Les levées des Fintech tricolores explosent à plus de 600 millions d’euros en 2019
Juliette Raynal

Photo d'illustration
Observatoire de la Fintech
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Record battu haut la main pour la Fintech française. Ces startups qui mêlent innovation et finance ont levé 625 millions d'euros au cours de l'année 2019, contre 392 millions en 2018, soit un montant en hausse de près de 60%. En dix ans, elles ont levé 1,9 milliard d'euros, selon le décompte de l'Observatoire de la Fintech publié par l'association éponyme nouvellement créée et présidée par Mikaël Ptachek, auparavant responsable de la practice Fintech chez KPMG et désormais secrétaire général de la Fintech Bizao.
Ce boom des levées de fonds des Fintech tricolores s'inscrit dans une tendance plus globale. Le montant des investissements en capital-risque dans l'ensemble des startups françaises devrait lui aussi bondir et atteindre entre 4,5 et 5 milliards d'euros cette année, contre 3,6 milliards l'année précédente selon le baromètre EY.

Au total, l'association a identifié 87 opérations réalisées entre le 1er janvier et le 15 décembre dernier, avec un ticket moyen de 7,2 millions d'euros, contre 5,1 millions un an auparavant. Dans les détails, on dénombre quatre opérations supérieures à 50 millions d'euros (Wynd, Payfit, Younited Credit et Shift Technology) et six opérations entre 20 et 40 millions d'euros (Alan, Spendesk, Lunchr, Lemon Way, Bankin' et Luko).
"Ces opérations reflètent soit une internationalisation, à l'image de Shift, Lunchr, Lemon Way, Spendesk et Luko, soit un fort développement sur le marché local, comme c'est le cas pour l'Assurtech Alan. Cela montre aussi que les investisseurs ont confiance. On trouve au capital de ces sociétés des investisseurs de renommée internationale comme Accel, Index Ventures, Bessemer Venture Partners ou encore DST Global", commente Mikaël Ptachek.
En parallèle de ces levées de fonds, l'observatoire souligne, après le creux de 2018, une reprise de l'activité des fusions-acquisitions, avec notamment le rachat de l'agrégateur Budget Insight par le Crédit Mutuel Arkéa, l'acquisition du robot conseiller WeSave par le gestionnaire d'actifs Amundi ou encore celle de la plateforme de crowdfunding Homunity par Tikehau Capital.
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En mouvement, le marché a également vu disparaître certains acteurs, comme Valoo dans l'assurance à la demande, Oyst et Afrimarket dans les paiements, ou encore Marie Quantier dans la gestion de patrimoine. "Ces ajustements sont sains. Ce n'est pas parce qu'il y a 500 Fintech aujourd'hui en France qu'il y en aura encore 500 demain. La valeur créée par ce marché, même s'il régressera en nombre d'acteurs, continuera malgré tout à augmenter", prédit Mikaël Ptachek, qui milite pour plus de transparence dans le secteur avec notamment la publication des chiffres d'affaires.
Pour l'année à venir, les levées de fonds de taille conséquente devraient se poursuivre et la première véritable licorne (société non cotée en Bourse valorisée plus d'un milliard de dollars) de la Fintech française pourrait voir le jour, même si certaines revendiquent déjà ce statut, comme Kyriba, spécialiste franco-américain de la gestion de trésorerie, dont le siège est toutefois en Californie. Plusieurs Fintech, comme Younited et Shift Technology, figurent ainsi dans le club des potentielles licornes françaises.
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A un horizon un peu plus lointain, certaines Fintech pourraient même faire leur entrée en Bourse. "On peut s'attendre à ce que les actionnaires de certaines sociétés, dont on connaît les stratégies d'investissement, cherchent de la liquidité. Trois options sont alors possibles : l'entrée en Bourse, la revente ou le LBO [rachat par un fonds de capital-investissement, ndlr]", conclut Mikäel Ptachek.
Juliette Raynal