En difficulté sur le diabète, Sanofi attaque Novo Nordisk en justice

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Le revenu issu de l'activité diabète de Sanofi a chuté de 6,6%, tombant à 1,852 milliards d'euros au troisième trimestre.
Le revenu issu de l'activité diabète de Sanofi a chuté de 6,6%, tombant à 1,852 milliards d'euros au troisième trimestre. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Sanofi a porté plainte aux Etats-Unis contre Novo Nordisk, l'accusant de déclarations "fausses et trompeuses" concernant la disponibilité de deux de ses traitements contre le diabète pour des patients américains. Les deux sociétés, en forte concurrence dans le domaine thérapeutique outre Atlantique, souffrent d'une érosion des ventes de leurs antidiabétiques.

Sanofi tape du poing sur la table. Le géant pharmaceutique français réclame à Novo Nordisk des dommages-intérêts d'un montant non spécifié et le retrait de sa campagne promotionnelle aux Etats-Unis pour son insuline basale Tresiba, a expliqué à l'AFP une porte-parole de Sanofi, mercredi 28 décembre. Sanofi a ainsi porté plainte contre Novo Nordisk, le 23 décembre, devant un tribunal de district du New Jersey.

Cette campagne marketing affirme que les insulines concurrentes de Sanofi, Lantus et Toujeo, ne seront plus disponibles à partir de janvier pour beaucoup de patients américains en raison de la décision cet été du groupe de santé CVS/Caremark de les retirer de sa liste de médicaments remboursés.

Or, le retrait de cette liste ne signifie pas pour autant que ces produits ne seront plus vendus dans les pharmacies de CVS/Caremark, et d'autres assureurs santé aux Etats-Unis vont par ailleurs continuer à les rembourser, selon la porte-parole de Sanofi.

Une guerre sur fond de ventes qui s'effritent

Ce litige intervient alors que tant Sanofi que Novo Nordisk voient les ventes de leurs insulines vedettes s'effriter aux Etats-Unis, notamment avec l'arrivée de Basaglar, un biosimilaire (sorte de version générique pour les médicaments d'origine biologique), développé par l'américain Eli Lilly. Ce biosimilaire, moins cher, a justement rejoint la liste des médicaments remboursés de CVS/Caremark, à la place du Lantus de Sanofi.

Le revenu issu de l'activité diabète de Sanofi a chuté de 6,6%, tombant à 1,852 milliards d'euros au troisième trimestre. Novo Nordisk, numéro 1 dans ce domaine thérapeutique, a réduit fin octobre ses prévisions 2016 pour la seconde fois de l'année.

Novo Nordisk et Sanofi taillent dans leurs effectifs

En difficulté dans ce domaine thérapeutique, les deux sociétés taillent dans leurs effectifs. Le groupe français a récemment fait part de son intention de supprimer 20% de ses emplois dans ses activités diabète et maladies cardiovasculaires aux Etats-Unis, dans les fonctions commerciales et support, sans préciser le nombre de postes que cela représente.

Novo Nordisk pour sa part a annoncé en septembre la suppression de 1.000 postes en raison d'un environnement concurrentiel devenu plus difficile, en particulier aux Etats-Unis.

De nouveaux antidiabétiques pour se relancer

Par ailleurs, la concurrence entre les deux groupes est amenée à s'intensifier dans les mois à venir : le Xultophy de Novo Nordisk et le Soliqua de Sanofi (une association du Lantus et du GLP-1 Lyxuma qui a été approuvé par l'Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments, lundi 21 novembre) arrivent sur le marché américain. Ces deux traitements sont une insuline de longue durée. Grâce à une molécule dénommée GLP-1, qui stimule la production d'insuline dans le pancréas "Il s'agit du traitement le plus efficace qu'on ait vu sur le diabète en une injection", assure Eric Le Berrigaud, partenaire chez Bryan Garnier & Co, une banque d'investissement..

Quoiqu'en difficulté, Sanofi reste optimiste. Un responsable du groupe pharmaceutique français a expliqué à Reuters, mi-novembre, attendre un retour de la croissance dans le diabète vers 2020.

(J-Y.P avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 29/12/2016 à 11:11 :
Servier, Sanofi, voilà des multinationales aux dirigeants ouvertement irresponsables et incompétents, assistés étatiques permanents mais par milliards eux hein, qu'on laisse en place sachant parfaitement qu'il y a 9 chances sur 10 qu'ils détruisent leurs outils de production. Et ce sont les salariés qui vont payer la bêtise avérée de ces gens là.

Quel système d'hypocrites.

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