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Alitalia, Air Berlin : concentration en vue dans le ciel européen

Photo de Dominique Pialot

Dominique Pialot

Publié le 28 décembre 2017 à 16:13 - Mis à jour le 28 décembre 2017 à 16:25

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Selon plusieurs media, Alitalia, sous tutelle depuis mai dernier, tomberait bientôt dans l’escarcelle de Lufthansa tandis qu’IAG, qui regroupe notamment Iberia, British Airways et Vueling, s’emparerait de Niki, en situation de faillite comme sa maison mère Air Berlin.

D'après le quotidien italien Corriere della Sera, qui ne cite pas ses sources, la compagnie aérienne allemande Lufthansa serait favorite pour la reprise de la compagnie nationale italienne Alitalia.

Alitalia, qui emploie environ 11.500 salariés, a accumulé les pertes ces dernières années face à la concurrence des compagnies à bas coûts. Suite au rejet par les salariés d'un plan de restructuration prévoyant 1.700 suppressions d'emploi, elle a été placée sous tutelle le 2 mai dernier.

"En ce qui concerne l'avenir d'Alitalia, la destination d'arrivée semble être l'Allemagne", écrit le principal quotidien italien, même si "les chiffres ne sont pas encore bons et l'offre peut être améliorée".

2.000 licenciements envisagés

Selon le Corriere, Lufthansa ne reprendrait que la partie "vols" d'Alitalia, sans la maintenance, et ne conserverait que 6.000 des 8.000 personnes employées dans cette branche.

Cependant, les ministres italiens qui suivent ce dossier ainsi que les commissaires qui gèrent Alitalia depuis qu'elle est placée sous tutelle, auraient demandé de réduire de moitié ce chiffre de 2.000 licenciements envisagés dans la partie "vols".

"Les négociations sont en cours et les deux parties se rapprochent", affirme le journal, selon lequel le prix proposé par Lufthansa pose aussi problème, bien que sur ce sujet aussi "les positions se rapprochent."

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Une offre de 300 millions d'euros à améliorer

Alors que la première offre de Lufthansa était de 300 millions d'euros (...) les commissaires et le gouvernement lui demandent de monter jusqu'à 500 millions.

Interrogé lors d'une conférence de presse bilan de l'année, le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, ne s'est pas prononcé sur le détail des offres mais a prévenu qu'il reste encore des efforts à faire de part et d'autre.

"J'espère que les offres sur la table pourront être améliorées, et que le personnel comme les utilisateurs feront preuve d'un grand sens des responsabilités", a-t-il déclaré.

D'autres offres ont été déposées pour une reprise partielle d'Alitalia par la compagnie britannique à bas coût EasyJet et le fonds américain Cerberus Capital Management mais "Lufthansa est la solution qui semble offrir les meilleures garanties en termes de solidité financière", assure le Corriere della Sera. La compagnie allemande offre aussi "de meilleures perspectives pour un développement industriel à moyen terme", ajoute le quotidien.

La date butoir pour sa cession a été fixée au 30 avril 2018.

IAG seul en lice pour la reprise de Niki

Une autre compagnie européenne est actuellement à vendre. Niki, compagnie à bas coût filiale d'Air Berlin, a été placée en redressement judiciaire à la mi-décembre après la défection du géant Lufthansa qui souhaitait la reprendre en même temps que des parties d'Air Berlin. Le groupe allemand y a finalement renoncé après les réserves posées par l'autorité européenne de la concurrence.

Selon le quotidien autrichien Die Presse et l'agence allemande DPA, c'est le groupe hispano-britannique International Airlines Group (IAG), troisième transporteur aérien européen qui regroupe notamment Iberia, British Airways et Vueling serait désormais seul en lice pour négocier la reprise de Niki, insolvable comme sa maison mère.

Alors que la licence d'exploitation de Niki expire le 3 janvier 2018, son administrateur judiciaire a déclaré jeudi que les ultimes négociations se déroulaient avec un seul repreneur potentiel et que la vente devait être bouclée "dans les jours à venir". Il avait indiqué la semaine dernière que les "perspectives (étaient) bonnes" de trouver un repreneur, en insistant sur sa capacité à apporter immédiatement de l'argent frais pour faire redécoller Niki.

Niki Lauda jette l'éponge

Selon les media allemand et autrichien, l'offre d'IAG est la dernière à l'étude après que les offres de l'allemand Tuifly, du voyagiste britannique Thomas Cook et du fondateur de Niki, l'ex-pilote de F1 Niki Lauda, auraient été rejetées. L'ancien champion de course automobile, principal concurrent de IAG selon Die Presse, a lui-même annoncé jeudi avoir été mis à l'écart de la reprise de l'entreprise qui porte son prénom. "Je ne suis plus dans la course", a-t-il dit à Die Presse, "une vente à l'étranger comme ça se profile maintenant signifie un démantèlement. C'est une tragédie". Depuis, les 21 appareils de Niki sont au sol et l'avenir d'un millier de salariés reste en suspens.

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Selon Die Presse, relève IAG viserait en particulier les créneaux de décollage et d'atterrissage (slots) de Niki en Espagne, qui constitueraient une manne pour Vueling, compagnie espagnole à bas-coûts.

L'entreprise, contactée par l'AFP, n'a pas souhaité commenter ces informations.

(Avec AFP)

Dominique Pialot

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