La Fintech GoCardless, déjà adoptée par 40.000 entreprises, lève 75 millions de dollars
Juliette Raynal

Hiroki Takeuchi, cofondateur et dirigeant de la Fintech GoCardless
GoCardless
Juliette Raynal

Hiroki Takeuchi, cofondateur et dirigeant de la Fintech GoCardless
GoCardless
Pluie d'investissements sur les jeunes pousses de la finance britannique. Après le spécialiste des prêts aux PME OakNorth (440 millions de dollars) et la néobanque Starling (85 millions d'euros), c'est au tour de la Fintech GoCardless, spécialisée dans l'automatisation des prélèvements bancaires, d'annoncer une levée de fonds de 75 millions de dollars (environ 66,4 millions d'euros) ce lundi 18 février. Ce tour de table, le cinquième de l'entreprise, est mené par des investisseurs prestigieux. GV (ex-Google Ventures), Adams Street Partners, Salesforce Ventures mais aussi Accel Partners, Balderton Capital, Notion Capital et Passion Capital participent à cette nouvelle augmentation de capital.
Créée à Londres en 2011 par Hiroki Takeuchi, GoCardless propose aux entreprises d'automatiser les prélèvements bancaires auprès de leurs clients. « Nous aidons les entreprises à encaisser des paiements récurrents, que ce soit pour le règlement d'abonnements ou de factures », nous expliquait récemment l'entrepreneur, de passage à Paris.
Lorsqu'il s'agit d'abonnements, de nombreuses entreprises procèdent en enregistrant les données des cartes bancaires de leurs clients. « Mais ce sont des cartes en plastique que l'utilisateur peut perdre ou qui expirent. Résultat, le taux d'échec sur ce type de transactions est très élevé. En moyenne, 13% d'entre elles échouent », assure Hiroki Takeuchi.
Pour surmonter ces écueils, la Fintech londonienne a construit une plateforme de paiement en ligne qui se branche aux différents réseaux internationaux de prélèvement bancaire (réseau SEPA en Europe, ACH aux Etats-Unis, etc.). La solution peut s'intégrer à différents logiciels de comptabilité, comme Sage et EBP, et permet à une entreprise de gérer ses paiements récurrents par prélèvements bancaires depuis une seule et même interface. Il suffit à l'entreprise de définir la fréquence, les montants et le nombre de paiements qu'elle souhaite collecter de manière récurrente, d'inviter ses clients à souscrire à cette offre et à remplir eux-mêmes leur mandat de prélèvement. La collecte se fait ensuite de manière automatique et le statut des factures est mis à jour en temps réel.
Aujourd'hui, la plateforme de GoCardless est utilisée par 40.000 entreprises dans le monde, dont Box, le spécialiste américain du cloud, le Guardian et le Financial Times au Royaume-Uni ou encore La Fourchette, Habitat, Doctolib et Sowee (une filiale d'EDF) en France. Dans l'Hexagone, la Fintech a déjà séduit 1.500 entreprises et espère passer le cap des 10.000 sociétés clientes d'ici deux à trois ans.
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Une équipe de douze personnes est basée à Paris où une demande d'agrément est en cours auprès de l'ACPR, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, adossée à la Banque de France, pour sécuriser son accès au marché unique après le Brexit. L'équipe parisienne devrait doubler au cours de l'année. GoCardless a ainsi récemment recruté Laurent Péron, un ancien de Salesforce, au poste de vice-président France.
Pour se rémunérer, la Fintech prélève une commission de 1% sur chaque transaction et celle-ci est plafonnée à 2 euros. Pour les grandes entreprises clientes, les frais sont fixes. La startup ne communique pas son chiffre d'affaires mais indique traiter chaque année 10 milliards de dollars de paiements.
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Grâce aux fonds levés, la startup, qui emploie actuellement 290 salariés dans le monde, entend s'attaquer au marché nord-américain et s'étendre au Moyen-Orient ainsi qu'en Asie-Pacifique. « D'ici le printemps 2019, le réseau GoCardless couvrira 70% du volume des paiements récurrents dans le monde », fait valoir la startup dans le communiqué. Les fonds seront aussi utilisés pour développer de nouveaux services sur la plateforme comme « donner aux entreprises l'accès à des services de paiements transfrontaliers, stimuler leur flux de trésorerie avec des règlements instantanés et augmenter le taux de réussite des transactions grâce à l'intelligence tirée des données sur les paiements ».
Juliette Raynal
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