La France se désindustrialise ? C'est vrai, à une exception près : le secteur de l'aéronautique - "C'est le village gaulois!", s'exclame à ce propos Pierre-André Buigues, professeur de stratégie à la Toulouse Business School. De fait, il existe, au même titre que le vin, une vraie tradition française en matière d'aéronautique. Et, mieux que le vin, le secteur se classe premier en termes d'exportations.
« Nous sommes le seul pays avec les Etats-Unis à savoir fabriquer un avion de A à Z », s'enorgueillit d'ailleurs Bertrand Lucereau, président du comité aéro-PME du Gifas, groupement d'industriels du secteur, à la table ronde intitulée « Y-a-t-il une 'French compétitivité' aéronautique ? », du Paris Air Forum, organisé par La Tribune en amont du salon du Bourget.
D'ailleurs, l'américain Boeing reconnaît les compétences des entreprises françaises... en les faisant travailler! Le chiffre d'affaires de cette activité, baptisée la "French Team", s'élève ainsi à quelque 6 milliards de dollars par an.
Pas question cependant de se reposer sur ses lauriers. Les entreprises françaises du secteur aéronautique investissent pour « tenir la cadence », comme l'indique Bertrand Lucereau. Des investissements colossaux, puisqu'ils s'élèvent à 7 milliards d'euros par an (l'équivalent de 14% de leur chiffre d'affaires total - ce qui constitue la proportion la plus élevée de toutes les industries françaises). Et ils sont même supérieurs à ceux réalisés par l'industrie aéronautique en Allemagne, pays de référence en matière de volontarisme dans ce domaine...
Toutefois, préviennent les professionnels, l'Allemagne commence à remonter la pente.
Et "le crédit d'impôt recherche est indispensable, précise à cet égard Bertrand Lucereau, le représentant de l'industrie aéronautique. Il faut le sanctuariser pour nos PME, sinon certaines transféreront leur R&D dans des pays à bas coût, voire toutes leurs activités...", prévient-il.
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Reste que les investissements, aussi essentiels soient-ils, ne peuvent pas tout.
On le sait, les jeunes boudent les métiers manuels, tandis que les parents valorisent le diplôme universitaire... Résultat, alors que le secteur de l'aéronautique recrute - et offre des salaires compétitifs - les postes de chaudronniers et autres ont du mal à trouver preneur.
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Les professionnels n'ont pas de recette miracle : la réhabilitation des métiers manuels et l'apprentissage, stratégie initiée il y a plus de 20 ans par les pouvoirs publics, n'a toujours pas porté ses fruits.... Ils tirent en revanche la sonnette d'alarme : une telle désaffection de la part de la main-d'oeuvre pourrait finir par émousser la compétitivité de l'un des plus beaux fleurons de l'économie française...
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DEBAT Y a-t-il une french compétitivité aéronautique ?
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