Envol des encours d'investissement responsable à 1.400 milliards d'euros

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(Crédits : AFG)
Alors que la finance durable sera à l'ordre du jour du G7 finances ce jeudi à Chantilly, les chiffres de 2018 montrent que les investissements dans des entreprises ou entités publiques contribuant au développement durable ont bondi de 40% en France, selon l'AFG. La place de Paris a multiplié les engagements et initiatives dans ce domaine.

Allier performance économique et impact social et environnemental, en finançant des entreprises et entités publiques contribuant au développement durable : telle est l'ambition de l'investissement (socialement) responsable (ISR). La thématique est de plus en plus poussée par les pouvoirs publics français et la place de Paris. Un petit-déjeuner de travail sur la finance verte et le climat est ainsi prévu ce jeudi 18 juillet à la réunion des ministres des finances et des gouverneurs de banque centrale du G7 à Chantilly.

Pionniers, les investisseurs institutionnels et les sociétés de gestion de l'Hexagone ont continué d'accélérer dans cette direction l'an dernier. L'encours de la gestion en investissement responsable a atteint 1.458 milliards d'euros en France à la fin de 2018, contre 1.081 milliards l'année précédente, selon les chiffres publiés par l'Association française de la gestion financière (AFG) ce jeudi. Soit un bond de 40% à périmètre constant, l'échantillon portant sur 65 sociétés de gestion contre 48 l'an dernier (lesquelles gèrent un total d'actifs de 3.450 milliards, en très légère progression). L'investissement responsable représente « plus d'un dixième des encours gérés en France » précise l'AFG.

Plus des deux tiers de cet encours (71%) correspond à des approches dites ESG, respectant des critères environnementaux, sociaux et/ou de gouvernance : par exemple l'empreinte carbone ou la consommation d'eau, le taux de turnover ou d'absentéisme, le pourcentage de femmes au conseil ou le taux d'administrateurs indépendants.

Exclusion vs intégration

SI l'on inclut les encours relevant uniquement de stratégies d'exclusion (des pans entiers de secteur, comme le tabac, le charbon, ou des entreprises ne respectant pas certaines normes, comme les droits de l'homme, sont bannis du champ d'investissement selon des critères stricts), l'investissement responsable pèse quelque 1.830 milliards d'euros. Ce chiffre est en léger recul (-0,9%), ce qui peut s'expliquer par un basculement de la gestion par exclusion, approche "négative", vers une démarche ISR ou ESG plus "positive", par sélection des meilleurs entreprises et émetteurs publics, ou une combinaison des deux.

Le marché reste dominé par les investisseurs institutionnels (assureurs et mutuelles, caisses de retraite et instituts de prévoyance, etc) qui représentent 84% de l'encours ISR (stricto sensu). Plus de la moitié des encours sont investis dans des titres obligataires, notamment des obligations "corporate" ou souveraines, comme les green bonds, contre seulement 16% en actions.

« Nous nous réjouissons de voir les encours ISR progresser fortement, en particulier chez les investisseurs institutionnels. Désormais, le grand défi est de convaincre le grand public que leur épargne peut prendre du sens, leur permettant d'agir pour une économie plus durable » a relevé Alexis Masse, le président du Forum de l'investissement responsable.

Stratégie charbon et risque climatique

Les grands acteurs de la place de Paris ont multiplié les annonces ces derniers mois et singulièrement ces dernières semaines, principalement dans la dimension environnement et climat. Le 2 juillet, les principales organisations et fédérations professionnelles de la place (AFG, ASF, FBF, FFA, France Invest, Paris Europlace et Finance for Tomorrow) étaient réunie à Bercy où elles ont pris des engagements collectifs "pour franchir une nouvelle étape en faveur d'une finance verte et durable" et notamment de définir une "stratégie charbon" (une trajectoire de sortie) d'ici à la mi-2020. Les régulateurs aussi s'investissent : l'AMF et l'ACPR (Banque de France) publieront un rapport annuel de suivi des engagements en la matière. Un observatoire de place sera aussi créé "pour rendre compte des réalisations des acteurs financiers en faveur du climat".

Ce mercredi 10 juillet, huit grands gérants d'actifs, dont le géant français Amundi (groupe Crédit Agricole), Natixis et BNP Paribas AM aux côtés notamment du mastodonte américain BlackRock, étaient conviés à l'Elysée où ils ont annoncé la création de l'initiative One Planet Asset Managers afin d'accompagner les plus grands fonds souverains de la planète (Norvège, Arabie Saoudite, etc) pour accélérer l'intégration de l'analyse du risque climatique dans la gestion des portefeuilles. Une initiative qui s'inscrit dans le prolongement du One Planet Summit organisé par Emmanuel Macron à Paris en décembre 2017.

Lire aussi : Qu'est-ce qu'un green bond ?

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Commentaires
a écrit le 15/07/2019 à 8:52 :
On est bien content d'apprendre que la pollution recule !

Quoi c'est pas comme ça que ça se passe !?

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