Plus d'une voiture vendue sur deux est une citadine... C'est énorme. En 2013, 53 % des immatriculations de voitures neuves en France ont été générées par des citadines (contre 49 % en 2012). L'Hexagone se distingue, les petites voitures ne représentant que 41 % des ventes dans l'ensemble de l'Europe occidentale. La France a donc de plus en plus un profil de marché pauvre. Même si, évidemment, dans ces petits véhicules, figurent quelques Mini (BMW) chics et chères...
Mais, pour l'essentiel, il s'agit de véhicules d'entrée de gamme premier prix. L'appauvrissement des consommateurs, les systématiques campagnes politico-médiatiques anti-voitures, le bonus-malus prétendument écologique, expliquent cette polarisation croissante.
Problème, ces véhicules pas (trop) chers sont souvent produits hors de France. La Renault Clio IV, première vente hexagonale (103.172 immatriculations l'an dernier), est produite en partie à Flins (Région parisienne) mais aussi à Bursa (Turquie). 100 % des versions break sont assemblées notamment en Turquie.
Les Peugeot 208 (90.484) écoulées dans l'Hexagone proviennent certes essentiellement de l'Hexagone. Tout comme les Citroën C3 (53.376), respectivement deuxième et troisième ventes dans l'Hexagone. C'est d'ailleurs une des raisons des... très mauvais résultats financiers enregistrés par le groupe PSA.
Mais, la Dacia Sandero de Renault (42.841), quatrième petit modèle immatriculés en France, provient de Pitesti (Roumanie), le "Crossover" Renault Captur (39.629) de Valladolid (Espagne). La Volkswagen Polo (39.068) est également importée d'Espagne et la Renault Twingo (39.032) de Slovénie. Heureusement, la Toyota Yaris (29.207), huitième vente de "petite" en France, est... produite à Valenciennes (Nord).
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Sur les quinze premières "petites" vendues sur le territoire national, six seulement sont fabriquées en France, plus une partiellement (Clio IV). Parmi les autres petites françaises fabriquées à l'étranger, citons les Citroën C1 et Peugeot 107, produites en République tchèque, le Citroën C3 Picasso en Slovaquie.
Les usines tricolores fabriquent notamment les "compactes" de PSA et Renault - sauf la Mégane III et le Citroën C4 Picasso assemblés en Espagne - et les "moyennes supérieures" de type Peugeot 508, Citroën C5 et DS5, Renault Laguna. Dans le "haut de gamme", PSA a dû arrêter la fabrication de la grande berline Peugeot 607, un semi-échec, puis l'an dernier de la Citroën C6, un véritable fiasco.
Renault fabrique encore son grand monospace Espace dans l'Hexagone, qui sera remplacé cette année. Le hic : les segments autres que celui des "petites" ne représentent que 47% des ventes de voitures neuves en France, contre 59% en moyenne dans l'Europe de l'ouest.
Cette structure du marché français ne peut qu'être défavorable aux finances des constructeurs tricolores, qui se retrouvent de facto concentrés sur les créneaux hyper-concurrentiels des petites voitures à très, très faibles marges (sauf les Dacia). Et ce, d'autant plus que ces "petites", dont les français sont devenus de facto les spécialistes, se vendent mal hors d'Europe. Trop chères pour les brésiliens ou les indiens, elles sont trop minuscules pour les russes ou chinois.
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Cette spécialisation excessive est une des causes essentielles de la désindustrialisation de Renault et PSA en France, où les coûts de production, équivalents à ceux de l'Allemagne, sont trop élevés pour des modèles d'entrée de gamme. La production de Renault et PSA dans l'Hexagone a fléchi de18 % sur les neuf premiers mois de l'année à à peine plus d'un million d'unités (utilitaires légers compris). Sur l'ensemble de l'année 2012, les usines tricolores des deux constructeurs avaient déjà réduit de 16,4 % leurs volumes. Leur production a été globalement divisée par deux... entre 2005 et 2013.
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