Concepteur et fabricant d’un ciment cinq fois moins impactant pour la planète, le vendéen Hoffmann Green Cement Technologies veut contribuer à la réduction de l’empreinte carbone du secteur de la construction. Il s’apprête à lancer le chantier d’une troisième usine en région parisienne et à dupliquer son modèle d’économie circulaire à l’international.Comme un symbole des ambitions d'Hoffmann Green Cement Technologies, sa nouvelle usine de ciment culmine à soixante-cinq mètres dans le ciel vendéen. A ses pieds, à Bournezeau (85), le deuxième site production de la startup sera opérationnel en début d'année 2023. Et d'ici là, les contours d'une troisième usine, d'une capacité de 250.000 tonnes par an, prévue dans le Nord de la région parisienne, devraient être précisés.
« On va là où se concentrent les principaux opérateurs du BTP », justifie Julien Blanchard, co-fondateur de la startup qui, en moins de sept ans, a accouché du premier ciment sans clinker au monde. Sans clinker, c'est-à-dire sans calcaire, utilisé pour la fabrication d'un béton traditionnel dit « Portland », dont le process nécessite d'être chauffé durant dix-huit heures à 1450°. Le plus émissif disponible sur le marché français, le Portland CEM I, dégage ainsi 866 kilogrammes de Co2 à la tonne de ciment produit.
C'est sur cette problématique que l'équipe de R&D d'Hoffmann Green Cement Technologies a planché pour mettre au point ses ciments bas carbone et fait évoluer une recette qui n'avait pas changé depuis deux cents ans. Le plus avancé, le ciment H-UKR, est constitué à 80% de laitier, un déchet composé d'impuretés du minerai de fer issu de l'industrie sidérurgique, et utilisé depuis des décennies par l'industrie cimentière. Résultat : une empreinte CO2 divisée par cinq à six, en prenant en compte l'ensemble du cycle de vie, garantit Julien Blanchard, avec un taux de carbone de 188kg/tonne pour le H-UKR et 142 kg /tonne pour le H-Iona.
Une garantie d'un siècle
Après quatre années d'essais physiques, chimiques et mécaniques, et de nombreuses homologations, le ciment H-UKR a été validé, par la référence du métier, le Centre supérieur et technique du Bâtiment (CSTB) dans le cadre d'une Appréciation Technique d'expérimentation. Ces évaluations lui ouvrent les portes d'un très grand nombre d'ouvrages, de la maison individuelle jusqu'à l'immeuble de Grande Hauteur pour des applications de structures (planchers, voiles, poutres, poteaux, etc.), avec une durée d'utilisation garantie d'un siècle.