Au nom de la “responsabilité sociétale", le PDG de Danone renonce à sa retraite chapeau

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(Crédits : Reuters)
Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, a mis l'accent sur la responsabilité sociétale de son groupe lors de l'assemblée générale des actionnaires jeudi, où prenait effet son abandon de sa retraite chapeau et de son indemnité de non concurrence.

En accord avec ses principes, tout en revendiquant une décision "strictement personnelle", le PDG de Danone Emmanuel Faber a confirmé jeudi qu'il renonçait à sa retraite chapeau de cadre pour ne plus bénéficier que de celle des salariés du groupe, avec effet au 25 avril 2019. Il a aussi renoncé à son indemnité de non-concurrence, en cas de départ. Selon France Inter, qui dit s'être basé sur les calculs d'un cabinet privé, Emmanuel Faber renoncerait ainsi à une retraite de 1,2 million d'euros par an, soit un total de 28 millions d'euros.

« Je n'ai pas besoin aujourd'hui dans mes réglages à moi de ce que l'économie de marché attribue à des patrons de grandes entreprises. Mais c'est mon réglage personnel », avait déclaré le PDG au micro de France inter plus tôt dans la journée.

Rémunération 2018 approuvée, soit 2,8 millions d'euros

Cette décision n'a pas été évoquée par les actionnaires durant l'assemblée générale, mais le patron de Danone a vu son mandat d'administrateur renouvelé et la résolution concernant l'approbation de sa rémunération en 2018, soit 2,8 millions d'euros, approuvée à près de 98%. Il a d'ailleurs salué ce vote d'un "Merci !" reconnaissant qui a provoqué les rires de la salle.

Les actionnaires ont par contre commenté cette annonce entre eux au buffet, autour d'un yaourt.

« Dans d'autres sociétés ils s'accrochent à ce genre de chose », constate Albert Lach, jeune retraité en veste verte qui assiste à sa troisième AG de la journée, en racontant avec humour celle de Renault en 2016 où les actionnaires, dont lui, ont rejeté la résolution sur le niveau de rémunération de Carlos Ghosn.

Pour lui, ne pas demander de clause de non-concurrence, « c'est une question d'honnêteté ». Cette décision va « renforcer l'image » de l'entreprise comme celle du PDG, estime-t-il.

La justice sociale, "seul enjeu légitime de la mondialisation"

Âgé de 55 ans, ce patron humaniste et atypique est coutumier de ce type de discours. Il s'était fait connaître du grand public par un discours iconoclaste devant les diplômés d'HEC en juin 2016 plaidant pour la justice sociale. Pour se préparer aux défis qui jalonneront les 100 prochaines années, le PDG de Danone estime donc qu'il faudra notamment lutter contre "la déshumanisation de l'économie". « Oui nous pensons qu'il n'y aura plus d'économie de marché sans justice sociale, que c'est le seul enjeu légitime de la mondialisation », a-t-il assuré.

« Les décennies de croissance économique auront épuisé les ressources de la planète avant d'étancher notre soif de posséder, notre modèle de production-consommation nous ayant entraînés dans une économie de "l'avoir" plutôt que de "l'être", avec pour conséquence "l'insoutenable concentration de la richesse dans le monde, véritable bombe à retardement », a t-il indiqué.

Selon le document de référence de l'entreprise, Emmanuel Faber aurait versé 2,5 millions d'euros à des associations caritatives en 2018.

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Commentaires
a écrit le 26/04/2019 à 18:36 :
Et Leur responsabilité écologique, pas prioritaire avec les pots pas en verre ?

Les chercheurs ont décompté un dépôt de plus 365 particules de microplastiques par mètre carré et par jour, un chiffre comparable à celui mesuré dans de grandes métropoles comme Paris.
https://www.techno-science.net/actualite/microplastiques-apportes-par-voie-atmospherique-pyrenees-N18409.html
Réponse de le 28/04/2019 à 8:04 :
Oui, le pot de yaourt en plastique est un symbole de notre société de consommation moderne du tout plastique, tout jetable. Le pouvoir français devrait aider Danone à franchir le pas en interdisant les pots de yaourt en plastique.
a écrit le 26/04/2019 à 11:05 :
Si c’est pour laisser au groupe ça ne sert à rien , autant que ça profite à la collectivité sociale , comme des actions humanistes en France pour débloquer des emplois ou autres .

Un bon exemple que le ministre du Travail ( ex- de Danone aussi )actuelle peut suivre en travaillant avec un salaire symbolique indexée sur l’inflation du salaire ouvrier pour l’état par exemple, vu qu’elle est millionnaire...

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