Les banques françaises passent le test de cyber-attaque sans encombre

Les banques et infrastructures de marché d'importance systémiques se sont livrés à un test de crise qui portait cette année sur une simulation de cyber-attaque des plate-formes de transactions financières.
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Pour la quatrième fois depuis la constitution du "groupe de Place robustesse", les banques et institutions financières publiques françaises jouent à se faire peur. Elles testent un scénario de crise pour vérifier leur capacité à résister aux chocs et faire en sorte de maintenir la place de Paris comme crédible auprès des investisseurs internationaux.

Une cyber-attaque des plates formes de transactions financières doublée d'une pertubation des transports

Après avoir testé la panne générale d'électricité (2008), la pandémie grippale (2009), la crue centennale de la Seine (2010), et un exercice de mobilisation générale (2011), le scénario cette année concernait une cyber-attaque de des plateformes internes d'échange de transactions financières des institutions impliquées "de nature à provoquer une paralysie de certains processus opérationnels critiques, avec des effets collatéraux, notamment sur les paiements interbancaires, les back-offices et la comptabilité des établissements, mais aussi sur les chambres de compensation", précise la Banque de France.

Pour pimenter le tout le scénario prévoyait aussi une perturbation des transports pour "ajouter un élément extérieur contribuant à entraver le fonctionnement de la Place financière de Paris", indique la Banque de France. 

Le test s'est produit sur deux jours les 21 et 22 novembre afin d'être le plus proche possible de conditions réelles et il a envisagé diverses situations comme des virements de centaines de millions d'euros anormalement effectués à l'insu des institutions ou des dizaines d'ordres de vente et d'achat demeurant non réconciliées, ou encore des rumeurs d'arrêt de fonctionnement d'institutions financières diffusées sur internet et relayées par certains médias.

Un exercice pour vérifier l'efficacité des actions coordonnées

La quinzaine de banques et institutions participantes ont reçu des informations fictives pour mettre à l'épreuve leurs réactions individuelles et collectives. L'exercice "consistait en particulier à vérifier l'aptitude du pôle de coordination de place, piloté par la Banque de France, à établir un diagnostic global et à favoriser des contacts avec des interlocuteurs divers, notamment entre les cellules de crise liées à la gestion de la liquidité ou de la communication de Place et les représentants de l'État", souligne la Banque de France, et également sa capacité à définir et appliquer des plans d'actions coordonnées.

Les responsables des plans de continuité d'activité, les responsables des systèmes d'information et de la sécurité et les responsables de la communication externe ont été très sollicités dans le cadre de cellule de crise au sein de chaque établissement. "Les restitutions des décisions de cette cellule de crise lors des audioconférences du pôle de coordination, ont contribué efficacement au processus décisionnel du Groupe de Place", estime la Banque de France qui ajoute que "cet exercice a donc permis de vérifier la capacité des principaux acteurs de la Place financière de Paris à atteindre les objectifs assignés : diagnostic, contacts et interactions avec les cellules de crise ou avec les partenaires extérieurs au secteur, coordination interne des décisions et externes avec les autres acteurs de Place".

* Le "Groupe de Place Robustesse" est composé d'établissements de crédit ou assimilés (BNP-Paribas, CASA, BPCE, La Banque Postale, Crédit Mutuel-CIC, Société Générale et CDC), d'infrastructures de marché (LCH.clearnet, Nyse Euronext, Euroclear, Stet, GIE cartes bancaires, ABE Clearing), du HFDS du ministère de l'Économie et des Finances, de la direction générale du Trésor, de la Fédération bancaire française, de la Banque de France, des autorités de supervision et de régulation telles que l'Autorité de contrôle prudentiel et l'Autorité des marchés financiers.

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