Electricité : les prix vont augmenter de 10% en août, après une hausse de 15% en février

Le bouclier tarifaire a été mis en place début 2022 afin de préserver les ménages d'une explosion des cours, liés entre autres à la guerre en Ukraine.
Reuters

Le bouclier tarifaire a été mis en place début 2022 afin de préserver les ménages d'une explosion des cours, liés entre autres à la guerre en Ukraine.
Reuters
[Article mis à jour le 18/07/2023 à 17:48]
4% en février 2022,
ceux-ci poursuivent donc leur croissance progressive, alors que l'exécutif cherche à limiter les dépenses publiques.Mis en place début 2022 afin de préserver les ménages d'une explosion des cours, liée entre autres à la guerre en Ukraine, le bouclier tarifaire « continuera » néanmoins de « protéger » ces derniers, a assuré le gouvernement...mais de manière moins efficace.
aison « tout-électrique » consommant 14 MWh par an, la facture augmenterait même de 278 euros (2.966 euros à 3.244 euros).

kilovoltampères ou moins (1,5 million).
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Sans surprise, les oppositions ont fustigé l'annonce. « C'est scandaleux, c'est honteux [...] Ce sont les ménages, les classes populaires et les classes moyennes qui vont payer », a pointé le patron du Parti communiste Fabien Roussel, devant la presse. La cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a dénoncé sur Twitter « un gouvernement aussi inutile contre l'inflation que contre le changement climatique ».
C'est « tout à fait anormal que le gouvernement annonce une hausse aujourd'hui alors que rien dans nos coûts de production ne le justifie », a quant à lui tancé en conférence de presse le patron des députés LR, Olivier Marleix.
De son côté, le président du groupe indépendant Liot, Bertrand Pancher, a appelé en conférence de presse à « cibler le bouclier tarifaire » et « accentuer les aides pour les familles qui en ont le plus besoin, et peut-être les diminuer pour ceux qui en ont le moins besoin », alors que la même ristourne s'applique aujourd'hui à tous les Français quelle que soit leur situation.
Il y a quelques jours, trois économistes du Conseil d'analyse économique (CAE) affirmaient d'ailleurs qu'il était temps de modifier le ciblage du bouclier, en excluant du dispositif les 20% de ménages les plus aisés. Une mesure qui permettrait « de faire des économies budgétaires de 5 à 6 milliards d'euros », selon les chercheurs. L'an dernier, Bercy, avait bien étudié la possibilité de moduler le mécanisme en fonction des revenus par foyer, afin d'en faire davantage profiter les plus modestes. Mais l'option avait finalement été abandonnée, pour des questions pratiques notamment.
Mardi, le gouvernement a défendu ses choix : même après le mois d'août, les Français « bénéficieront toujours des tarifs parmi les plus bas d'Europe », a-t-il tenu à rassurer. Jusqu'ici, au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Belgique, les factures d'électricité payées par les consommateurs se sont en effet avérées plus élevées.

», afin «
de revenir aux tarifs de marché», confiait récemment un ministre.
Or,
même après 2024, l'évolution des cours reste très incertaine, alors qu'EDF doit toujours faire face à la découverte d'un défaut de corrosion dans plusieurs de ses réacteurs atomiques, l'obligeant à contrôler l'ensemble de son parc.
D'autant que le rattrapage de ce bouclier pourrait finir par gonfler les factures, même en cas d'accalmie prolongée, comme nous l'expliquions lundi. Dès le début, l'exécutif a en effet prévenu que ces dispositifs ne s'apparentaient pas à une subvention. Or, selon le ministère de l'Economie, le bouclier tarifaire a déjà coûté 24 milliards d'euros en 2022 et devrait peser 16 milliards d'euros en 2023. Et si l'on en croit le rapporteur général du Budget au Sénat, son coût cumulé pourrait même atteindre 170 milliards d'euros à l'horizon 2027 !
Pour l'électricité, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a ainsi déjà estimé en février le montant du rattrapage afin d'entamer le remboursement du bouclier tarifaire, intégré dans son calcul du TRVe. C'est d'ailleurs en partie la raison des revalorisations significatives qu'elle propose, non suivies par l'exécutif pour l'instant.
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Reste à savoir combien de temps durera ce mécanisme - qui s'apparente donc, pour l'heure, davantage à des subventions qu'à un lissage -, et si une nouvelle revalorisation sera décidée en février 2024. Mais aussi, bien sûr, si un rattrapage aura finalement lieu alors que, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, « chaque euro compte » pour équilibrer le budget de l'Etat.