L'Autorité des marchés financiers (AMF) hausse le ton sur les enjeux environnementaux. Le régulateur français propose ainsi à la Commission européenne d'introduire dans le droit européen des exigences minimales en matière d'environnement auxquelles les produits financiers devraient répondre pour être catégorisées article 8 ou article 9 dans le cadre du règlement européen SFDR (Sustainable finance disclosure). Objectif : éviter le « greenwashing » des gestionnaires d'actifs alors que la réglementation commence à mieux cadrer les choses.
Dans le cadre de la mise en œuvre du règlement SFDR en 2021, les sociétés de gestion peuvent placer leurs fonds en article 8 ou article 9 (plus exigeant), en fonction du respect de critères ESG.
Environ 55 % des fonds mutuels régulés en Union européenne relèvent aujourd'hui de ces deux catégories. Pour autant, aucune d'entre-elles n'impose réellement une exigence minimale en termes d'investissements durables, ce qui rend difficile pour l'investisseur de mesurer réellement l'engagement ESG d'un fonds.
« On constate que l'utilisation de cette catégorisation par les acteurs financiers peut être interprétée à tort par les épargnants comme une garantie qu'ils participent au financement d'une économie européenne plus durable », souligne ainsi l'AMF dans un communiqué. « Il semble donc nécessaire de franchir une nouvelle étape, afin d'éviter cette ambiguïté et de mieux répondre aux attentes des épargnants », estime le superviseur des marchés financiers en France ?