Le risque environnemental menace le profil de crédit de plusieurs secteurs d’activité

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Le charbon est l'un des secteurs les plus exposés au risque de transition énergétique.
Le charbon est l'un des secteurs les plus exposés au risque de transition énergétique. (Crédits : Pixabay / CC)
L’agence de notation Moody’s identifie onze secteurs, totalisant 2.200 milliards de dettes, très exposés aux risques environnementaux dans leur profil de crédit. Globalement, les montants exposés ont augmenté depuis la précédente étude de 2015.

Le risque environnemental dans le profil de crédit des entreprises s'est accru depuis 2015. C'est ce qui ressort de la mise à jour du rapport Global Heat Map publiée par Moody's. Cette publication de 2015 analysait l'exposition de 84 secteurs totalisant aujourd'hui une dette de 74.600 milliards de dollars, un montant qui a augmenté de 10% entre-temps.

Onze secteurs sont aujourd'hui particulièrement exposés au risque environnemental. En d'autres termes, le risque lié à la transition carbone représente pour ces activités un facteur de crédit important. L'exploitation et les terminaux miniers et houillers, les utilities non réglementées et les réseaux électriques ont déjà expérimenté la pression exercée par le risque environnemental sur leur qualité de crédit. Concernant le charbon, cette pression se traduit notamment par une baisse de la demande. Les constructeurs automobiles, les matériaux de construction, les produits chimiques de base, les mines, et l'exploitation pétrolière et gazière, pourraient la subir pareillement dans les trois à cinq ans.

« Les sociétés de services collectifs non réglementées et les fournisseurs d'électricité étant directement exposés à la pression politique en faveur de la réduction des émissions, continueront à remettre en cause leur modèle économique et à peser sur les marges dans les marchés matures », souligne Rahul Ghosh, analyste Senior VP chez Moody's.

Réglementations plus strictes sur le carbone ou la pollution de l'air

La "heat map" de Moody's identifie également 16 secteurs totalisant une dette collective de 3.700 milliards de dollars, dont l'exposition à la réglementation sur le carbone est élevée ou très élevée, du fait du durcissement des politiques mises en œuvre.

Treize secteurs ont également une exposition élevée ou très élevée à la pollution de l'air, en raison de polluants menaçant la santé publique et/ou les écosystèmes. Ils sont en particulier en butte à un durcissement de la réglementation concernant les particules fines et la pollution de l'air dans les grandes villes.

Quatorze secteurs - dont les gouvernements nationaux et locaux dans les pays émergents - sont exposés à des dangers d'origine naturelle ou humaine telles que le stress hydrique, tandis que d'autres sont menacés par la pollution du sol ou de l'eau, et des restrictions d'usage des sols. C'est le cas notamment des mines, des produits chimiques et du fret maritime.

Transports et logistique plus exposés qu'en 2015

Globalement, la carte des expositions aux risques demeure stable depuis l'édition de 2015. Cependant, les secteurs des transports et de la logistique ont vu leur exposition au risque augmenter face au durcissement des règles encadrant les émissions des véhicules. À l'inverse, les projets de production d'électricité sont passés de risque « élevé » à « modéré » en raison d'un ré-équilibrage du portefeuille vers plus d'énergies renouvelables et moins de fossiles. Deux nouveaux secteurs ont par ailleurs fait leur apparition, assortis pour le moment d'un risque bas. Il s'agit des gestionnaires d'actifs et des fonds de pension.

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Commentaires
a écrit le 26/09/2018 à 8:33 :
Alors que l'on nous dit que sous Trump c'est la fin de la lutte contre le réchauffement climatique jamais des multinationales financières américaines n'ont autant sortis de rapports que l'on peut qualifier d'alarmant sur le sujet.

Alors peut-être que c'est pour générer de juteux profits les américains étant habitués à faire d'une pierre au moins deux coups mais quand même, drôle de coïncidence non ?

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