Les banques des pays émergents ne cassent plus des BRICS

 |   |  606  mots
La banque chinoise ICBC est la première capitalisation bancaire mondiale, avec un poids de 228 milliards de dollars. Copyright Reuters
La banque chinoise ICBC est la première capitalisation bancaire mondiale, avec un poids de 228 milliards de dollars. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le nombre d'agences bancaires dans les marchés émergents a augmenté de 2,8% seulement en 2011, contre une croissance de 14,1% en 2008, selon le rapport publié jeudi par le cabinet de conseil Velhon Partners. Et la rentabilité des fonds propres des banques résidentes a été ramenée de 20% en 2008 à 11% l'an dernier, en moyenne.

La théorie du découplage a du plomb dans l'aile. A l'heure où les banques européennes et américaines pleurent, leurs concurrentes des pays émergents ne rient pas franchement. Selon le rapport publié jeudi par le cabinet de conseil Velhon Partners, le nombre d'agences bancaires dans les marchés émergents a augmenté de 2,8% seulement en 2011, contre une croissance de 14,1% en 2008, année qui avait vu Lehman Brothers faire faillite et déclencher une crise financière et économique sans précédent depuis les années 1930. Crise qui a donc fini par rattraper les banques des pays émergents, ramenant leur rentabilité des fonds propres de 20% en 2008 à 11% l'an dernier, en moyenne, toujours d'après Velhon.

L'Europe de l'Est et l'Afrique du Nord paient leur proximité avec la zone euro

Une moyenne qui cache de fortes disparités. Si les banques d'Europe de l'Est et d'Afrique ont freiné leur développement, celles d'Asie et d'Amérique Latine gardent le pied au plancher. « La crise se ressent en Afrique du Nord, avec un décalage de un à deux ans, en raison de l'exposition de cette zone aux échanges avec la zone euro», explique Velhon. Les révolutions du Printemps arabe ne sont pas non plus étrangères au ralentissement du développement des réseaux bancaires en Afrique du Nord, passés d'une croissance de près de 15% en 2008 (en nombre d'agences) à moins de 5% en 2011. De plus, certains pays d'Afrique du Nord, comme le Maroc, avaient eu les yeux plus gros que le ventre, ces dernières années, en ouvrant des agences à un rythme supérieur à la croissance de leur produit net bancaire. La crise a accru leur difficulté à rentabiliser rapidement ces nouvelles agences et à réinvestir les bénéfices dans la poursuite du développement de leurs réseaux bancaires.

L'Europe de l'Est, elle aussi, paie le prix de sa proximité avec l'économie de la zone euro, au point d'avoir peut-être « durablement perdu le dynamisme bancaire propre aux zones émergentes », estime Velhon, au vu d'un réseau bancaire en repli de 1,3% l'an dernier, contre 13,6% trois ans plus tôt.

La chinoise ICBC pèse 228 milliards de dollars en Bourse

A l'inverse, le nombre d'agences bancaires a grimpé de 9,7% en Asie, l'an dernier, ce qui dénote toutefois un ralentissement par rapport à 2008 (+13,9%). En revanche, avec une hausse de près de 4% de son réseau bancaire en 2011, supérieure d'un point à celle de 2008, l'Amérique Latine est le seul marché émergent à faire mieux qu'avant Lehman. D'accord, « l'Amérique Latine partait de loin », nuance Jean-Marc Velasque, directeur associé chez Velhon. Mais cette zone géographique bénéficie de la bonne santé de l'économie brésilienne et de sa relative étanchéité aux difficultés de la zone euro. Ainsi que de la réduction de voilure des banques européennes dans la région. Un retrait qui devrait s'intensifier au cours des prochains mois, compte tenu des difficultés financières des banques espagnoles. D'ores et déjà, avec quelque 1.000 agences ouvertes en 2011, la banque brésilienne Bradesco arrive en tête des banques émergentes les plus dynamiques, détrônant State Bank of India (516), selon le classement élaboré par Velhon. Et Bradesco figure dans le « top 10 » des capitalisations bancaires mondiales, avec un poids de 64 milliards de dollars en Bourse.

Reste que les chinoises ICBC et China Construction Bank sont encore bonnes premières, avec des capitalisations de 228 et de 175 milliards de dollars. A titre de comparaison, BNP Paribas et la Société générale pèsent 48 et 17 milliards, respectivement... Les banques émergentes ne vont pas si mal, tout compte fait.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :