Crise du lait : accord entre Danone et les éleveurs

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Les producteurs pâtissent d’une surproduction européenne, due à la levée des quotas laitiers en avril 2015, et d’une chute de la demande sur le marché international.
Les producteurs pâtissent d’une surproduction européenne, due à la levée des quotas laitiers en avril 2015, et d’une chute de la demande sur le marché international. (Crédits : Reuters)
Le groupe de produits laitiers a indiqué que cinq organisations de producteurs (soit 2.000 éleveurs) ont signé un accord. Mais, au sein de la filière, la tension continue de monter. Les industriels du lait et leur fédération (la Fnil) doivent être reçus à Matignon ce jeudi, en fin de matinée.

Le géant des produits laitiers Danone a annoncé, mercredi soir, avoir passé un accord avec 2.000 éleveurs qui approvisionnent ses cinq usines françaises. En contrepartie d'une baisse des volumes achetés, le groupe va prendre en compte les coûts de production des éleveurs dans les prix auxquels il leur achète du lait.

"Un filet de sécurité pour amortir les fluctuations" de prix

Dans un communiqué, le groupe indique que "cinq organisations de producteurs ont signé un accord, soit 2.000 éleveurs". Il est par ailleurs toujours en négociation avec le sixième groupement de producteurs avec lequel il travaille dans le Sud-Ouest.

L'objectif "est de mettre en place un filet de sécurité pour amortir les fluctuations du prix du lait et ainsi assurer, dans la durée, une meilleure visibilité aux producteurs", indique Danone.

Ajuster les volumes "au plus près des besoins des usines"

"Nous sommes sur un marché [des produits laitiers] ultra-frais baissier depuis quatre ans. Notre approche est responsable. Il ne s'agit pas de baisser significativement nos volumes mais d'ajuster au plus près des besoins des usines", ajoute-t-il.

Au niveau national, l'objectif de Danone est d'ajuster "les volumes avec une baisse de -2%" en 2016, selon une porte-parole de Danone.

Ne pas réallouer les volumes des éleveurs qui partent en retraite

Le groupe ne compte pas mener de "réduction massive", ni "casser la dynamique laitière d'un bassin". Il s'agira plutôt par exemple de ne pas réallouer les volumes de production d'éleveurs qui passeraient au bio ou qui partiraient à la retraite, assure-t-elle.

Prix revalorisé de 5%, selon Danone

Depuis octobre, Danone a commencé à introduire dans ce calcul les coûts de production des éleveurs afin d'amoindrir l'effet de la volatilité des prix, ce qui a permis selon lui "de revaloriser le prix du lait de 5% dans un contexte de marché du lait baissier". Danone s'engage maintenant "à définir une nouvelle formule de prix intégrant les coûts de production, en concertation avec chacune des parties pour être au plus près des spécificités locales".

Engagement pour une durée de trois ans

Il augmentera progressivement la part des indicateurs des coûts de production dans le calcul du prix du lait et "s'engager pour une durée de trois ans", assure-t-il. Pour définir "en commun" ces indicateurs avec les organisations de producteurs, le groupe propose de travailler sur la base d'études réalisées avec un intervenant indépendant.

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a écrit le 25/02/2016 à 14:15 :
Il y a longtemps que la société danone aurait dû se rapprocher des éleveurs afin de faire un accord, au lieu de s'engraisser sur leurs dos. Concernant le Ministre défaillant LE FOOL, il y a longtemps également qu'il aurait dû régler ce problème. Les politiques déconnectés du peuple et de la réalité, sont bien plus préoccupés par leur pouvoir et leurs avantages financiers que par les souffrance du peuple. http://combatcontreinjustice.over-blog.com
Réponse de le 25/02/2016 à 16:14 :
La société vient de renouer avec les bénéfices en 2015, et avec la grogne des producteurs qui enfle , elle n'a médiatiquement plus le choix.
Pour ce qui est du ministre, comme ces prédécesseurs, il a peu de marge de manœuvre. Le premier problème dans le secteur du lait est une surproduction avec l'abandon des quotas. Et Le Foll n'y est pour rien puisque l'Allemagne, première responsable, n'avait jamais respecté les quotas. L'Allemagne avait dépassé la production française, mais irraisonnable, elle avait continué à augmenter ses volumes à l'excès, bien au dessus des quotas qui lui étaient attribués.
Et comme c'est Bruxelles qui même le bal........
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C'est une règle économique, la surproduction tire toujours les prix vers le bas.
Trop de demandeurs d'emploi tire aussi les salaires vers le bas.
Réponse de le 25/02/2016 à 17:54 :
Le foll est le premier ministre a être véritablement convaincu de la nécessité de changer de modèle et à œuvrer pour cela !! Maintenant il est un peu facile de l'accuser de ne pas avoir réglé le problème. Le vrai problème justement est que ce modèle de production intensive est dans l'impasse et en passe d'exploser et nous en sommes nous aussi consommateurs responsables!. Nous changeons d'ère et les éleveurs devraient se hâter de basculer car nous sommes en bout de course. Ils doivent changer d'échelle! Fini les robots qui leur coûtent chers, retour au bio, au petit, au raisonné. Arrêtons avec un modèle qui les étouffe par des besoins financiers de plus en plus importants! Et ce n'est ni à Danone ni à la grande distribution ni aux traders de fixer le prix de vente du fruit de leur travail!!! On leur demande de stocker le lisier en rallongeant le temps de compost ??? au lieu de faire peser un peu plus les choses sur des éleveurs en bout de course, pourquoi ne sommes nous toujours pas passé à la méthanisation qui permettrait de créer de l'humus et stocker ainsi du carbone de manière efficace??? La société toute entière doit se mobiliser et chacun doit faire sa part!
Réponse de le 07/03/2016 à 11:34 :
chere Marie :
c'est donc la faute ( la crise du lait ) soit de Danone ...soit de Le Foll ?
" ils sont deconnectés du peuple et de la réalité" ...; mais dites nous donc , les eleveurs , eux , ne sont ils pas deconnectés ...des consommateurs ? et pourtant , les consommateurs , ce sont entre autres ...leurs voisins , de l'autre coté du chemin ? non ?
et si , nos éleveurs , au lieu de raler après les autres , et , à 2000 ( chiffre que l'on nous cite ici ) , ils se montaient ...une fromagerie en cooperative ?
il faut quand meme arreter de nous enfumer avec ces histoires de moyen age !

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