Le plus important fonds de pension norvégien, en accord avec ses critères éthiques, supprime ses participations dans 14 industriels impliqués dans la fabrication d'armes contraires "aux principes humanitaires fondamentaux". Deux Français figurent parmi les bannis : Dassault Aviation et Thales. Ce dernier avait déjà été inscrit sur liste noire en 2005, notamment pour corruption, comme plusieurs industriels français (Safran, Alstom...). Mais l'impact du désengagement devrait être insignifiant pour les deux groupes de défense au regard des participations minimes du Norvégien.Des armes qui "violent les principes humanitaires fondamentaux". Voila la raison invoquée par le fonds de pension norvégien KLP, qui gère près de 78 milliards d'euros d'actifs, pour retirer ses participations dans 14 entreprises internationales spécialisées dans l'armement. Deux tricolores figurent sur la liste noire : Thales et Dassault Aviation. Toutefois, l'impact capitalistique et boursier de ce désengagement devrait être minime. Selon le document de référence du fonds publié en 2020, KLP posséderait seulement 6.952 actions chez Thales (sur 213.365.958 actions au 31 décembre 2020) pour... 172 chez Dassault Aviation. Le cours du géant français gagnait 1,97% à 16H00 ce jeudi (à 82,82 euros), tandis que celui de Dassault Aviation grignotait 1,89% (à 94.30 euros).
D'autres entreprises internationales sont également exclues des participations de KLP. Le britannique Rolls-Royce, les américains Leidos, General Dynamics (17.300 actions) et Raytheon, l'Italien Leonardo ainsi que du constructeur naval chinois CSIC, explique-t-il dans un communiqué.
Le nucléaire en ligne de mire
Dans la cuvée 2021 du rapport éthique du plus grand fonds de pension de Norvège, la plupart des groupes sont exclus pour leurs produits liés à l'arme atomique. Thales est ainsi écarté pour sa participation à la production du missile nucléaire M51, utilisé par l'armée française, tandis que Dassault Aviation est banni parce que son avion de combat, le Rafale, a une version adaptée à l'usage de l'arme nucléaire.
Mais le fonds norvégien justifie également sa décision par l'implication de Thales dans la guerre au Yémen. Le quatorzième groupe mondial de défense est épinglé pour avoir fourni du matériel militaire et des services à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, justifie le fonds. KLP s'appuie sur le rapport d'Amnesty international pour exclure l'industriel français. L'ONG média Disclose avait également révélé l'implication du fabriquant au Yemen, notamment via la fourniture du "Pod Damocles". "Ce système de 'désignation laser' fixé sous les avions de combat permet aux pilotes de guider tous les types de missiles", détaille le média.