Surveillance spatiale : la France reste dans la cour des Etats-Unis et de la Russie

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Le système de surveillance spatiale Graves pourrait passer de façon progressive à l'identification des micro-satellites (inférieur à 100 kg)
Le système de surveillance spatiale Graves pourrait passer "de façon progressive" à l'identification des micro-satellites (inférieur à 100 kg) (Crédits : ONERA)
La direction générale de l'armement a notifié le contrat de modernisation du système de surveillance de l'espace Graves à l'ONERA et à la PME Degreane Horizon. Un enjeu crucial pour la France qui peut ainsi suivre dans l'espace les satellites espions.

Le ministère de la Défense lance la modernisation du système de surveillance de l'espace Graves comme l'avait annoncé La Tribune. La direction générale de l'armement (DGA) a notifié un contrat pouvant s'élever jusqu'à 40 millions d'euros, qui comprend une tranche ferme et des tranches optionnelles, à deux cocontractants : le centre français de la recherche aéronautique spatiale et de défense l'ONERA et la PME électronique Degreane Horizon, spécialisée dans l'acquisition et l'émission de données sensibles. Cette filiale du groupe Vinci était depuis 2003 un des fournisseurs du centre de recherche français sur ce programme. La DGA a toutefois confié à l'ONERA la responsabilité du maintien des performances du système puis de son amélioration.

La tranche ferme de ce programme de rénovation court sur une période de cinq ans (huit ans si on rajoute toutes les tranches optionnelles). Elle représente plus de la moitié de la valeur du contrat, selon le chef de projet du système Graves au sein de l'ONERA, Florent Muller. Le système Graves est essentiellement installé sur trois sites, l'un à Dijon (le site d'émission avec les grande antennes), un autre sur le plateau d'Albion (site de réception) et, enfin, à Lyon Mont-Verdun, où le centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux (COSMOS), traite les données du système Graves (exploitation).

Graves, un système de renseignement stratégique

Mis en service depuis 2005 pour le compte de l'armée de l'air, le système Graves (pour Grand Réseau Adapté à VEille Spatiale) est un programme unique en Europe. Seuls les États-Unis et la Russie ont officiellement un programme équivalent alors qu'un cercle très restreint de pays, comme la Chine par exemple, pourraient en posséder un également. A ce jour, il est capable "de cataloguer des objets de la gamme du mini-satellite jusqu'à 1.000 km d'altitude", souligne Florent Muller. Soit un engin de la taille d'une machine à laver.

"Les données générées permettent de calculer à tout instant la position de l'ensemble des satellites suivis", précise-t-il. Actuellement, Graves détecte et catalogue tous les jours plus de 2.500 objets. C'est l'armée de l'air qui assure la mise à jour quotidienne du catalogue. Car pour rester catalogué, un objet doit être détecté tous les jours.

"La France a été le troisième pays au monde, après les Américains et les Russes, à se doter d'un tel système, avait expliqué en juin 2015 dans une interview accordée à la Tribune le PDG de l'ONERA, Bruno Sainjon. L'ONERA a conçu Graves, a piloté sa réalisation et l'a transféré à l'armée de l'air en 2005. Ce programme a notamment permis des échanges de données avec les États-Unis. Et, en avril 2015, cette coopération s'est renforcée, les deux ministères de la Défense voulant désormais échanger des informations classifiées".

Ce système de renseignement militaire stratégique, un outil extrêmement précieux pour la France, peut notamment suivre à une altitude de moins de 1.000 kilomètres les satellites espions, qui survolent la France et observent les sites sensibles. Ce qui permet à l'armée de l'air de cataloguer pratiquement tous les satellites espions alliés et ennemis ainsi que d'autres engins spatiaux. "Graves permet de détecter les menaces qui pèsent sur nos propres moyens spatiaux", confirme Florent Muller.

L'armée de l'air a d'ailleurs reconnu avoir identifié en 2012, puis 2013 et, enfin, en 2015, des engins spatiaux qui se sont approchés de satellites militaires français. Ces satellites sont d'ailleurs restés à leur contact pendant une période relativement longue. Très certainement pour les écouter. Il détecte également les vols en formation de satellites. En outre, Graves permet d'éviter d'éventuelles collisions entre des débris spatiaux et les satellites français en les déplaçant le cas échéant.

Enfin, le système concourt à la protection des populations face aux rentrées atmosphériques à risques (engins spatiaux, comètes...). Car plus de 12.000 satellites artificiels et objets divers, dont la taille est supérieure à dix centimètres, orbitent autour de la Terre.

