Assurance  : Alan lève 40 millions d’euros pour réinventer le parcours santé

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L'Assurtech Alan veut recruter 110 nouveaux collaborateurs pour en compter 175 à la fin de l'année.
L'Assurtech Alan veut recruter 110 nouveaux collaborateurs pour en compter 175 à la fin de l'année. (Crédits : Alan)
Depuis sa création il y a trois ans, le trublion de l'assurance a levé 75 millions d'euros. La jeune entreprise vise les 100.000 assurés et 100 millions d'euros de primes d'ici à la fin 2020. Alan prévoit de recruter 110 personnes en 2019.

L'assureur Alan remet le couvert. Seulement dix mois après avoir levé 23 millions d'euros, la startup qui propose une assurance santé et prévoyance 100% en ligne à destination des entreprises, officialise ce lundi 18 févrie une nouvelle levée de fonds de 40 millions d'euros. Le tour de table est mené par Index Ventures (déjà au capital d'Adyen, BlaBlaCar, Dropbox, Robinhood ou encore TransferWise) et DST Global (notamment au capital de l'américain Stripe). L'opération porte le montant total des fonds levés depuis sa création, en février 2016, à 75 millions d'euros.

« Nous n'étions pas en recherche de fonds car nous avons encore beaucoup de trésorerie », assure Jean-Charles Samuelian, dirigeant et cofondateur de la startup, avec Charles Gorintin, l'actuel directeur technique. « Toutefois, nous avons été sollicités par des investisseurs internationaux et cela nous permet d'accélérer nos ambitions. Nous souhaitons devenir le champion européen qui va transformer la santé », poursuit-il.

Objectif 100 millions d'euros de primes en 2020

Alan a été la première société indépendante à obtenir un agrément d'assureur en 30 ans en 2016 auprès de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR, adossée à la Banque de France). Ses affiches déployées dans le métro parisien promettent « une assurance santé zéro papier et un contrat simple et clair. »

En 2018, Alan a connu une forte croissance avec des revenus multipliés par six. L'Assurtech revendique aujourd'hui plus de 2.000 entreprises clientes (dont My Little Paris, Le Slip français ou encore Ledger, spécialiste de la sécurisation des comptes de cryptomonnaies et October, ex-Lendix) et 27.000 personnes assurées ainsi qu'un chiffre d'affaires récurrent (c'est-à-dire le chiffre d'affaires du mois de février 2019 multiplié par 12) de 22 millions d'euros.

« Nous voulons dépasser les 100.000 assurés d'ici la fin de l'année 2020 et passer le cap des 100 millions d'euros de primes collectés au même horizon», indique l'entrepreneur.

Pour atteindre cet objectif, la jeune pousse, dont les services sont essentiellement déployés chez des startups, adeptes de nouveaux produits et usages, devra aussi séduire des entreprises d'horizons plus traditionnels. Un axe de développement qui a pris du retard en 2018. L'assureur a rencontré quelques difficultés pour se doter d'une équipe commerciale ad hoc et s'est trouvé confronté à des processus d'adoption plus long qu'espéré auprès de cette cible.

« Il faut que toutes les entreprises de moins de 500 salariés en France soient clientes d'Alan », avance Jean-Charles Samuelian, comme s'il se lançait un défi.

110 recrutements en 2019

L'Assurtech prévoit donc de muscler son équipe commerciale. D'autres profils sont recherchés : chef de produit, designer, ingénieur logiciel, data scientist... Au total, la startup prévoit de recruter environ 110 personnes au cours des douze prochains mois pour compter 175 collaborateurs à la fin de l'année contre 64 actuellement.

Les fonds levés serviront également au développement de nouveaux services "satellites" du parcours de santé, et notamment autour de la prévention : « Cela peut être des choses liées au stress au travail, à la nutrition ou des rappels de bilan de santé au bon moment », nous détaillait récemment l'entrepreneur. Alan souhaiterait également donner la possibilité aux patients de régler directement leur consultation depuis l'application mobile.

La startup entend se concentrer sur le marché tricolore en 2019 avant de s'attaquer à d'autres pays européens. Elle n'exclut pas de potentielles acquisitions pour se développer.

« Nous n'avons pas peur de faire des acquisitions dans le domaine de la santé, même s'il est encore tôt », confie Jean-Charles Samuelian.

De l'autre côté de l'Atlantique, l'assureur 100% digital Oscar Health, positionné sur un créneau similaire, visait le milliard de dollars de primes en 2018. Soutenue entre autres par Alphabet (la maison-mère de Google), la pépite new-yorkaise est valorisée 3,2 milliards de dollars.

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Commentaires
a écrit le 18/02/2019 à 18:00 :
On peut lancer des idées nouvelles. Mais ne faudrait-il pas en premier lieu réduire le nombre de mutuelles maladie( plus de 300 c'est 500 ? ) afin de pouvoir financer les augmentations des coûts médicaux. Plus on remet la réforme en question, plus les coûts du reclassement augmenteront.
Réponse de le 18/02/2019 à 19:16 :
Il faudrait aussi (et surtout) laisser aux salariés la possibilité de choisir la mutuelle qui leur convient. Les mutuelles obligatoires ne favorisent pas la concurrence...
a écrit le 18/02/2019 à 10:40 :
C'est une bonne initiative car il sera facile d'adhérer et de cotiser à cette mutuelle en ligne mais pour les assurés le plus important est
1) l'efficacité et la diligence dans les remboursements de leurs frais médicaux et arrêts maladie(2viter les parcours du combattant comme avec la MGEN ,la MAAF ou la GMF)
2) la facilité pour résilier si non satisfaits du service

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