Standard and Poor's condamnée pour notation "trompeuse"

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Pour avoir établi une notation jugée "trompeuse" sur des titres ayant fait défaut peu après leur acquisition et entraîné de lourdes pertes pour des collectivités locales en Australie, l'agence de notation Standard & Poor's a été condamnée ce lundi. Une mise en cause qui pourrait être imitée en Europe.

Cette décision inspirera-t-elle d'autres tribunaux? En Australie, l'agence de notation Standard and Poor's a été condamnée ce lundi pour une note triple A attribuée à des titres CPDO ("constant proportion debt obligation") émis par la banque néerlandaise ABN Amro vendus en 2006 à douze collectivités locales et qui se sont révélés toxiques. Quelques mois après leur acquistion ces titres surnommés "Rembrandts" faisaient défaut, entraînant des pertes de quelque 16 millions de dollars australiens (12,9 millions d'euros). Les municipalités y ont perdu plus de 90% du capital qu'elles avaient investi. Selon la juge australienne en charge du dossier, les informations sur lesquelles S&P se fondait pour justifier la note maximale associée à ces titres étaient en partie "inexactes".

S&P fait appel

"Il s'agit d'un coup de semonce sérieux pour les agences de notation, qui ont pu profiter pendant des années de leur  mission qui consiste à établir ces notations sans jamais avoir eu à rendre des comptes aux investisseurs pour ces opinions", a jugé Amanda Banton, l'une des avocates en charge de la défense de douze municipalités, interviewée par le Financial Times. De son côté, l'agence de notation new-yorkaise a indiqué qu'elle allait faire appel de cette décision.

Bientôt d'autres procès en Europe?

Mais cette dernière risque bien de faire tâche d'huile puisque le directeur exécutif de IMF Australia, une société privée qui finance les plaintes collectives, a indiqué qu'il préparait de nouvelles plaintes de ce type aux Pays-Bas et au Royaume-Uni avant la fin de l'année.

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Commentaires
a écrit le 08/11/2012 à 10:39 :
Enfin! Il était temps que quelqu'un mette un coup de projecteur sur cette escroquerie que constiuent les agences de notation.
Elles sont uniquement au service de leurs clients qui les rémunèrent pour ça.
Le conflit d'intérêt est évident et elles ne sont que des manipulateurs d'opinion.
a écrit le 06/11/2012 à 10:20 :
Ces fameuses agences de notation payées par le pays qui demande à être noté ...... on le toupet de donner du BBB à la Russie, alors que celle-ci est en défaut de paiement pour ses emprunts d?État jamais remboursés aux porteurs français...
Réponse de le 06/11/2012 à 22:01 :
Cela c'est passé en 1917 .... il ne faut pas abuser non plus. Quand il y a une révolution il y a des dommages collateraux.
a écrit le 06/11/2012 à 10:16 :
Il faut s'engouffrer dans cette brèche et faire payer aux agences de NOTATION S&P MOODY's et autre FITCH tous les dégâts qu'elles ont occasionné en notant au maximum des titres qu'elles savaient très bien "pourris" et ce depuis longtemps !!! il faut en arriver aux CLASS-ACTIONS afin de faire rendre gorge à ces apprentis sorciers de la finance !!!
a écrit le 06/11/2012 à 0:22 :
ah la la, c'est fou tout ce qui se passe!!! :/
a écrit le 05/11/2012 à 19:58 :
Que vient faire Rembrandt dans cette assemblée de margoulins? S'il est vrai qu'il a peint des indigents il n'en a pas fabriqué lui avec des titres pourris!
a écrit le 05/11/2012 à 19:08 :
Goldman Sachs paye Standard and Poor's pour que cette dernière note Goldman Sachs! Que voulez qu'il se passe alors?
Il se passe un aveuglement, des notes faussées qui ont conduit à la débâcle de 2008.
Le système ne se reformera pas pour autant, les contribuables sont là pour payer.

