Etihad Airways étudie le sauvetage d’Alitalia

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Etihad investit régulièrement dans les compagnies en difficulté
Etihad investit régulièrement dans les compagnies en difficulté (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La compagnie d'Abu Dhabi qui multiplie les prises de participations dans les transporteurs en difficultés, a confirmé être en discussions avec le transporteur italien pour, selon Reuters, investir 300 millions de dollars.

C'est enfin confirmé. Etihad Airways, la compagnie d'Abou Dhabi confirme être en discussions avec Alitalia, qui a un besoin urgent de trouver un partenaire solide pour se sauver."Etihad Airways est en discussions avec Alitalia. Nous n'avons aucun autre commentaire à faire pour le moment", a déclaré la compagnie du Gofe dans un communiqué. Selon l'agence Reuters qui cite, une source politique proche du dossier Etihad réfléchit à un possible investissement de 300 millions d'euros dans Alitalia.

Recapitalisation

Alitalia vient de boucler une augmentation de capital de 300 millions, somme qui était nécessaire pour la survie à court terme du transporteur, qui devra néanmoins rapidement trouver un partenaire disposé à investir dans le renouvellement de sa flotte et à assurer sa rentabilité sur le long terme.

Air France-KLM de retour dans le jeu?

Selon Reuters, d'autres options restent sur la table, dont un possible réengagement d'Air France-KLM. Le groupe français, jusqu'à il y a peu actionnaire à hauteur de 25% de la compagnie italienne, a vu sa participation diluée mais après une augmentation de capital de 300 millions à laquelle Air France-KLM n'a pas voulu participer en raison de l'absence de solution pour épurer une dette d'environ un milliard d'euros et de divergences sur le plan industriel.

"Il est possible qu'Air France-KLM revienne dans le jeu (...)", a déclaré cette source politique à Reuters. "Pourquoi pas, explique un observateur. Air France-KLM et Etihad se connaissent depuis la mise en place de leur coopération commerciale. Resterait néanmoins à définir une gouvernance".

Multiples prises de participations

Etihad, en pleine expansion, détient des participations minoritaires dans Air Berlin (29%),  Air Seychelles (40%), Virgin Australia (19,9%) et Aer Lingus (3%). Elle a également reçu l'approbation réglementaire pour acquérir 24% de Jet Airways en Inde, et à partir de janvier 2014, l'acquisition de 49% d'Air Serbia. Une stratégie qui ressemble par certains égards à celle de Swissair au début des années 2000, avec néanmoins une grosse différence : propriété d'Abu Dhabi, Etihad n'a pas de soucis financiers.

Récemment, la presse polonaise a rapporté que le propriétaire de la compagnie aérienne colombienne Avianca envisageait de faire une offre sur Alitalia ou sur la compagnie polonaise Lot.

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a écrit le 20/12/2013 à 14:43 :
L'industrie et la distribution du marché d'Europe continentale tombent aux mains des pétrodollars, une telle dépendance est inquiétante. Tant que nos autorités laissent faire, pourquoi s'arrêteraient-ils?
a écrit le 20/12/2013 à 14:31 :
L'industrie et la distribution du marché d'Europe continentale tombent aux mains des pétrodollars, une telle dépendance est inquiétante. Tant que nos autorités laissent faire, pourquoi s'arrêteraient-ils?
a écrit le 20/12/2013 à 9:15 :
La stratégie d'Etihad est intéressante, rappelant effectivement celle de Swissair, mais avec un évident avantage économique dans son déploiement.
La visibilité sur ses prises de participations majeures, et donc son poids au sein des conseils d'administration, est encore limitée, mais Etihad peut s'enorgueillir d'une stratégie offensive et collaborative, puisqu'elle ne rachète pas à tout va pour absorber (parfois en raison de limites de participation légale).
Le cas Alitalia est évidemment complexe, un dossier miné depuis de nombreuses années dans lequel de nombreux investisseurs ont souhaité investir, avant de renoncer. Alitalia doit, pour assurer sa survie, prendre des décisions industrielles fortes, difficiles et douloureuses, mais qui sont primordiales. Sans cela, la situation économique restera semblable à celle d'aujourd'hui et la compagnie continuera de péricliter et de souffrir d'une image peu reluisante dans l'industrie du transport aérien.
Réponse de le 20/12/2013 à 12:02 :
La comparaison avec Swissair n'est pas pertinente. Outre que son nom n'était pas adéquat, cette société étant plus une Air Suisse Allémanique que helvétique "nationale". Par ailleurs, sa tentative de grossissement (qui s'est conclue, comme toutes les petites compagnies de cette sphère; par un rachat par Lufthansa) était vouée à l'échec. Le regroupement des compagnies ouest européennes était (est ?) pertinent. Encore faut il partir d'une surface non nulle; à cet égard, heureusement (pour elles) que KLM et Air France se soient rapprochées. Les réseaux de Swissair, Sabena,... étaient souvent plus en concurrence qu'en complémentarité. Etihad n'a pas la même approche; mais si ces entrées capitalistiques lui permettent de "tordre" les conditions à son profit (ce que les règles d'exploitation ne lui permettraient pas), "ça peut marcher".
Réponse de le 20/12/2013 à 12:18 :
@pm la comparaison avec SR est très pertinente. Seule différence de taille qu'ils ont des grosses poches et pleines.
Réponse de le 20/12/2013 à 18:54 :
@AF il faut choisir: pertinente (petite compagnie condamnée à grossir pour ne pas disparaître (loupé))? ou différente (Etihad semblant ne chercher que des acquisitions capitalistiques, et non opérationnelles) ?
a écrit le 20/12/2013 à 8:38 :
Paradoxalement, l'entrée de Etihad au sein d'Alitalia pourrait etre un coup dur pour Air France..qui serait forcé de revenir dans le jeu pour ne pas perdre de visibilité commerciale avec l'Italie qui reste tout de meme un marché intéressant.
Réponse de le 20/12/2013 à 11:50 :
Sauf si... il y a "connivence" entre Etihad et Air France...
Par ailleurs, une (trop) forte coopération Air France/Alitalia pourrait engendrer un "abus de position dominante"; que Bruxelles règle en faisant rétrocéder des créneaux... à la concurrence...
De plus, si Etihad aquiert la capacité d'éviter la distribution des "droits de 5° liberté" à ses concurrents (Emirates, ou d'autres), ce n'est pas Air France qui s'en plaindra.
Réponse de le 20/12/2013 à 11:53 :
Tout à fait d'accord avec vous, toutefois est-ce que la situation actuelle du groupe Air France-KLM leur permettra de le faire ? Rien n'est moins sûr au regard des difficultés actuelles du groupe, qui tente de rebondir via le plan Transform.
Alitalia est un investissement risqué.

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