Une piste (sérieuse) pour soigner l'obésité

Florence Pinaud

Florence Pinaud
En améliorant les techniques de séquençage, l'analyse génétique gagne l'ensemble de notre corps. Après notre ADN, les généticiens se sont penchés sur nos tumeurs cancéreuses.
Dernier en date : le séquençage des flores intestinales et pulmonaires - appelées microbiotes -, ces colonies de bactéries inoffensives qui peuplent nos organismes. Grand sujet à la mode, le microbiote est désormais soumis à la question génétique. Comme il est composé de centaines d'organismes bactériens, on l'analyse par bioinformatique afin d'en distinguer les grandes lignes.
Et, alors qu'il a longtemps fallu passer par la culture bactérienne en laboratoire pour en voir la composition, il est désormais séquencé directement dans l'organisme en métagénomique. On le (re) découvre régulièrement : le microbiote influence directement notre état de santé.
Il commence même à être considéré non plus comme une flore parasite, mais comme une sorte d'organe vital. Établi à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, l'Institut de cardiométabolisme et nutrition (Ican) travaille sur la composition du microbiote intestinal et son évolution dans le cadre de problèmes de santé. Il a déjà mis au jour l'absence de certaines bactéries chez les personnes souffrant d'obésité.
Facturées 1.000 euros, les analyses métagénomiques permettent de multiplier les recherches sur le sujet.
Émanation de l'Inra, la startup Enterome développe les premiers médicaments du microbiote pour soigner une inflammation chronique des intestins, la maladie de Crohn. Avec 25 salariés établis à Paris, Enterome s'apprête à commercialiser un kit diagnostic pour suivre facilement l'évolution de la maladie, entre deux coloscopies. En deux ans, la startup a levé 17 millions d'euros et son candidat médicament pour traiter le déséquilibre bactérien observé dans la maladie de Crohn entre en essai clinique.
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Face à cet engouement de la recherche, on peut imaginer que l'analyse de nos flores intestinales donnera lieu un jour à une médecine et même à une alimentation personnalisées. Quant au microbiote pulmonaire, il est le dernier chouchou des chercheurs. Une étude vient de montrer que le développement précoce de cette flore permet d'éviter l'asthme allergique.
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Florence Pinaud
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