Grève : pourquoi la colère sociale épargne (pour l’instant) Engie
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De manière globale, les salariés d'Engie se mobilisent très peu.
STEPHANE MAHE
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De manière globale, les salariés d'Engie se mobilisent très peu.
STEPHANE MAHE
A l'origine du mouvement social en cours, le secteur de l'énergie se trouve en première ligne ce mardi 18 octobre pour la journée de grève interprofessionnelle organisée à l'appel de la CGT. Et pour cause, ces dernières semaines, les fortes mobilisations des salariés dans les raffineries de TotalEnergies ou d'ExxonMobil ont fait figure de détonateur : après la « solution réquisition » dégainée par l'exécutif, la grogne pourrait bien s'étendre à d'autres sites stratégiques pour l'approvisionnement en gaz, pétrole ou électricité du pays. « Élargissons le mouvement dans toutes les entreprises de l'énergie », enjoint ainsi la CGT mines-énergie dans un tract, avant de citer GRDF, Enedis, EDF et TotalEnergies. Plusieurs centrales nucléaires d'EDF se trouvent d'ailleurs d'ores et déjà confrontées à des blocages, malgré l'urgence de réouverture des réacteurs avant l'hiver.
Mais dans cet appel à la mobilisation qui se veut général, l'un des trois géants français de l'énergie fait figure de grand absent : nulle part dans le prospectus n'est directement mentionné le groupe Engie (en-dehors de sa filiale GRDF). Pourtant, l'entreprise a concentré les débats lors de la bataille estivale sur les superprofits, aux côtés de TotalEnergies ou CMA CGM. Avec des résultats exceptionnels de 5 milliards d'euros au premier semestre de 2022 (contre 2,3 milliards un an plus tôt) et un chiffre d'affaires en hausse de 72%, celle-ci a profité de la flambée des prix de marché liée notamment à la guerre en Ukraine. En témoigne le succès de sa business unit Global Energy Management (GEM), c'est-à-dire le portefeuille d'actifs du groupe en électricité, gaz naturel, produits environnementaux et autres matières premières, qui a contribué à hauteur d'1 milliard d'euros au résultat d'exploitation global, contre 200 millions l'année passée !
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De quoi « tendre le climat social », alors que la direction « reste très frileuse par rapport à la revalorisation demandée des salaires », estime Arnauld Prigent, représentant de la CFTC chez Engie. « Le groupe se trouve dans une situation de bénéfices, certes moins forte que TotalEnergies, mais conséquente. Or, pour l'instant, toute réelle augmentation générale du fait de l'inflation est refusée », fait-il valoir. Comment se fait-il alors qu'aucun mouvement global de contestation ne semble, pour l'heure, émerger au sein de l'entreprise, contrairement à ce qu'il se passe dans plusieurs sites de TotalEnergies ou d'EDF ?
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