La France cultive sa compétitivité dans l'aéronautique

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Les entreprises françaises du secteur aéronautique engagent des investissements colossaux, puisqu'ils s'élèvent à 7 milliards d'euros par an. C'est l'équivalent de 14% de leur chiffre d'affaires total - soit la proportion la plus élevée de toutes les industries françaises.
Les entreprises françaises du secteur aéronautique engagent des investissements colossaux, puisqu'ils s'élèvent à 7 milliards d'euros par an. C'est l'équivalent de 14% de leur chiffre d'affaires total - soit la proportion la plus élevée de toutes les industries françaises. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Mieux que le vin ! L'aéronautique est en effet le premier secteur exportateur de l'Hexagone. Si les industriels, grandes entreprises comme PME, consentent des investissements colossaux pour soutenir l'innovation et la compétitivité, ils s'inquiètent du frein que représente le manque de main-d'oeuvre de base.

La France se désindustrialise ? C'est vrai, à une exception près : le secteur de l'aéronautique - "C'est le village gaulois!", s'exclame à ce propos Pierre-André Buigues, professeur de stratégie à la Toulouse Business School. De fait, il existe, au même titre que le vin, une vraie tradition française en matière d'aéronautique. Et, mieux que le vin, le secteur se classe premier en termes d'exportations.

« Nous sommes le seul pays avec les Etats-Unis à savoir fabriquer un avion de A à Z », s'enorgueillit d'ailleurs Bertrand Lucereau, président du comité aéro-PME du Gifas, groupement d'industriels du secteur, à la table ronde intitulée « Y-a-t-il une 'French compétitivité' aéronautique ? », du Paris Air Forum, organisé par La Tribune en amont du salon du Bourget.

D'ailleurs, l'américain Boeing reconnaît les compétences des entreprises françaises... en les faisant travailler! Le chiffre d'affaires de cette activité, baptisée la "French Team", s'élève ainsi à quelque 6 milliards de dollars par an.

Investir pour tenir la cadence

Pas question cependant de se reposer sur ses lauriers. Les entreprises françaises du secteur aéronautique investissent pour « tenir la cadence », comme l'indique Bertrand Lucereau. Des investissements colossaux, puisqu'ils s'élèvent à 7 milliards d'euros par an (l'équivalent de 14% de leur chiffre d'affaires total - ce qui constitue la proportion la plus élevée de toutes les industries françaises). Et ils sont même supérieurs à ceux réalisés par l'industrie aéronautique en Allemagne, pays de référence en matière de volontarisme dans ce domaine...

Toutefois, préviennent les professionnels, l'Allemagne commence à remonter la pente.

« Cela devient même préoccupant, remarque le professeur Pierre André Buigues, certains, en Allemagne, ont clairement le sentiment que les industriels français ont levé le pied »...

Et "le crédit d'impôt recherche est indispensable, précise à cet égard Bertrand Lucereau, le représentant de l'industrie aéronautique. Il faut le sanctuariser pour nos PME, sinon certaines transféreront leur R&D dans des pays à bas coût, voire toutes leurs activités...", prévient-il.

Le casse-tête de la formation

Reste que les investissements, aussi essentiels soient-ils, ne peuvent pas tout.

« Ce qui manque, ce ne sont pas les ingénieurs, qui constituent près de la moitié de nos salariés, ce sont les spécialistes des tâches de base, comme la chaudronnerie », se lamente Bertrand Lucereau.

On le sait, les jeunes boudent les métiers manuels, tandis que les parents valorisent le diplôme universitaire... Résultat, alors que le secteur de l'aéronautique recrute - et offre des salaires compétitifs - les postes de chaudronniers et autres ont du mal à trouver preneur.

Les professionnels n'ont pas de recette miracle : la réhabilitation des métiers manuels et l'apprentissage, stratégie initiée il y a plus de 20 ans par les pouvoirs publics, n'a toujours pas porté ses fruits.... Ils tirent en revanche la sonnette d'alarme : une telle désaffection de la part de la main-d'oeuvre pourrait finir par émousser la compétitivité de l'un des plus beaux fleurons de l'économie française...

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DEBAT Y a-t-il une french compétitivité aéronautique ?

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Commentaires
a écrit le 15/06/2015 à 11:34 :
Voilà encore un article plutôt incorrect voire tendancieux. Mieux que le vin, l'aéronautique ?!! mais voyons, le vin français est à 100% cultivé, produit et exporté par des Français, c'est le "vin de France" qui authentifie un savoir-faire français de siècles et ainsi il est reconnu dans le monde entier !

Rien donc à voir avec Airbus, un consortium européen dont les avions sont issus des multiples savoir-faire, sont produits "à la Frankstein", c-à-d, des pièces produites en plusieurs pays pour être assemblées dans un autre, le siège social ne se trouve même pas en France, et ils ne portent pas un nom français ! les Airbus sont en partie français, nos vins sont des VINS FRANÇAIS, point à la ligne. La comparaison vin français-avion européen, convenons, n'a pas été la plus heureuse de ce journal.

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