Michel Bouvard prend la tête du CIF dans un climat houleux

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Michel Bouvard, nouveau PDG du Crédit Immobilier de France
L'ancien président de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts, Michel Bouvard, a été nommé mercredi PDG du Crédit immobilier de France (CIF), sauvé de la cessation de paiement fin août par l'Etat.

L'ancien député UMP, Michel Bouvard, a été nommé mercredi PDG du Crédit immobilier de France (CIF), qui a été sauvé de la cessation de paiement fin août par l'Etat. Il succède à Bernard Sevez, qui assurait l'intérim après le départ du dirigeant historique, Claude Sadoun, fin août. Michel Bouvard était auparavant président de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts jusqu?à juin dernier.
Il prend la tête d?un établissement en grande difficulté, spécialisé dans le crédit immobilier aux ménages modestes.
Le CIF a en effet reçu la garantie de l'Etat fin août après l'abaissement de sa notation par l'agence Moody's, l'empêchant de se refinancer sur les marchés. L?octroi de la garantie a permis au CIF, selon la direction du trésor, d'éviter la cessation de paiement. En échange de ce soutien et conformément à ce qu?exige la Commission européenne, le CIF s'est engagé à ne plus octroyer de nouveaux crédits. La banque se cantonnant à la gestion extinctive de ses encours de prêts existants.

Incompréhension

La décision rapide de l?Etat a suscité un sentiment d?incompréhension chez les 2500 salariés du CIF qui pensaient la bonne solvabilité de leur établissement pérenne. Tous craignent aujourd?hui de perdre leur poste. Le président intérimaire Bernard Sevez a également fait part de ses regrets lors d?une audition parlementaire au Sénat. "Nous avons le sentiment d'avoir été mis dans un «corner» par l'Etat", a-t-il déclaré. "Aujourd'hui, on nous présente comme inéluctable le fait qu'on doive arrêter le CIF. C'est extrêmement grave pour les salariés et pour l'accession sociale à la propriété", a fait valoir Bernard Sevez. Des allégations qui ont fait réagir le directeur général du trésor Ramon Fernandez. "On ne peut pas dire que l'Etat a mis le CIF dans un «corner». L'Etat a fait tout le contraire. Il sort le CIF de son «corner»", a-t-il affirmé.

L'existence même du CIF est en cause

Dans ce contexte houleux, Michel Bouvard a joué l?apaisement lors de sa première communication auprès des salariés et des administrateurs. Il a indiqué dans un communiqué que "c'était bien l'existence même du Crédit immobilier de France qui était en cause, et ce malgré le niveau élevé de ses fonds propres et un résultat récurrent excédentaire". Il s?est également "engagé à ce qu'à partir d'un audit approfondi, toutes les hypothèses soient examinées permettant d'assurer l'avenir des missions du Crédit Immobilier de France".
Reste que selon lui, "la situation présente ne pouvait être imputée à la seule décision de dégradation de la note de l'établissement financier par une agence de notation et qu'il importait de s'interroger sur le modèle économique du Crédit Immobilier de France", un modèle d?établissement financier indépendant qui se refinance quasi-exclusivement sur les marchés.
 

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Commentaires
a écrit le 11/10/2012 à 15:57 :
"En échange de ce soutien et conformément à ce qu?exige la Commission européenne, le CIF s'est engagé à ne plus octroyer de nouveaux crédits." -> Cette affirmation est doublement fausse.
1/ Le gouvernement a le choix de présenter deux dossiers : un pour une continuité, un autre pour l'extinction. C'est ce dernier que le gouvernement veut faire passer. La Commission européenne laisse le choix. La décision est souveraine.
2/ Le CIF ne s'est engagé à rien du tout puisque il manque l'aval des SACICAP. 3CIF étant juridiquement incompétente sur ce domaine.
Réponse de le 14/10/2012 à 14:58 :
Si les SACICAP ne trouvent pas un terrain d'entente avec l'Etat, celui-ci peut parfaitement retirer sa garantie. Pas sûr alors que les salariés y trouvent leur compte...

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