La très discrète bataille des constructeurs automobiles pour le marché iranien

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Des Peugeot 405 et 206 en vente dans une concession iranienne. Livrées en kit, elles ont été assemblée en Iran par Irankhodro.
Des Peugeot 405 et 206 en vente dans une concession iranienne. Livrées en kit, elles ont été assemblée en Iran par Irankhodro. (Crédits : Reuters)
Les constructeurs automobiles français ont été les plus touchés par les sanctions économiques infligées à l'Iran depuis 2012. La signature d'un nouvel accord la semaine dernière doit permettre de desserrer l'étau encore sur ce marché jugé stratégique. Sauf que les Américains espèrent tirer leur épingle du jeu dans ce pays de 80 millions d'habitants...

Derrière les négociations sur le nucléaire en Iran, des tractations plus secrètes encore ont cours entre les constructeurs automobiles occidentaux et les homologues locaux. A première vue, la levée des sanctions imposées par l'administration Obama en 2012 devrait profiter aux constructeurs français qui détenaient pratiquement 40% de ce marché de 1,6 millions d'immatriculations (2011). En réalité, les constructeurs livraient des voitures "en kit" qui étaient assemblés par des constructeurs locaux. En 2011, près de 460.000 Peugeot 206 et 405 sortaient des usines d'Irankhodro. L'Iran était alors le deuxième marché de Peugeot après la France. De son côté, Renault commercialisait des Dacia Logan sous la marque Renault avec 100.000 immatriculations en 2011.

Les Yankees à la manoeuvre

L'arrivée d'Hassan Rohani à la présidence iranienne en août 2013, un réformiste qui a fait d'un accord avec l'Occident sa priorité, a redonné l'espoir aux Français d'un retour sur ce marché. Sauf que la perspective d'un tel accord a suscité la convoitise de nouveaux acteurs espérant rebattre les cartes dans un pays de 80 millions d'habitants. Etonnamment, ce sont les groupes américains qui se sont montré les plus offensifs. Ne disposant pas de représentation diplomatique à Téhéran, les lobbyistes yankees sont passés par l'ambassade de Suisse pour approcher les constructeurs locaux.

Evidemment, compte tenu de l'image américaine en Iran, on pouvait s'attendre à ce qu'ils marchent sur des œufs et agissent avec discrétion. Pas du tout. General Motors s'est ainsi montré très actif auprès d'Irankhodro, qu'il avait pu approcher à l'époque où il était actionnaire de PSA (3% du capital). C'est avec aplomb que l'Américain n'a pas hésité à s'offrir en 2013 une campagne publicitaire dans les journaux du pays dirigé par les Mollahs. Mieux, le groupe a importé des Chevrolet Camaro via l'Azerbaïdjan "pour tester le marché".

Le marché s'est effondré

En attendant, l'allégement des sanctions qui a suivi l'ouverture de négociations avec le nouveau président iranien en 2014 a permis aux marques françaises de revenir sur ce marché qui, entre-temps, s'est effondré (en 2013, les ventes ont péniblement atteint les 600.000 immatriculations). Pourtant, le potentiel est énorme. Le taux d'équipement est de moins de 10% des ménages iraniens. A titre de comparaison, ce ratio atteint les 83% en France.

Les Français gardent un avantage décisif sur le marché indien avec des marques à très forte notoriété. Pour les Américains, l'époque où le Shah déployait le tapis rouge est révolue et ils doivent repartir de zéro... Encore faut-il que l'administration américaine les y autorisent...

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Commentaires
a écrit le 09/04/2015 à 11:29 :
Merci de réctifier le dernier paragraphe: "iranien" et non pas "indien"

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