Ce sont les jours des bonnes affaires à Biarritz, à l'occasion de la traditionnelle braderie qui se tient fin août. Contraste saisissant, à seulement quelques mètres de là, dans le Casino municipal, se pressent d'autres chasseurs avides d'opportunités financières d'un nouveau genre : la communauté française des détenteurs de bitcoin, la première cryptomonnaie développée sur le réseau décentralisé de la blockchain, au lendemain de la crise financière de 2008. Sur la devanture du Casino inauguré en 1929, à la veille du krach boursier, flotte l'étendard du jeune événement "Surfin Bitcoin". Une seconde édition « hors de Paris et décentralisée comme la version américaine à Miami » défend l'organisateur, la startup Stackinsat, qui a lancé cet événement pour « démocratiser le bitcoin auprès du grand public ».
Dans le grand hall Art déco, qui a souffert avec la crise de la désertion des touristes, Juliette, une conseillère immobilier en reconversion, déambule avec son fils de sept ans. Avec son mari, ils ont pris la route depuis le sud de l'Ardèche pour participer à ce raout qui a réuni sur deux jours 700 amoureux du « nouvel or numérique ». « La notoriété du bitcoin et des cryptomonnaies se vérifie dans notre zone rurale. Le boucher du coin, l'agriculteur... tous ont entendu parler des cryptos et ont une appétence à mieux les comprendre. D'ailleurs, nous voulons lancer un 'coffee bitcoin' dans notre village à la rentrée », explique cette mère de famille qui investit sur quelques cryptomonnaies via un portefeuille en ligne pour compléter les revenus du mois. C'est « pour les enfants, pour leur petite souris », s'amuse-t-elle. Elle reprend plus sérieusement : « On se rend compte qu'on est phagocyté par le système bancaire traditionnel. Ecoeurée, j'ai compris que je n'étais pas maîtresse de mon destin et de mes choix. Or, le bitcoin permet de retrouver une indépendance financière », raconte cette quadragénaire qui paye certains achats avec la carte Visa proposée par la plateforme d'échanges chinoise Binance.