La guerre des hubs ? Quelle guerre ? A en croire les panélistes de cette conférence dédiée à la concurrence que représente désormais l'essor des aéroports du Moyen-Orient pour les hubs (ces aéroports par lesquels transitent les passagers pour prendre des correspondances vers leur destination finale) traditionnels d'Europe et d'Asie), le sujet ne se pose pas vraiment en ces termes.
De fait, le trafic aérien mondial des passagers est amené à doubler d'ici à 20 ans, à 7 milliards de passagers, selon l'Association internationale du transport aérien (Iata), en raison notamment de l'émergence des classes moyennes en Asie. Le patron de Dubai Airports, qui fut auparavant aussi celui de l'aéroport londonien de Gatwick, estime qu'au Moyen-Orient, « nous sommes chanceux » comparé aux collègues européens et plus particulièrement britanniques, confrontés, eux, à des problèmes d'espace liés à la densité de la population. Dubaï a comptabilisé l'an dernier pas moins de 78,8 millions de passagers, dont 60 % en transit, et projette d'en accueillir 85 millions cette année.
Echo similaire du côté d'Edward Arkwright, directeur général exécutif, en charge du développement, de l'ingénierie, et de la transformation du Groupe ADP, pour qui la croissance du marché représente « une chance pour nous tous ». Et l'aéroport Roissy-Charles- de-Gaulle (65 millions de passagers) est bien placé pour en profiter dans la mesure où il ne connaît pas de problème de capacités. Avec ses quatre pistes, Roissy a la meilleure capacité du continent européen, avance-t- il. « Nos raisonnements doivent être ceux en marché en croissance et pas en marché fermé en déclin. »
Il n'empêche. La concurrence pour capter les passagers en transit est bien là. Dès lors, quelles armes sont susceptibles de les attirer ? La vitesse de la connexion est primordiale : « Cela ne fait aucun sens de choisir un hub qui allonge considérablement le voyage », rappelle Paul Griffiths. Pour ce dernier, la situation géographique, avantageuse dans le cas de Dubaï, est également un facteur de taille, au même titre que la qualité des infrastructures.
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Last but not least, le choix risque de se jouer au niveau de l'expérience passager. Si celui-ci doit parcourir de longues distances ou que ses bagages sont perdus, il aura tout le loisir de choisir la fois suivante un autre aéroport de transit. « En fin de compte, s'il doit y avoir des gagnants et des perdants dans la guerre des hubs, c'est le client qui les désignera », avance le directeur d'Aéroports de Dubaï. Reste que « le gagnant ne sera pas forcément celui qu'on imagine », avertit de son côté Edward Arkwright. Demain il y aura peut-être des hubs en Inde ou en Chine.... Une perspective à ne pas perdre de vue.
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