Renault : les héritiers de Louis Renault contestant la nationalisation en 1945 arrêtés dans leur élan judiciaire

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La Cour d'appel de Paris s'est déclarée incompétente, ce mercredi, pour juger de la requête des héritiers de Louis Renault. Ceux-ci demandaient réparation pour la nationalisation-sanction de la firme automobile en 1945.

Les héritiers du constructeur Louis Renault ont perdu leur bataille. La Cour d'appel de Paris s'est déclarée incompétente, ce mercredi, pour juger de leur requête, alors qu'ils demandaient réparation pour la nationalisation-sanction de la firme en 1945. La Cour, statuant au civil, a confirmé la décision prononcée en janvier dernier en première instance. "Nous allons très probablement déposer un pourvoi en cassation", ont toutefois déclaré Maîtres Louis-Marie de Roux et Laurent Schrameck, associés de Maître Thierry Lévy, avocat des petits-enfants de l'industriel, accusé de collaboration avec l'occupant allemand à la Libération.

Pas de question de constitutionnalité

Les petits-enfants de Louis Renault auraient souhaité que la Cour d'appel transmette au Conseil constitutionnel une "question prioritaire de constitutionnalité" (QPC) contestant la validité de l'ordonnance de confiscation prise le 16 janvier 1945 par le gouvernement provoire du général De Gaulle. A l'audience, le 18 septembre, Maître Lévy avait estimé que cette confiscation sans indemnisation constituait une "voie de fait", relevant donc des juridictions judiciaires et non administratives. Mais la Cour lui a donné tort et, par voie de conséquence, a jugé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur la QPC.

Historiens divisés

Les historiens restent divisés sur les faits reprochés à Louis Renault, mort dans des conditions douteuses en détention. A la Libération, un mandat a été délivré contre lui, le 19 septembre 1944, pour "atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat". Le 23 septembre 1944, malade, il se rend librement à la convocation d'un juge qui l'inculpe et le fait incarcérer à Fresnes. Mis au secret et battu à maintes reprises, le fondateur de Renault  voit sa santé déjà chancelante (insuffisance rénale grave) se dégrader rapidement. Il décède le 24 octobre 1944 à l'âge de 67 ans, un mois après son incarcération.

Taxis de la Marne

C'est en 1898, à l'âge de 21 ans, que Louis Renault avait construit sa première voiturette, en modifiant un tricycle De-Dion-Bouton. Ce sera la Type A. L'année suivante, la société Renault Frères est fondée. La société reçoit sa première grosse commande de 250 taxis en 1905.  Louis Renault devient en 1909, à 32 ans, seul héritier de la fortune familiale et unique maître de sa société. Deux ans plus tard, il fait un voyage aux Etats-Unis où il est séduit par les méthodes de production de Ford. En 1914, 1.200 taxis Renault sont réquisitionnés. Les fameux "Taxis de la Marne"  propulseront Renault au sommet de la popularité. Pendant les quatre ans de guerre, Louis Renault participe à l'effort de la guerre. En plus des voitures, camions, tracteurs, obus et fusées, il construit des éléments de fusils et de canons, des moteurs d'avion et même des appareils de reconnaissance.

Luttes sociales

L'empire Renault se développe après la Première guerre mondiale, avec une filière complète comprenant fonderies, forges, carrières, scierie, aciers, carton, caoutchouc, huiles, lubrifiants, matériel électrique... En 1929, il démarre la production dans ce qui deviendra l'usine historique de l'île Seguin à Boulogne-Billancourt. Le site sera le symbole du progrès mais aussi des luttes sociales, qui culmineront en 1936. Patron autoritaire, Louis Renault restera aux yeux des syndicats le patron à abattre, symbole du capitalisme. A la déclaration de guerre en 1939, la firme devient le fournisseur de l'armée française.

Contraint de réparer les chars allemands

En mai 1940, Louis Renault  part aux États-Unis. Il y rencontre notamment le président Franklin Roosevelt ainsi que plusieurs industriels et généraux américains. Mais, entretemps, la défaite face à la Wehrmacht a entraîné l'occupation des deux-tiers de la France. Ses usines sont réquisitionnées par l'armée d'occupation allemande. Renault est alors contraint de réparer des chars de combat. Les usines Renault sont en effet passées sous administration allemande. Le groupe tourne au ralenti. Les ateliers manquent de matières premières, et subissent de nombreux bombardements anglo-saxons. La production des usines Renault pendant toute l'Occupation représentera environ 60% de la production de la seule année 1939.

