouvant ainsi dans l'impossibilité d'honorer leurs dettes.

 20% des jeunes sont allés voir leur banquier trois mois après la formation

 L'expérience semble avoir porté ses fruits, 20% des jeunes étant allés voir leur banquier dans les trois mois qui ont suivi la session de formation, afin d'étudier avec lui la façon d'optimiser la gestion de leurs finances personnelles. Pour autant, "ce programme d'éducation financière ne s'inscrit pas dans une démarche commerciale, il ne s'agit pas pour nous de vendre des produits", assure Laurence Tastets. "Nous ne sommes pas là pour faire du volume, mais pour être utiles et répondre à une demande", renchérit Cécile Jouenne-Lanne, responsable "Citoyenneté" à la Société générale, pour qui ce programme d'éducation financière s'inscrit dans le cadre de la démarche de mécénat de compétences de la banque.

 Une démarche qui pourrait être reconduite. "Il serait regrettable que nous n'amplifions pas ce programme. L'Education nationale, entre autres, sera à convaincre", estime Jean-Louis Kiehl, président de l'association Crésus. "Nous réfléchissons actuellement à la manière de pérenniser ce programme, et, éventuellement d'exporter le concept à l'étranger", confirme Laurence Tastets. Une initiative qui aurait du sens : "L'Europe fait face à une crise d'analphabétisme financier, avec des millions de citoyens en difficulté pour gérer des concepts basiques comme l'épargne ou la notion d'investissement", dénonce l'Efama (European fund and asset management association), dans un rapport publié en mars.

 

 

 

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a écrit le 30/03/2014 à 23:30 :
et renforcer l'éducation financière des politiques, c'est pour quand?????????????? !!!!!!!!
a écrit le 30/03/2014 à 9:58 :
Ils pourrais aussi faire en sorte que les travailleur gagne de l'argent et qu'ils aient un meilleur train de vie que ceux qui ne travaillent pas !
a écrit le 29/03/2014 à 20:24 :
Ils devrait étendre ce stage aux membres du gouvernement. L'état vie toujours a crédit !
a écrit le 29/03/2014 à 16:44 :
IL faut bien faire son travail de journaliste et donc découvrir qu'un emprunteur qui rembourse bien ne rapporte rien à l'institut de crédit .C'est celui qui a des incidents de paiements avec pénalités et qui rembourse des frais plusieurs années avant de pouvoir rembourser le capital qui est le bon client.Alors de temps en temps un qui n'arrive plus à payer c'est déjà inclus dans la note des autres,ça fait partie du bussines.
a écrit le 29/03/2014 à 16:27 :
Les français font le même chose que leurs élus.C'est eux qui doivent donner l'exemple et pas l'inverse
a écrit le 29/03/2014 à 13:14 :
75% des causes d'endettement sont dites passives car liées à un accident de la vie (31% perte d'emploi, 17% séparation et divorces, 11% maladies et accidents). Pour ce qui est des endettés actifs (ceux qui "l'ont bien cherché") , les crédits renouvelables sont impliqués dans 80% des cas).

Bref, les causes du surendettement sont en général hors de portée du citoyen, sachant ou pas calculer un taux de crédit. On a beau connaitre le code de la route par cœur, ca ne met pas à l'abri d'un pont qui s'effondre.

Maintenant, toute éducation est bonne à prendre, mais il faudrait que les organismes de crédit balayent devant leur porte avant de reporter la faute sur l'ensemble des français.

A 90% les surendettés sont des victimes (de la vie ou de l'irresponsabilité des organismes de crédit), pas des coupables.
Réponse de le 29/03/2014 à 16:27 :
Evidemment les surendettés sont menacés de mort pour souscrire un crédit pour con-sommer... mais aucun n'a choisi son addiction à l'alcool, au tabac, au jeu ou bien encore au sexe (toujours tarifé même marié).
Réponse de le 29/03/2014 à 16:30 :
Absolument nous aussi c'est pas de notre faute,nous sommes victimes de la crise et pas coupables
a écrit le 28/03/2014 à 22:36 :
Leçon 1: Fermer les yeux sur les plus-values issues de positions hasardeuses.