Brother Nathaniel sur youtube en sait plus que moi.


a écrit le 05/11/2012 à 15:40 :
A partir de maintenant, attendons-nous à ce que les agences ne prennent plus de risque en étant ultra-pessimistes. Elles noteront plutôt négativement, ce qui fera baisser un peu plus les marchés. La seule solution n'est pas de les condamner judiciairement, mais économiquement : que leurs avis ne soient plus une référence.
a écrit le 05/11/2012 à 14:53 :
ce qui est particulièrement remarquable, c'est que ce sont précisément ces mêmes agences qui se permettent de juger et de noter la gestion des états. On croit rêver.
a écrit le 05/11/2012 à 11:48 :
Ca y est, le mensonge ne paie plus. C'est dure la vie. Et dire que des imbéciles de banques, particuliers,... suivent aveuglément ces agences de notation aussi bêtes que leurs pieds. C'est navrant. Je crois qu'aux Etats-Unis, cela s'appelle une escrocrie en bande organisée, non?
Réponse de le 05/11/2012 à 12:29 :
Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un mensonge, mais bien de données officielles auxquelles on accorde de la valeur ! Mais justement, puisque c'est le cas, et que ces agences sont payées pour leur travail, si les résultats donnés sont notoirement aberrants (cf. les subprimes notés AAA !), les mêmes agences doivent payer les pots cassés. Elles sont même assurées pour celà, à travers des contrats de responsabilité civile professionnelle (aussi dénommés Professional Indemnity en anglais). Alors, puisque personne ne songe jamais (juisqu'à ce cas australien) à les attaquer en justice, à quoi servent leurs assurances ? Il est temps que ces sociétés deviennent inassurables, ça leur montrera que le temps de la confiance aveugle est révolu, et que la financiarisation de la vie économique n'a plus d'avenir.
a écrit le 05/11/2012 à 11:44 :
Rien à ajouter, les voleurs sont comdamnés. Il y a peut-être une justice en australie?
a écrit le 05/11/2012 à 9:52 :
J'espère que S&P perdra aussi en appel et qu'ils seront condamnés à payer même si la somme n'est pas énorme. Ce serait la première vraie remise en cause des agences de notations. Il y a malgré tout un gros problème: tout le système financier reste basé sur ces agences de notations. Et on ne sait pas s'en passer.
a écrit le 05/11/2012 à 9:48 :
Les agences de notation sont comme la levure que l'on rajoute (en note + ) on obtient un pain trop léger ( en note - ) un pain trop lourd mais dans les deux cas, on ne sait pas exactement à qui profite cette note.
a écrit le 05/11/2012 à 9:40 :
Enfin des gens courageux... c'est bizarre que cela parte de l'Australie. Pas assez de co.... en Europe ?
Réponse de le 06/11/2012 à 6:50 :
Peut-être que la différence se joue sur la possibilité ou non de recourir à une plainte collective...
a écrit le 05/11/2012 à 8:57 :
Il était temps qu'on se penche sur ce sujet !
Ces agences qui font la pluie et le beau temps doivent être placées devant leurs responsabilités. Si un patient décède, le médecin est parfois renvoyé devant les tribunaux. Il doit en aller de même avec ces agences.
Réponse de le 05/11/2012 à 9:22 :
OUI, TOUS LES PAYS DOIVENT SE LIGUER CONTRE CES AGENCES QUI DEBOUSSOLENT LA PLANETE.
a écrit le 05/11/2012 à 8:23 :
"Standard and Poor's condamnée pour notation "trompeuse"" ah ha ahahahahahahah ahhaha moins. hihihihihi plus.
a écrit le 05/11/2012 à 8:20 :
Qu'appelle-t-on un produit toxique?
Réponse de le 05/11/2012 à 8:37 :
Un produit toxique est un suppositoire à macher canadien à tout autre goût que l'eucalyptus, le miel, la vanille ou le sirop d'érable.
Réponse de le 05/11/2012 à 11:46 :
Pas sûre que cela soit à macher car à la fin, nous les peuples, nous l'aurons toujours dans le cul.
a écrit le 05/11/2012 à 7:38 :
Ce n'est pas la première fois que Standard & Poor's note « AAA » des produits toxiques, souvenez-vous des « subprimes » !
Réponse de le 05/11/2012 à 11:44 :
Ce sont justement des suprimes ici.

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