La direction de PSA met la pression sur les grévistes d'Aulnay

Le directeur financier du constructeur a laissé présager une fermeture de l'usine dès cette année plutôt qu'en 2014. "Le fait qu'un petit nombre de personnes continue à perturber notre usine pourrait nous y obliger", a-t-il déclaré lors d'une conférence d'analystes ce mercredi matin. Ce qui n'a pas manqué de faire réagir la CGT.

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A Aulnay-sous-Bois, le bras de fer continue entre la direction de PSA Peugeot-Citroën et les grévistes. Alors que la fermeture du site de production est pour l'instant prévue pour l'année prochaine, le directeur financier du groupe a laissé entendre ce mercredi matin lors d'une conférence d'analystes que celle-ci pourrait être avancée à 2013. Jean-baptiste Chatillon a lâché: "le fait qu'un petit nombre de personnes continue à perturber notre usine pourrait nous y obliger". Une assemblée générale du groupe doit se tenir ce mercredi. La CGT prend cette petite phrase comme un provocation : "Qu'ils la ferment cette usine, on ne marche pas au chantage", a commenté le délégué CGT du site d'Aulnay Jean-Pierre Mercier. Pour lui, cette déclaration de la direction est "une nouvelle preuve que la direction de Peugeot ne respecte aucun engagement, aucune promesse".

Il ne pourrait toutefois s'agir que d'un simple coup de pression, "l'usine d'Aulnay fermera en 2014. Il n'est pas prévu de changer de date" ayant assuré la direction industrielle du site à Europe 1.

Chute du CA de 6,5%

Ces propos interviennent alors que la direction du constructeur français pourrait être contrainte d'engager de nouvelles négociations pour améliorer la compétitivité de  l'entreprise à l'heure où le marché européen de l'automobile se dégrade plus que prévu. PSA Peugeot Citroën a d'ailleurs publié ce 24 avril avant l'ouverture des Bourses européennes un chiffre d'affaires en baisse de 6,5% à 13,03 milliards d'euros au premier trimestre. Pour la seule division automobile, la baisse atteint 10,3%.

Nouvelles négociations en vue

Le constructeur automobile français a confirmé son objectif de diviser par deux le rythme de sa consommation de liquidités en 2013 et vise un retour à l'équilibre de sa trésorerie opérationnelle fin 2014. Il souligne toutefois sa crainte que le marché européen puisse "être plus difficile qu'attendu" en 2014, ce qui pourrait l'amener à "de nouvelles mesures opérationnelles", sous la forme d'un accord de compétitivité sur ses sites en France.

Ces négociations avec les représentants du personnel pourrait débuter bientôt. "Nous discuterons avec les partenaires sociaux à partir du deuxième trimestre" a confié Jean-Baptiste Chatillon, soit une fois que l'actuel plan social touchant 11.214 salariés en France sera entré en vigueur. Un ultime comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire est prévu à ce sujet le 29 avril. A la question de savoir si les négociations sur la compétitivité pourraient déboucher sur de nouvelles suppressions d'emplois, le directeur financier a assuré que "ce n'est pas l'objet de ces discussions".

Rebond en Bourse

Cette possibilité de nouvelles négociations sur la compétitivité, si elle a de quoi inquiéter les salariés, est acceuillie favorablement par les investisseurs. A l'ouverture de la Bourse de Paris ce mercredi, le titre PSA bondissait de 10,15% pour s'inscrire à 6,0 euros dans un marché en légère hausse de 0,38%.

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