Vivarte peine à vivoter, ses actionnaires se tendent

Six mois après le départ pour Carrefour de son PDG, Georges Plassat, le distributeur d'habillement et de chaussures (André, Naf-Naf...)change à nouveau de patron. Son président Antoine Metzger est sur le départ. Dans un entretien accordé à "latribune.fr", il explique la crise que traverse le groupe qui a connu trois LBO en douze ans.
Actionnaire de Vivarte, tout comme George Plassat, Antoine Metzger demeurera administrateur.
Actionnaire de Vivarte, tout comme George Plassat, Antoine Metzger demeurera administrateur. (Crédits : DR)

Vivarte, qui traverse une tempête, perd son capitaine. Six mois après la démission de son PDG, Georges Plassat, parti présider Carrefour, Antoine Metzger, ancien directeur financier du groupe d'habillement nommé PDG en janvier, est, à son tour, sur le départ. Il cède son fauteuil à l'ancien directeur général de Lancel, Marc Lelandais. "Les actionnaires de Vivarte se réjouissent de son arrivée, qui marque la volonté de dégager de nouvelles perspectives", indique un communiqué du groupe.

Pour Antoine Metzger, qui demeurera administrateur, quitter la présidence de Vivarte se fera sans regrets. "Après mûre réflexion, j'ai préféré prendre du recul", explique-t-il à "latribune.fr". Cet ancien de La Redoute a été le bras-droit de Georges Plassat pendant douze ans. Depuis 2000, il a connu trois rachats par LBO. Le dernier date de 2007. Et, cinq ans après, il sait ce que Vivarte devra affronter dans les prochains mois.

Contraction du marché de la dette

Car ses actionnaires - les fonds Charterhouse, Saguard et Chequers Capital - s'impatientent. Ils voudraient valoriser leur participation, soit par une cession, soit par une introduction en Bourse. Mais, depuis des mois, la conjoncture, la crise financière les en empêchent. Le groupe qui détient André, la Halle aux Chaussures et Naf-Naf doit faire face au retournement de la consommation en Europe. En France, le marché de l'habillement a perdu 6,4 % sur les cinq premiers mois de l'année 2012, selon les chiffres de l'Institut Français de la mode.

En Espagne, où Vivarte exploite 300 magasins et réalise 7 % des ses ventes, le marché est en chute libre. Résultat, les ventes de Vivarte sont en recul de 3 % environ depuis les six premiers mois de l'année 2012, après un exercice 2011 clos sur une progression de 4,6 %, à 3,2 milliards d'euros. Ce repli érode la rentabilité du groupe. Sa marge brute d'exploitation a perdu 0,5 point même si elle reste très coquette (15 %). Mais tout cela complique la tâche de Charterhouse, Chequers Capital et Saguard.

Les fonds en veulent 4 milliards d'euros

L'an dernier, les trois fonds caressaient l'espoir d'introduire Vivarte en Bourse. Ils en voulaient 4 milliards d'euros, cinq ans après l'avoir racheté 3,5 milliards d'euros à Paribas Affaires Industrielles. La crise financière de l'été 2011 aura eu la peau de leur projet. Et, depuis, les perspectives ne sont pas bonnes. Dans l'urgence, fin avril, Vivarte a rééchelonné 70 % ses 2,5 milliards d'euros de dettes à fin 2018. "Nous avons gagné trois ans", se félicite Antoine Metzger. Mais son ratio d'endettement sur Ebitda de 5,5 est encore loin des 2,5 à 3,5 qu'exige la Bourse. Dès lors, il faudra au groupe améliorer encore sa rentabilité. Et à ses actionnaires beaucoup de patience jusqu'à la bonne fenêtre de tir.

La part de Georges Plassat vaudrait 120 millions d'euros
Tous les actionnaires de Vivarte attendent de pied ferme une cession. Y compris l'équipe de management, qui détient 19 % du capital du groupe. Tous ont intérêt à ?uvrer pour que la rentabilité de Vivarte grimpe à nouveau et que son endettement se réduise. Tous, même Georges Plassat et Antoine Metzger. Le premier détient encore 8 % du capital de Vivarte. Le second en détient 1 %. Le capital du groupe est évalué à 1,5 milliard d'euros, par les fonds. La participation du patron de Carrefour pourrait potentiellement atteindre 120 millions d'euros.

 

 

 

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