Finance responsable : mauvaise élève, JPMorgan veut se rattraper en mobilisant 200 milliards

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(Crédits : Lucy Nicholson)
Très critiquée par les ONG environnementales pour son soutien aux industries polluantes, la première banque américaine prévoit de mobiliser 200 milliards de dollars pour des projets liés au développement durable en 2020, soit une hausse de plus de 14% sur un an. JPMorgan s'est aussi engagée à ne plus financer directement le forage dans l'Arctique mais n'a pas pris d'engagement quant à la réduction de son bilan carbone.

Plus de deux mois après Goldman Sachs, JPMorgan Chase a affiché mardi de grandes ambitions dans la finance responsable, s'engageant à faciliter dès cette année des projets et initiatives liés au développement durable à hauteur de 200 milliards de dollars. C'est une hausse de 14,3% sur un an, a fait savoir la première banque américaine à l'occasion d'une journée de présentation de l'entreprise aux investisseurs.

Cette offensive intervient après des critiques et des années de pression des ONG environnementalistes, qui reprochent à l'établissement ses relations d'affaires avec les entreprises du secteur des énergies fossiles à qui elle prête de l'argent et qu'elle conseille dans de nombreuses transactions.

Initiatives climatiques, actions contre la pollution de l'eau et gestion du gaspillage

JPMorgan est, selon l'ONG de conseils aux actionnaires As You Sow, l'établissement finançant le plus les sociétés spécialisées dans les énergies polluantes. Elle leur a prêté ou aidé dans des transactions évaluées au total à 65 milliards de dollars en moyenne par an, affirme l'association. A l'inverse, la contribution de la firme aux projets et entreprises liées aux énergies renouvelables n'était que de 22 milliards de dollars sur les neuf dernières années. JPMorgan Chase ne détaille pas ses financements dans l'environnement.

Les 200 milliards de dollars pour 2020 annoncés mardi seront destinés à la protection de l'environnement, au social et au développement économique. Concrètement, la banque envisage, soit d'octroyer des prêts, soit d'offrir des conseils financiers, soit d'aider des entreprises responsables à lever de l'argent frais auprès des marchés. Elle veut "soutenir les initiatives climatiques", des actions "contre la pollution de l'eau" et les initiatives sur "la gestion du gaspillage". La priorité sera accordée aux projets portant sur le logement, l'éducation, la santé et le développement économique dans les pays émergents.

Pas d'engagement sur son bilan carbone

JPMorgan Chase va en outre arrêter de financer directement les projets d'exploration et de développement des hydrocarbures dans l'Arctique et va recadrer son financement du secteur minier et des projets liés au charbon. "Limiter le forage dans l'Arctique et le charbon sont des engagements gagnant-gagnant pour l'entreprise, ses actionnaires et la planète", a réagi Lila Holzman, une des responsables de As you Sow, dans un communiqué. Cette ONG regrette néanmoins que la banque américaine ne se soit pas engagée à réduire son bilan carbone au niveau arrêté par l'Accord de Paris sur le climat.

Elle indique que JPMorgan Chase a demandé récemment l'autorisation, aux régulateurs américains, d'ignorer, lors de sa prochaine assemblée générale prévue au printemps, une résolution lui demandant d'indiquer son empreinte carbone et comment elle entendait réduire les émissions de CO2 résultant de son financement des énergies fossiles. La résolution est l'oeuvre de As you Sow, Boston Trust Walden et Trillium Asset Management, qui sont actionnaires de la firme.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2020 à 18:07 :
Hitler dans les années 30, la transition énergétique dans les années 20 , les grandes banques américaines sont en pleine forme, toute honte bue, comme on dit. Pecunia non olet, lol!

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