L'année 2018 commence un peu comme elle s'était finie : sur des menaces de grèves de la part des pilotes. Si celles-ci émanaient fin décembre du SNPL national, la structure du syndicat des pilotes de ligne qui chapeaute l'ensemble des bureaux présents dans chaque compagnie aérienne basée en France, elles sont aujourd'hui le fait de la section Air France du SNPL mais aussi du SPAF et d'Alter. Ces trois syndicats menacent d'appeler à la grève le jeudi 11 janvier, reprochant à la direction son attitude envers un commandant de bord qui avait refusé de décoller faute d'un chef de cabine "compétent".
Dans un communiqué commun publié ce jeudi 4 décembre, ils dénoncent le "débarquement" mardi 2 janvier par la compagnie d'un commandant de bord qui a refusé "pour des raisons de sécurité" d'effectuer un vol au départ d'Orly "avec une composition équipage dégradée", selon eux. En remplaçant "contre son gré" ce commandant de bord, la direction "a choisi, de manière inédite, de piétiner cette règle fondamentale", qui confie "au commandant de bord exécutant un vol, la responsabilité de la mission". Elle "bafoue les dispositions du Code des transports et du Code de l'aviation civile relatives aux prérogatives des commandants de bord", estiment les syndicats, en ajoutant que les pilotes "ne sauraient accepter d'exercer leur métier sous la pression d'un management qui fait passer les questions de rentabilité loin devant la sécurité des passagers, des membres d'équipage et des aéronefs".
Les syndicats ont demandé que la direction "reconnaisse que cette décision n'était pas conforme au respect des prérogatives des commandants de bord" et "rappelle le périmètre" des prérogatives de l'encadrement. Ils demandent aussi que soient modifiées des "dispositions litigieuses" du manuel d'exploitation d'Air France qui pourraient donner lieu à des "interprétations" concernant ces prérogatives.
Si "aucune réponse satisfaisante" n'est apportée, les trois syndicats "appelleront les pilotes à cesser le travail" le 11 janvier. Un préavis de grève devait être déposé dans la journée, a précisé à l'AFP Philippe Evain, président du SNPL.
Une interprétation que ne partage pas la direction. Selon elle, ce qui s'est passé mardi n'a en aucun cas remis en cause les prérogatives du commandant de bord ou la sécurité des vols.
Il y a en effet des divergences d'interprétation.
Pour le président du SNPL, Philippe Evain, en l'absence d'un "chef de cabine qualifié" pour un vol au départ d'Orly, la direction a voulu "désigner un steward pour exercer cette fonction", c'est-à-dire "quelqu'un qui n'a pas l'étoffe pour ce rôle capital" en cas d'incident, d'évacuation, a expliqué M. Evain. Le pilote a, lui, demandé "un chef de cabine compétent" et proposé d'attendre "qu'il y en ait un de réserve disponible" et la direction l'a "débarqué", a-t-il ajouté.
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Dans un courrier envoyé à tous les pilotes de la compagnie, Olivier Dulat, commandant de bord et directeur général adjoint en charge des opérations aériennes (une fonction que beaucoup résume à celle de "chef des pilotes"), a donné son explication des faits en précisant que le commandant de bord n'a pas été débarqué.
Des réunions entre la direction et les syndicats sont prévues la semaine prochaine pour tenter de désamorcer le conflit.
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