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Commentaires
a écrit le 18/12/2012 à 19:08 :
je suis ulcéré par la malhonneté intellectuelle de me Lacroix ruiz !! c est incroyable ! quand on prone le négationisme sur la grande famine en ukraine sous staline ,ses torrents de haine sur Louis Renault sont complètement partisants; il me semble que Peugeot ou Citroen étaient peut etre un peu moins anticommunistes,c est tout! alors que le nombre de camions fournis a la Heer est a peu pres identique !je lui rappelle également que De Larocque est mort en camps de concentration nazi,alors que son thorez ,le déserteur lui ...
a écrit le 24/11/2012 à 8:55 :
quand il s'agit d'indemniser les israéliens, la justice française trouve les compétences qu'il faut et bouge vite. Mais dans ce cas français, on se dérobe.
a écrit le 22/11/2012 à 10:55 :
Louis RENAULT a été la victime sacrificielle du "communisme" triomphant de la fin de la guerre. Cette engeance stalinienne (de l'époque) ne supportait pas la réussite d'un capitaine d'industrie emblématique et visionnaire et l'a éliminé sous de fallacieux prétextes.
Réponse de le 18/12/2012 à 12:44 :
tout a fait d accord ! De Gaule a cédé ,comme pour Brasillach pour satisfaire les communistes (pseudo 75 000 fusillés et résistants du 22 juin 41),meme si Robert méritait l indignation nationale
a écrit le 21/11/2012 à 17:05 :
Louis RENAULT aurait mieux fait d'être haut fonctionnaire: c'était plus facile de retourner sa veste!
a écrit le 21/11/2012 à 17:03 :
Ils ont bien raison ! Où faut-il signer ? Car à travers ce cas emblématique ce sont des milliers de crimes "discrets encor de la récente "LIbération" qui sont couverts. Des crimes de la République prédatrice, ceux du Gaulisme crapouilleux et du socialisme/communsite fascisant puis corrompu. Comment accepter cette honte ? Avec la chute de la royauté -ce n'est pas mon propos d'y revenir- nous avons remplacé une direction doucement abusive par une arnaque totale. Les voleurs sont dans la place... mais quelle solution pour les sortir ? Malheureusement il n'y en a pas et ceux qui se pensaient il y a peu encore du bon côté, se retrouvent repoussés vers le néant économique? D'autres verront venir leur tour, impuissants.
a écrit le 21/11/2012 à 16:59 :
Louis Renault a été assasiné par les communistes à la libération. Aprés le pacte
Hitler-Staline d'aout 1939 et l'agression nazi-soviétique, la France est entrée en
guerre. Des ouvriers communistes de Renault ont saboté les fabrications de
matériels de guerre dans les ateliers Renault, en particulier les chars B1 et R-35.
Plusieurs ont été démasqués et fusillés. C'est ce que les traitres communistes
n'ont jamais pardonné à Renault. Aprés pendant l'occupation allemande, ce sont
de vrais patriotes qui ont saboté les fabrications déstinées à la wehrmacht:
moteurs diesel, chassis de chars, etc..
Le commissaire allemand qui controlait Renault était le baron von Urach, ancien de
...Mercedes !
Réponse de le 21/11/2012 à 18:53 :
Il n'ont pas saboté que Renault ces cocos, mais Dewoitine et toute l'industrie d'armement de la France pendant le pacte germano soviétique. Les chars B1 bis ont plus été victime de pannes et abandonnés, que du canon de 88 mm allemand. On leur doit bien une bonne partie de notre défaite.
Après cela, ils se sont arrangés pour se faire une virginité en tant que résistants de la dernière heure.
Oui, Louis Renault a été spolié de sa firme qui est devenue le paradis social de ces cocos grâce à De Gaulle. Le comble.
Réponse de le 19/12/2012 à 4:34 :
Tout à fait d"accord c un vrai complot qui a subit Louis Renault ceté un vrai talent français le meilleur de son époque et même je suis sur ke de Gaulle à collaborer avec hitler mais ça on nous le dira pas

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