Leçon 2: Dénoncer aux autorités les pertes réalisées issues de ces mêmes positions.

Leçon 3: Trouver un coupable idéal auquel adosser les pertes dénoncées.
Réponse de le 29/03/2014 à 13:21 :
ce député UMP qui voulait que les particuliers puissent déduire de leurs impôts les moins-values boursières de leurs placements. En gros,je gagne c'est pour moi, je perds c'est l'état qui compense...
Réponse de le 29/03/2014 à 16:35 :
Non,quand je gagne l'état prend la moitié et quand je perds c'est pour moi.
a écrit le 28/03/2014 à 20:39 :
Au lieu de culpabiliser les gens, ne faudrait-il pas faire l'inverse, c'est-à-dire apprendre aux établissements financiers à ne pas accorder des prêts n'importe comment :-) ah, le banques ne pourraient pas vivre sans créer de la monnaie fictive :-)
Réponse de le 29/03/2014 à 0:24 :
+1
Réponse de le 29/03/2014 à 12:14 :
Ah un moment faut arreter de dire de conneries cher ami, si vous allez voir votre conseiller bancaire pour un pret conso ou immo IL VA ETUDIER calculer le taux d endettement, le reste a vivre compte tenu des charges existantes, du revenu et des charges qui vont découler du nouveaux pret et si ce n est pas possible il dira NON!!! Un peu trop facile de toujours dire "c pas ma faute mais celle de l etat, de ma banque...." Qui signe le pret??? le client non??? c est a lui d etre responsable et ne pas appeler l organisme X ou Y quand son banquier lui dit non c est trop juste, ca passe pas...... 90% des dossier de sur-endettement ne sont pas le fait des banques dites classiques, car plus de 80% des prets conso ne sont pas fait aupres de leur etablissement bancaire mais chez un organisme de credit tier! Elle est la la réalité!
Réponse de le 29/03/2014 à 14:20 :
Que les Zétablissements Financiers étaient patronnés par le Saint Pape et qu'ils kalulent dans le sens des Zintérêts des klients !!! Ha Ha Ha !!!
Merci de m'avoir fait RIRE !!!
Réponse de le 29/03/2014 à 18:30 :
@PatcikB: 1) les "conseillers" sont aussi conseillers que moi, sauf que je ne travaille pas pour la banque et n'ai donc pas de crainte de me faire virer si je déconseille un prêt. 2) le type qui a besoin d'aregt fera n'importe quoi pour l'obtenir, c'est donc aux prêteurs d'être vigilants 3) la création de monnaie virtuelle par les banques est très dangereuse. Elle leur permet de s'enrichir, mais est un cancer pour la société :-)
Réponse de le 29/03/2014 à 18:37 :
@PatcikB: 1) le "conseiller" est aussi conseiller que moi, sauf que je ne risque pas de me faire virer en déconseillant un prêt 2) le type qui a besoin d'argent va tout faire pour l'obtenir, c'est donc au "conseiller" à être vigilant au lieu de faire du chiffre pour faire plaisir au chef 3) la monnaie virtuelle créée par les banques leur permet certes de s'enrichir, mais c'est un cancer pour la société :-) Attendons donc Subprime 2 pour les effets nocifs :-)
Réponse de le 29/03/2014 à 22:12 :
@PatcikB: mon droit de réponse est censuré. Sorry :-)
a écrit le 28/03/2014 à 19:48 :
J'ai lu jusqu'au bout , parce que c'est Christine Lejoux , le Prix...!!!
Tout à fait exact. De simples petites erreurs accumulées , et le compte part en vrille.
J'en profite pour souligner un manque flagrant : Mathématiques. 95 % de la population des collèges et lycées n'utilisera pas les Maths ...qui prennent justement la place de l'Arithmétique.
Les priorités de l'enseignement ne sont pas décidées , à mon avis , par les personnes qu'il faut.

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