IAG vent de debout contre l'explosion des coûts de la troisième piste d'Heathrow
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Toby Melville
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Forcément opposé au projet de construire une troisième piste à l'aéroport londonien d'Heathrow qui accentuera la concurrence sur sa principale filiale, British Airways, le groupe IAG, propriétaire également d'Iberia, Vueling, Level et Aer Lingus, a publié ce mercredi un communiqué au lance-flamme pour dénoncer l'envolée des coûts de ce projet qui va entraîner une flambée des redevances aéroportuaires facturées aux compagnies aériennes. Ceci alors que Heathrow est déjà de loin l'aéroport le plus cher d'Europe.
Heathrow prévoit de construire à partir de 2021 une troisième piste qui sera opérationnelle pour 2026 afin d'accueillir 135 millions de passagers contre 78 millions aujourd'hui.
IAG explique dans une contribution à une consultation ouverte par l'autorité britannique de l'aviation civile (CAA) que le projet, avant même le début des travaux, coûte déjà 3,3 milliards de livres (3,6 milliards d'euros), bien plus que l'estimation première de 915 millions de livres.
Selon le groupe, le coût total va dépasser 32 milliards de livres (35 milliards d'euros) une fois l'ensemble des travaux terminés, loin des 14 milliards de livres prévus au départ par l'aéroport. Ce chiffre est connu. Alexandre de Juniac, le directeur général de l'association internationale du transport aérien (IATA) l'a déjà évoqué à plusieurs reprises dans le passé.
Cette inflation des coûts s'explique notamment par les contraintes environnementales accrues et des travaux complexes d'aménagement du réseau routier.
Le projet, qui suscite de nombreuses critiques quant à son impact sur l'environnement ou la qualité de vie des riverains, doit être financé par les propriétaires privés de l'aéroport, un consortium comptant entre autres le géant espagnol des transports Ferrovial mais aussi des fonds de pension et d'investissement américain et chinois.
La construction de la troisième piste a reçu le feu vert du précédent gouvernement conservateur en juin 2018 puis celui du Parlement britannique.
Mais le nouvel exécutif dirigé par Boris Johnson semble plus dubitatif et entend avoir son mot à dire sur cette extension et notamment sur son financement. "Je vais vraiment regarder de près les chiffres pour savoir si ça colle", a averti mi-août sur Sky News le ministre des Transports Grant Shapps.
Pour rappel, en 2015, lorsqu'il était maire de Londres, Boris Johnson avait déclaré que la troisième piste était vouée à l'échec. Un an plus tôt il nourrissait le projet de fermer Heathrow et de construire un immense aéroport à l'Est de Londres et au sud de l'estuaire de La Tamise, avait été rejetée en raison de son coût astronomique.
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Cette troisième piste constitue une mauvaise nouvelle pour British Airways. Solidement installée à l'aéroport de Londres-Heathrow et relativement protégée de la concurrence par la saturation dont souffre cet aéroport depuis près de 25 ans, la compagnie britannique sera confrontée à une concurrence beaucoup plus vive.
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