Marchés financiers : "le calme qui règne est fragile" (Banque des règlements internationaux)

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Marchés financiers : Finalement, ces turbulences (de l'été, ndlr) ont donné davantage l'impression d'un orage d'été que d'une tempête automnale annonçant l'arrivée d'un hiver long et rigoureux (Banque des règlements internationaux)
Marchés financiers : "Finalement, ces turbulences (de l'été, ndlr) ont donné davantage l'impression d'un orage d'été que d'une tempête automnale annonçant l'arrivée d'un hiver long et rigoureux" (Banque des règlements internationaux) (Crédits : Forex)
La Banque des règlements internationaux a mis en garde contre le "calme précaire" qu'ont retrouvé les marchés financiers en octobre.

La  Banque des règlements internationaux (BRI) a mis en garde contre le "calme précaire" qu'ont retrouvé les marchés financiers en octobre, soulignant le contraste entre leur évolution et la fragilité de l'économie, dans son rapport trimestriel publié dimanche. En août et septembre, les marchés financiers avaient connu de fortes secousses face aux inquiétudes sur les économies émergentes, en particulier sur la Chine, avant de retrouver une période d'accalmie grâce notamment aux interventions des autorités monétaires.

La perspective d'une normalisation de la politique monétaire aux États-Unis et de la poursuite de l'assouplissement dans d'autres économies avancées ont également contribué à apaiser les investisseurs, a constaté la BRI dans son rapport. "Aussi soudainement qu'elle était arrivée, la tempête a fait place au calme", a relevé Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de la BRI, lors d'une conférence téléphonique avec les journalistes.

Un orage d'été?

"Finalement, ces turbulences ont donné davantage l'impression d'un orage d'été que d'une tempête automnale annonçant l'arrivée d'un hiver long et rigoureux", a-t-il poursuivi tout en soulignant que le tableau dans son ensemble n'avait pourtant pas changé. Les indicateurs économiques donnent toujours des signes de fragilité, a-t-il pointé, prenant notamment en exemple le fait que le Brésil et la Russie, aux prises avec une profonde récession, continuent de faire face à des difficultés ou encore la Chine où l'activité économique a montré peu de signes d'amélioration. Il a également indiqué que les flux de capitaux ont connu un ralentissement, comme l'ont montré les statistiques bancaires de la BRI.

"Le calme qui règne actuellement est fragile", a-t-il insisté. Les marchés émergents restent vulnérables, a ajouté Claudio Borio, notant que les créances libellées en dollar à l'égard de ces pays avaient pratiquement doublé depuis 2009 pour dépasser les 3.000 milliards de dollars, alors même que l'appréciation du billet vert vient désormais peser sur les conditions financières qui leur sont imposées ainsi que sur les bilans des entreprises.

Un calme précaire

Claudio Borio a également mis en lumière des symptômes de fragilité au niveau des banques, un certain nombre d'anomalies sur les marchés obligataires ainsi que sur les taux d'intérêt, exceptionnellement bas, où "les limites de l'impensable" n'ont cessé d'être repoussées. "En pareil contexte, on voit mal comment le calme observé pourrait être autrement que précaire", a-t-il poursuivi.

Dans ces conditions, les marchés demeurent extrêmement sensibles aux moindres paroles et actes des banques centrales, a-t-il relevé, citant en exemple l'agitation cette semaine qui a suivi l'annonce de la Banque centrale européenne (BCE) lorsque celle-ci a décidé de poursuivre sa politique d'assouplissement sans toutefois aller aussi loin que les marchés s'y attendaient. Claudio Borio a mis en lumière une "tension évidente" entre le comportement des marchés et les conditions économiques sous-jacentes à laquelle il faudra "tôt ou tard" mettre un terme. "Les marchés peuvent rester calmes bien plus longtemps qu'on ne le pense. Jusqu'à ce qu'ils ne tiennent plus", a-t-il prévenu.

Les prêts transfrontaliers ont chuté de 916 milliards de dollars

Les statistiques trimestrielles de la BRI, une institution considérée comme la banque centrale des banques centrales, ont mis en lumière un ralentissement des flux financiers internationaux depuis le début de l'année après une baisse des prêts transfrontaliers accordés par les banques au deuxième trimestre. Entre fin mars et fin juin, le montant des créances transfrontalières a chuté de 902 milliards de dollars (835 milliards d'euros).  Cette contraction a ramené leur rythme de croissance annuel à 1% fin juin, alors qu'il s'inscrivait encore en hausse de 6% trois mois plus tôt.

Ce repli a touché en particulier les économies avancées, où les prêts transfrontaliers ont chuté de 916 milliards de dollars, plombés par les emprunts libellés en euros qui ont contribué à eux seuls à plus de la moitié de cette baisse. A l'inverse, les prêts accordés aux économies émergentes ont augmenté de 46 milliards de dollars après avoir nettement chuté au trimestre précédent. Malgré ce rebond, les prêts transnationaux aux pays émergents ont reculé de 1% en rythme annuel, passant en terrain négatif pour la première fois depuis le troisième trimestre 2012.

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