Automobile : le fonds d'aide aux sous-traitants va devoir jouer les pompiers
Christine Lejoux
Christine Lejoux
Et de dix ! Cette semaine, le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) rang 2 a signé le dixième investissement de sa jeune histoire, en entrant au capital du fabricant de pièces embouties FMX. Le but de l'opération ? Permettre à cette PME franc-comtoise d'accroître ses capacités de production en agrandissant son site de Meslières, dans le Doubs. Pour mémoire, le FMEA rang 2 est le petit frère du FMEA, lequel avait été lancé par l'Etat lors de la crise de 2009, afin de venir en aide aux équipementiers automobiles. Le FMEA rang 2, comme son nom l'indique, investit en fonds propres et quasi fonds propres (obligations convertibles, par exemple) dans des sous-traitants de rang 2, c'est-à-dire ne travaillant pas directement pour les constructeurs automobiles mais pour leurs équipementiers.
Des prises de participations minoritaires dans des PME
Doté de 50 millions d'euros, le FMEA rang 2 est financé par le FMEA (25 millions d'euros), le Fonds stratégique d'investissement (FSI, 7 millions) et les équipementiers Faurecia, Valeo, Plastic Omnium, Bosch et Hutchinson (18 millions au total). Depuis son premier investissement, dans la société Adduxi, en mars 2010, le FMEA rang 2, qui prend des participations minoritaires de 2 à 5 millions d'euros, a déboursé quelque 25 millions d'euros au total, dans des PME toutes situées en régions, réalisant un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros pour la plus petite et de 240 millions pour la plus importante, avec des effectifs allant de moins de 100 collaborateurs à 2.000 personnes.
Cinq investissements en 2012
Rien qu'en 2012, le FMEA rang 2 a réalisé cinq investissements. Le mois dernier, il a ainsi injecté 2,2 millions d'euros - au côté du fonds régional IDEB - dans la société Embaltech, afin d'aider ce fabricant de pièces techniques d'aluminium, installé dans l'Yonne, à financer ses innovations. Deux mois plus tôt, le FMEA rang 2 avait épaulé l'entreprise Tecma dans le financement d'une acquisition en Pologne. Permettre aux sous-traitants automobiles de se développer et d'investir dans l'innovation, tels sont précisément les objectifs que le ministre de l'Industrie de l'époque, Christian Estrosi, avait assignés au FMEA rang 2, en 2009.
Voler au secours des sous-traitants
Mais il y fort à parier que les prochaines participations du FMEA rang 2 serviront moins à financer le développement des sous-traitants automobiles qu'à voler à leur secours. Comme il l'avait d'ailleurs fait à ses tout débuts, quand la récession économique menaçait la survie de nombre de petites PME du secteur. Moins de trois ans plus tard, l'heure est de nouveau à l'urgence. Car les 8.000 suppressions d'emplois annoncées par PSA se répercuteront inévitablement sur l'ensemble de la filière automobile française. Et en particulier sur les sous-traitants, leur petite taille et leur situation de trésorerie tendue leur laissant très peu de marge de man?uvre pour s'adapter à une chute de la production.
À lire également
Arnaud Montebourg lui-même, le ministre du Redressement productif, ne s'est-il pas dit « préoccupé (par les) nombreuses difficultés dans la sous-traitance de rang 2 », dans un entretien à l'AFP, début juillet ? Lors de la présentation de son plan pour l'industrie automobile, le 25 juillet, le ministre a d'ailleurs évoqué un prolongement, voire un renforcement du FMEA et du FMEA rang 2. Avec, à la clé, le risque que la Commission européenne ne soupçonne des aides d'Etat déguisées, comme elle l'avait fait en 2009.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Les investissements du FMEA rang 2
Christine Lejoux
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer