L'éolien en France  : un vivier d'emplois encore dépendant des politiques publiques

Premier employeur dans le secteur des énergies renouvelables en France, l'éolien se targue d'une dynamique d'emploi à l'épreuve de la crise. Reste que le secteur dépend encore beaucoup de l'impulsion politique.

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(Crédits : Pascal Rossignol/Reuters)

« Travailler sur ces grandes structures en hauteur, c'est assez impressionnant », s'enthousiasme Titouan Durand, 20 ans, qui se forme à la maintenance éolienne à l'IUT de Tarbes (Occitanie). « Il y a de la mécanique, un peu d'hydraulique, de l'électrique... C'est très général, ça permet de voir un petit peu tout ». En alternance à Amiens (Hauts-de-France) chez Siemens Gamesa, il se dit rassuré par « les engagements pris par les entreprises et l'État » en matière d'énergies renouvelables. « On est à peu près certain qu'on continuera à trouver du travail », estime-t-il.

Quelque 2.000 emplois éoliens supplémentaires ont été créés en 2019 en France, répartis sur plus de 900 sociétés. En 2020, le secteur représentait 20.000 emplois directs et indirects, une augmentation de plus de 25% par rapport à 2016, selon France Énergie Éolienne (FEE), qui souligne que « la filière est le premier employeur dans le secteur des énergies renouvelables à l'échelle nationale ». « D'une part on continue à investir dans l'éolien, d'autre part il y a des emplois de maintenance, qui correspondent à la quantité d'éoliennes en fonctionnement », détaille Philippe Quirion, directeur de recherches dans l'économie de l'énergie au CNRS.

L'expert s'attarde sur ce volet de la maintenance. « Il y a davantage d'emplois en maintenance dans l'éolien que dans le solaire par exemple, car il y a plus de pièces mobiles et donc de l'usure », explique le chercheur, ajoutant que la construction des composants éoliens est essentiellement localisée en France, contrairement aux équipements photovoltaïques. Des emplois aux nombreux avantages. Ils sont « hautement qualifiés, non délocalisables et s'inscrivent dans la durée, soit a minima vingt à vingt-cinq ans », met en avant FEE. Et de préciser qu'il est néanmoins difficile aujourd'hui de recruter des techniciens pour l'exploitation et la maintenance des parcs.

Lire aussi : Quand l'éolien en mer stimule la relance à terre

Subventions indispensables

« Entre 2014 et 2019 on a eu environs 1,4 GW supplémentaires par an installés, soit entre 40 et 50 nouveaux parcs par an. Ce qui explique que l'ensemble des marchés et des emplois éoliens aient augmenté », précise Lilian Carpene, économiste réseaux et énergies à l'ADEME. La programmation pluriannuelle de l'énergie prévoit le doublement des capacités d'éolien terrestre installées d'ici à 2028. « Si on prend cet objectif et qu'on fait une simulation du nombre d'emplois créés, on arrive à un peu plus de 18.000 emplois directs, soit un peu plus de 20% », estime l'expert.

Les politiques publiques soutiennent la filière, explique-t-il, via des tarifs d'achat ou des compléments de rémunération. Au moment où de plus en plus de parcs deviennent rentables, ces soutiens restent « indispensables » pour la majorité du secteur, afin de susciter l'investissement et valoriser ces moyens de production par rapport aux moyens conventionnels. « On aura une situation de stabilité de l'emploi s'il y a une stabilité de la politique », souligne Philippe Quirion, également membre de l'association d'énergéticiens militants négaWatt.

Lire aussi : Feuille de route énergie: plus d'éolien en mer, un peu moins sur terre

Potentiel de reconversion

Selon les études menées par l'association négaWatt mais aussi par l'ADEME, la création d'emplois dans les énergies renouvelables pourra « compenser » les emplois supprimés dans les énergies fossiles. « Ce qui ne veut pas dire que quelqu'un qui perd son emploi dans une raffinerie va pouvoir être embauché dans l'éolien », souligne Philippe Quirion. « Mais il y a des cas où les transitions sont faciles. Par exemple sur l'éolien maritime flottant, la technologie est largement la même que pour faire des plateformes pétrolières off-shore. Il y a des potentiels de reconversion ».

Selon les derniers chiffres de France Énergie Éolienne, qui regroupe 90% des acteurs du secteur en France, les emplois se répartissent à 31% dans les études et développement, 23% dans la fabrication des composants, 27% dans l'ingénierie et construction et 19% dans l'exploitation et maintenance. Les formations se sont elles aussi adaptées pour former les professionnels. On dénombre 220 établissements qui proposent des formations dans l'éolien, dont 70 dans l'enseignement supérieur, réparties dans 25 villes sur tout le territoire.

Lire aussi : Que deviennent ceux qui sortent des listes de Pôle emploi ?

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Commentaires 11
à écrit le 06/10/2020 à 16:58
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Nous ne voulons pas de ce gachis d'argent pollueur (plus de CO2 sur la durée de vie) et surtout laid et nuisible pour la santé du voisinage ! Le gouvernement veut en installer toujours plus en déniant tous les droits des habitants. On connait le M...

à écrit le 06/10/2020 à 12:32
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Indépendamment de tous les points soulevés, pour réguler la production d'électricité d'une éolienne il suffit de mettre les pales en drapeau....pas besoin de turbiner quoi que ce soit....

à écrit le 06/10/2020 à 11:34
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Le développement de l’éolien en France est un gâchis d’argent public, car notre électricité est déjà décarbonnée (nucléaire). Nous avons tout faux dans ce domaine: - l’éolien sur le cycle complet de vie émet bien plus de CO2 que l’hydroélectr...

le 06/10/2020 à 14:14
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Le nucléaire est décarbonné c'est vrai mais son cycle de vie est bien plus émetteur de CO2 que l'éolien (Génie civil impressionnant notamment, démantèlement, etc.) Il est dit dans l'article que les éoliennes sont faites en France, et en Allemagne, m...

le 06/10/2020 à 16:23
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Oui, l'éolien terrestre est bien à la fois un gâchis d'argent public et une aberration écologique ! Gâchis d’argent public d’abord! Il est largement alimenté par les points suivants : - priorité d'achat de la production à des tarifs élevés (impact...

à écrit le 06/10/2020 à 11:16
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L'éolien , un secteur "d'avenir" subventionné puisque non rentable et un eldorado pour les travailleurs détachés. La France se tire encore une balle dans le pied !

le 06/10/2020 à 20:04
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L'éolien est surtout un eldorado pour quelques petits malins qui profitent de la bêtise (ou pire dans certain cas) de certains élus, et qui ont fait fortune en exploitant un filon juteux grâce à la contribution forcée de tous les français. L'exempl...

à écrit le 06/10/2020 à 9:28
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Il ne faut pas oublier que c'est l'importance du secteur hydraulique qui permet de réguler les fluctuations des éoliennes.Aujourd'hui on peut turbiner ou pas .Augmenter l'éolien suppose donc de disposer d'une source additionnelle qui puisse varier ra...

à écrit le 06/10/2020 à 9:24
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Visiblement la rentabilité et son bilan "climat" passent au 2eme rang mais d'abord c'est la circulations de la monnaie qui les intéressent!

à écrit le 06/10/2020 à 9:08
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Il se dit qu'il faut installer 2 kw de centrale au gaz pour 3 kw d'éolien, en outre le rapport entre puissance installée et puissance produite par l'éolien est de l'ordre de 20%. Certes, l'énergie idéale n'existe pas et il est raisonnable de diversif...

à écrit le 06/10/2020 à 9:01
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La finance est conservatrice dans l'âme et quémandeuse d'argent public en permanence, il est bien évident qu'elle ne prendra plus aucun risque avec son pognon qu’elle a définitivement placé, détruit même on peut dire, dans ses paradis fiscaux. Pl...

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