Graves pourrait identifier des micro-satellites

Malgré sa robustesse et sa simplicité, le système Graves, un prototype qui était innovant en 2005, doit être aujourd'hui modernisé, les équipements ayant vieilli. Cette opération de rénovation permettra désormais d'assurer la pérennité de Graves "jusqu'en 2030", estime Florent Muller. Dans ce contexte, la tranche ferme du contrat confié à l'ONERA et à Degreane Horizon comprend en grande partie le traitement des obsolescences du système ainsi que quelques améliorations de ses performances, notamment du calculateur de traitement de signal.

"Certaines performances seront accrues grâce notamment à des interventions au niveau des antennes de réception et du traitement du signal, supportées par un nouveau calculateur", explique l'ONERA dans son communiqué.

Plus précisément, l'ONERA sera en charge de la rénovation et des améliorations des sites de réception et d'exploitation. La filiale de Vinci modernisera pour sa part à l'identique les systèmes d'émissions en gérant les obsolescences.

Avec les tranches conditionnelles, de nouvelles améliorations du système sont prévues. En parallèle du lancement de la tranche ferme, l'ONERA effectuera des études techniques opérationnelles pour définir quelles pourraient être les options pour améliorer Graves. "A l'issue de ces études, un certain nombre d'options accessibles pourra être ainsi notifié en parallèle de la tranche ferme", confirme Florent Muller.

L'ONERA vise notamment l'amélioration de l'observation d'objets spatiaux plus petits. Et de passer "de façon progressive avec les options les plus complètes" de la détection de mini-satellites (inférieur à 500 kg) à celles de micro-satellites (inférieur à 150 kg). Dans sa nouvelle configuration, Graves détectera beaucoup plus d'objets spatiaux qu'actuellement si les tranches conditionnelles du contrat sont levées.

Un outil de souveraineté

Entre une modernisation a minima et une modernisation plus ambitieuse, le ministère de la Défense n'a pas encore tout à fait tranché en découpant le programme de modernisation de Graves en plusieurs tranches, dont des tranches optionnelles. Cet outil de souveraineté permet pourtant de discuter d'égal à égal - ou presque - avec les États-Unis. Ce qui n'est pas rien et confirme bien que la France est depuis 2005 dans le club très fermé des puissances dotées de capacités autonomes de surveillance de l'espace. Au ministère de la Défense de décider de l'ampleur de cette opération cruciale pour l'indépendance de la France en matière de surveillance spatiale une fois les recommandations de l'ONERA émises.

Développé sous contrat de la DGA, le système Graves est constitué d'un radar bistatique spécifique associé à un système de traitement automatisé qui permet la création et le maintien à jour d'une base de données des paramètres orbitaux des satellites qu'il détecte. Fruit de la collaboration des spécialistes des départements Électromagnétisme et radar (DEMR) et Conception et évaluation des performances des systèmes (DCPS) de l'ONERA, le radar du système Graves a été spécifiquement conçu pour la surveillance de l'espace.

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Commentaires
a écrit le 14/12/2016 à 17:46 :
Ils existent des arme anti satellite, mais la France n'est pas équipé officiellement de ce type d'artifice ... Ensuite abattirent un satellites est une agression..... Il y a surment des moyen de les rendre moins fonctionnel..... Mais bon notre pays n'a pas officiellement l'ennemi...... Cela est une arme, tout comme une defence anti missiles balistiques, nous pouvons développer ce type de matériel, mais la France n'a pas moyen financier pour ce type de matériel.... Espérons que avec la mutualisation de la recherche militaire dans nos pays europenne, nous pourrons protéger nos pays de tous type d'agression.....
a écrit le 12/12/2016 à 8:51 :
C'est parfais de pouvoir les détecter mais après ? Que peut on faire contre un satellite espion d'une puissance qui nous est hostile ? Pas grand chose.
Réponse de le 12/12/2016 à 10:46 :
vous voulez faire quoi ? les detruire ? vous savez que c est un acte de guerre ? on a nos satellites espions et les russes et USA les leurs... tant que c est pour prendre des photos, c ets pas un probleme au contraire (c est grace au satellites espions US que les USA se sont rendu compte dans les annees 50 qu ils avaient surestimes la puissance militaire de l URSS et qu ils etaient largement plus puissants -> inutile de deveopper encore p.,us d armes comme le demandait le lobby militaro industriel)
Réponse de le 12/12/2016 à 13:25 :
Apparemment, vous ne connaissez pas les satellites américains de type GSSAP, Geosynchronous Space Situational Awareness Program qui peut se positionner près de nos satellites de communication civil ou militaire et ceux chinois de type Shijian-17. Pour les russes je ne me souviens pas de son petit nom. Savoir qui lance quoi est important surtout venant de nos "amis américain". Et surtout si ce quoi bouge autour de nos satellites. Déjà que les grandes oreilles américaines, Trumpet et Advanced Orion, nous écoutent.

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