Faute d'argent frais, Alitalia risque d'être clouée au sol dans peu de temps

 |   |  478  mots
Rome tente de convaincre des entreprises publiques italiennes de participer au sauvetage d'Alitalia
Rome tente de convaincre des entreprises publiques italiennes de participer au sauvetage d'Alitalia (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Faute d'argent frais, la compagnie italienne risque le dépôt de bilan. En retard dans ses paiements de carburant, Alitalia pourrait cesser de voler dans quelques jours. Rome cherche désespérément une solution.

Tic tac, tic tac, tic tac, le compte à rebours de la survie d'Alitalia est lancé. Selon l'agence Reuters, citant un proche du dossier, la compagnie italienne « risque de ne plus être en mesure de voler dans 4 ou 5 jours ». La compagnie est déjà en retard de paiement de ses factures carburant au groupe pétrolier ENI. D'autres fournisseurs ne sont pas payés.

Comme Swissair ou Sabena, Alitalia risque de devoir déposer son bilan si elle ne parvient pas dans les semaines à venir à conclure un accord sur son projet d'augmentation de capital, assure Reuters, citant des sources gouvernementales. Le patron d'ENI, Paolo Scaroni, a ainsi prévenu lundi que son groupe "ne peut pas augmenter le crédit à une société dont l'avenir ne nous semble pas assuré. Si elle ne reçoit pas la confiance de ses actionnaires, nous ne pouvons pas la tenir en vie avec notre carburant".

Selon les agences italiennes, l'Autorité italienne de l'aviation civile (Enac) veut convoquer dans les prochains jours Alitalia pour vérifier ses capacités de "continuité opérationnelle".

Air France pose des conditions strictes

Du coup, le premier ministre italien, Enrico Letta essaie de forcer la main des entreprises publiques pour qu'elles investissent dans Alitalia afin de faciliter un rapprochement avec Air France-KLM ou une autre compagnie aérienne. Le gouvernement tente également de convaincre les actionnaires actuels de participer à l'augmentation de capital pour éviter une crise de liquidités d'Alitalia et lui permettre d'attirer un partenaire industriel.

Air France-KLM est prêt à franchir le Rubicon mais à des conditions très strictes (pas de reprise de dettes, nouveau plan industriel, plus de pouvoir opérationnel). Le gouvernement italien et les autres actionnaires d'Alitalia espèrent qu'Air France-KLM finira par se résoudre à augmenter sa participation. La semaine dernière, Air France-KLM a voté contre le projet d'augmentation de capital de plus de 100 millions d'euros. Car le plan industriel envisagé aurait pour conséquence d'augmenter la dette de la compagnie italienne, qui s'élève déjà à près d'un milliard d'euros.

Une nouvelle réunion entre la direction d'Alitalia et le gouvernement italien devait avoir lieu ce mardi afin de tenter de trouver une solution au moins provisoire pour la compagnie, considérée par Rome comme un actif stratégique.

Le "oui, mais" de Frédéric Cuvillier

Lundi, dans un entretien à Reuters, le ministre français des Transports, Frédéric Cuvillier, a estimé qu'une prise de contrôle d'Alitalia par Air France-KLM aurait "du sens" à condition qu'elle ne remette pas en cause le redressement du groupe franco-néerlandais lui-même.

De son côté, Salvatore Mancuso, actionnaire et vice-président d'Alitalia, s'est prononcé, dans un entretien au quotidien Il Messaggero, contre une reprise par Air France-KLM, jugeant qu'elle impliquerait une lourde restructuration et une remise en cause du rôle de l'aéroport de Rome-Fiumicino.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/10/2013 à 13:11 :
il y a trop de compagnies surtout en europe

surtout qu'air france n'aille pas se mettre dans ce guêpier
a écrit le 08/10/2013 à 22:37 :
Ah ! Le feuilleton Alitalia recommence ! Et si on remet en cause la base de Rome Fiumicino, maintenant que Milan Malpensa n'accueille presque plus de vols Alitalia, je vois mal d'où vont partir les avions italiens : de CDG ou d'Amsterdam ?
a écrit le 08/10/2013 à 22:03 :
Le PDG d'Air France devrait attendre un peu. .. avant d'entamer des negotiations.
Réponse de le 09/10/2013 à 7:21 :
Srtout ne pas compromettre le redressement d'AirFrance actuellement en cours et attendre pour r?cup?rer des lignes disponibles, ? condition de pouvoir les rentabiliser
a écrit le 08/10/2013 à 20:49 :
Les chemins de fer rentrent dans le capital d'Alitalia en partenariat avec Airfrance-Klm, l'état italien dégage la dette d'Alitalia d'une façon ou d'une autre, sépare l'activité au sol dont manifestement AirFrance ne veut pas, et AirFrance en contrepartie prend le controle opérationnel de la compagnie italienne, maintien l'activité sur Rome, et met en place des dessertes en train sur Roissy en partenariat avec les chemins de fer italien !!! ... on va tergiverser pendant des jours, voire des semaines, mais c'est ça, ou la faillite d'Alitalia, ce dont le gouvernement italien ne veut pas !!! Comme il n'y a pas d'alternative, sauf coup de tonnerre, on y arrivera de toute façon !!!
Réponse de le 08/10/2013 à 21:30 :
C'est une fiction ... réaliste, non ?
Réponse de le 08/10/2013 à 21:41 :
Laisser les dettes aux contribuables italiens, elles est bonne celle la !!! seriez vous d'accord si le cas était en sens inverse ? et pour coller un peu plus a la réalité seriez vous d'accord que l?état français considère Alcatel comme stratégique, et que pour sauver cette boite on la vende a une entreprise étrangère, et que l?état se colle les 4 milliards de dette d'Alcatel ?
A mon avis je connais déjà la réponse !! on socialise les pertes et on privatise les gains !
Réponse de le 08/10/2013 à 23:06 :
@bah voyons : Wait and See !! Au fait, Austrian n'a-t-elle pas été débarrassée de ses dettes avant d'être offerte sur un plateau à LH ?!?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :