Bitcoin et les cryptomonnaies ont dévissé de plus de 10%, les vents contraires se renforcent

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(Crédits : iStock)
S'il est encore trop tôt pour parler d'un retournement de tendance sur ces actifs, force est de constater un durcissement de position des institutions monétaires. Plusieurs facteurs externes, venus de Turquie et de Chine notamment, ont fait temporairement reculer ces crypto-actifs pendant le week-end.

Le bitcoin et les 4.000 cryptommonnaies qui s'échangent sur Internet, en dehors de tout système monétaire étatique et centralisé, commencent-ils à faire peur ? Après avoir atteint plus de 64.000 dollars la semaine dernière, à la suite de l'entrée en Bourse de la plateforme d'achats et de ventes Coinbase, la plus ancienne des cryptomonnaies a traversé un trou d'air ce week-end, retombant à 51.708 dollars dimanche. Au final, la doyenne des cryptomonnaies a perdu plus de 14% en cours de séance, pour se reprendre quelque peu ce lundi matin 19 avril à 57.490 dollars, avec une légère baisse dans la soirée (autour de 55.000 dollars), note le site Bitstamp. Les autres crypto-actifs que sont l'ethereum et le XRP chutaient aussi dimanche de plus de 10%. Pour autant, difficile de parler d'un retournement de tendance car cet actif, qui s'échange sur le registre décentralisé de la blockchain, est particulièrement volatile.

Reste que, dans cette crypto-économie, où tous les acteurs sont liés, la vague de doutes se répand aisément. Après avoir fait une entrée fracassante sur le Nasdaq la semaine dernière, Coinbase, la nouvelle "décacorne" du Web (ces licornes du Web valorisées plusieurs dizaines de milliards de dollars), avec des gains de +70% à 429 dollars l'action, a finalement clôturé vendredi à 328 dollars l'unité.

Lire aussi : Coinbase: le prix de référence en Bourse fixé à 250 dollars valorise le groupe à 65 milliards.

Les vents contraires aux cryptomonnaies se renforcent

Face à l'euphorie des cryptomonnaies, portée notamment par l'entrepreneur Elon Musk qui annonçait accepter le paiement des voitures Tesla en bitcoins, s'opposent plusieurs facteurs qui influencent son cours. Ainsi, encore récemment, le Trésor américain a émis des spéculations sur le rôle des cryptomonnaies dans le blanchiment d'argent. Ce parallèle entre les réseaux du darknet, où œuvrent les criminels, et l'usage des cryptomonnaies avait aussi été la position en France du ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

Autre facteur externe, alors que la plupart des ordinateurs servant à "miner" (crypter via la preuve de travail des ordinateurs en réseau) ces monnaies se trouvent en Chine, la région du Xinjiang a connu une panne d'électricité ces derniers jours.

A cela, s'ajoute la réaction des banques centrales qui durcissent leur position. En Turquie, l'autorité en charge de battre la livre turque a prononcé vendredi l'interdiction d'utiliser des cryptomonnaies pour régler des achats, justifiée selon elle par des risques de dommages "irréparables". Dans un communiqué, la banque centrale turque déclare que les actifs utilisant les technologies de registre distribué ne sont "soumis à aucun mécanisme de régulation ou de supervision, ni à une autorité centrale". Or, en Turquie, le bitcoin est perçu comme un instrument de protection face à une inflation à deux chiffres et à la dépréciation de la monnaie d'État. Les volumes de transactions en bitcoin dans le pays ont représenté 218 milliards de livres (22,6 milliards d'euros) entre début février et le 24 mars, selon les données du cabinet d'études spécialisé américain Chainalysis. De même, l'Inde veut bannir les cryptomonnaies et créer sa propre monnaie numérique.

Interdire ou proposer une alternative informatique au bitcoin qui a fêté ses dix ans d'existence ? C'est le choix auquel se confrontent les institutions monétaires. D'ailleurs, la récente nomination de Gary Gensler, ex-banquier de Goldman Sachs mais aussi connaisseur des cryptomonnaies, à la tête de la SEC, le gendarme américain des marchés, pourrait être un tournant en matière de nouvelles régulations à appliquer.

Bousculées par ces nouvelles formes d'échanges de valeurs sans intermédiaires, elles tentent d'accélérer leur chantier technologique complexe, capable de garantir la sécurité des échanges et notamment la preuve de paiement sur un registre informatique. La BCE travaille ainsi sur le projet d'un euro numérique, tout comme la Banque fédérale américaine, sur un dollar échangé via la blockchain mais dont elle maîtriserait le cours.

Sur un mois, le bitcoin n'en est toutefois pas à ses premières turbulences, comme le montre Bitstamp. Depuis un an, en pleine crise du Covid-19, son cours est également en forte progression de près de 735%, encouragé par l'incertitude sur les marchés financiers et des acteurs privés qui y voient un actif crédible.

bitcoin

Lire aussi : Monnaie digitale : la cotation de Coinbase met la pression sur l'Europe

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 19/04/2021 à 12:00 :
Prises de bénéfices habituelles au sein d'un principe financier. On est sur un site économique raisonnable ici, j'espère quand même que vous ne vous attendiez pas à ce que ça monte tout le temps quand même ? Sinon on serait de l'ordre d'une valeur financière jamais vue ! ^^

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