Aéroports : sortie de crise après 11 jours de grève

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Les 200 grévistes présents ont voté la reconduction de la grève. Le mouvement est toutefois sans grand impact sur le trafic pour les passagers, le gouvernement ayant fait appel aux forces de l'ordre pour remplacer les grévistes à Roissy.

Quatre syndicats d'agents de sûreté aéroportuaire ont signé lundi un accord de sortie de crise après onze jours de grève, a-t-on appris de sources syndicales. Les fédérations FO, CFTC, CFDT et Unsa du secteur ont décidé d'accepter les propositions du patronat, qui a offert une prime annuelle afin de sortir du conflit, ont indiqué à l'AFP des responsables syndicaux.

"Nous avons pris nos responsabilités, nous avons signé cet accord suite à la demande de très nombreux salariés qui souhaitaient sortir du conflit", a déclaré à l'AFP Erik Biro, secrétaire général de l'Unsa-FMPS.

"Nous leur demandons maintenant de reprendre le travail. Grâce à cet accord nous avons fortement limité la casse, même s'il n'a pas atteint les objectifs par rapport à nos revendications initiales", a-t-il poursuivi.

"La grève a pris une tournure très difficile ces quatre derniers jours. Nous avions atteint une forme d'enlisement. Il fallait en sortir très vite. Beaucoup de salariés étaient très fatigués et à bout de nerfs", a-t-il dit encore.

M. Biro a aussi déploré "l'atteinte à la grève" faite par le gouvernement en remplacement des grévistes par des forces de l'ordre, ce qui était "inédit" et pose des problèmes juridiques.
"Les négociations étaient bloquées, le patronat a rouvert une fenêtre de négociations, et après consultation de notre base, nous constatons que les propositions sont mieux que rien", a expliqué de son côté Thierry Fressart, de la fédération services CFDT.

Des négociations s'ouvriront au premier semestre 2012 pour fixer les modalités de l'augmentation de la prime proposée par le patronat, a-t-il précisé. De son côté, la CGT, non signataire, a fait savoir qu'elle allait "consulter ses bases".

"Le sens des responsabilités" salué

Le Syndicat des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire (Sesa, patronat) a souligné lundi "le sens des responsabilités" des organisations syndicales après la signature par quatre d'entre elles du protocole d'accord permettant la fin du conflit des agents de sûreté .

"Le protocole de fin de conflit a été signé par quatre organisations syndicales: l'Unsa, la CFDT, FO et la CFTC", a dit à l'AFP le président du Sesa, Patrick Thouverez. Ce protocole "permet aux agents de sûreté de bénéficier d'une prime annuelle de 1.000 euros, d'une négociation qui débutera en janvier sur l'amélioration des conditions de travail" et de la sécurité de l'emploi pour les salariés en cas de changement de prestataire, a-t-il assuré.

"Le Sesa souligne le sens des responsabilités des organisations syndicales signataires, grâce auxquelles les avancées ont été possibles", a-t-il ajouté. Il a estimé qu'il faudrait sans doute un ou deux jours aux salariés, qui réclamaient initialement une augmentation de leur salaire de 200 euros et non une prime, pour "digérer" cet accord.

11ème jour de grève

Un peu plus tôt dans la journée, les agents de sûreté aéroportuaire, en grève depuis le 16 décembre, avaient décidé lundi matin de reconduire le mouvement, lors d'une assemblée générale à Roissy-Charles-de-Gaulle, a constaté un journaliste de l'AFP.

Interrogés sur les suites à donner au conflit, la majorité des quelque 200 grévistes présents ont voté à main levée en faveur de la poursuite la grève, lancée pour obtenir une revalorisation salariale.

Le mouvement était toutefois sans grand impact sur le trafic pour les passagers, le gouvernement ayant fait appel aux forces de l'ordre pour remplacer les grévistes à Roissy. Le vote de l'assemblée générale est survenu alors que l'offre d'une prime annuelle, proposée par le patronat, ont fait naître des dissensions entre les syndicats, notamment entre l'Unsa qui envisage de signer un accord et la CGT, qui s'y oppose.

Les agents réclament une hausse de 200 euros de leur salaire mensuel, qui se situe en moyenne entre 1.100 et 1.600 euros. Le Syndicat des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire (Sesa, patronat) propose de porter à un mois de salaire le montant de leur prime annuelle, sous certaines conditions.

Le mouvement d'agents de sûreté n'entraîne "pas de répercussion particulière" sur le trafic et la situation était "normale" lundi à Roissy où sont attendus 75.000 passagers, a indiqué un porte-parole d'Aéroports de Paris (ADP).

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Commentaires
a écrit le 26/12/2011 à 18:04 :
Il est temps que les grévistes comprennent qu entraver la liberte des citoyens est illégales. La greve est has been. Les salaries doivent se separer des syndicats qui les manipulent politiquement. Il y a d autres moyens que la greve pour negocier avec son patron
Réponse de le 27/12/2011 à 13:30 :
je veux bien que tu me dises ta recette.. obejctifs qui augmente chaque année de 15%, tenus à chaque fois, pas d'augmentation pour autant.. et mon cas n'est que le reflet de la situation de notre entreprise qui elle se porte très bien, administrateurs y compris!
Réponse de le 27/12/2011 à 14:32 :
100% avec banco
a écrit le 26/12/2011 à 15:12 :
En quoi peut-il y a voir atteinte au droit de grève puisque les employés ne travaillant pas ne sont pas payés et les employeurs ne travaillant pas n'ont pas pu mettre d'autres employés à la place et n'ont donc pas été payés ? Qu'est-ce que cette "logique" qui ferait des employés les "propriétaires" du droit de passage des clients des aéroports ?

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