Les objectifs de décarbonation du transport aérien sont désormais clairement établis, reste désormais à trouver le moyen de les atteindre. Côté français, l'Ademe s'est lancée dans le jeu de la prospective et a tiré trois scénarios principaux : si l'un se base sur l'innovation technologique, les deux autres avancent l'hypothèse d'une modération du trafic pour atteindre le zéro émission nette pour le transport aérien.Le rôle de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) n'est pas de décider des politiques publiques, mais d'identifier les différents leviers d'actions possibles. Pourtant, le rapport « Elaboration de scénarios de transition écologique du secteur aérien », qu'elle a présenté le 27 septembre, fait la part belle à une ritournelle qui prend de l'ampleur : la neutralité carbone du transport aérien ne pourra pas se faire sans modération du trafic.
Cette « belle étude », telle que la présente Baptiste Perrissin Fabert, directeur exécutif de l'expertise et des programmes ainsi que directeur général délégué par intérim de l'Ademe, avait pour objectif d'identifier les options possibles pour réduire fortement l'empreinte carbone du transport aérien commercial en France (vols domestiques et vols internationaux au départ et à l'arrivée sur le territoire national), passagers et fret. Un périmètre qui représente 5,3 % des émissions de CO2 en France aujourd'hui.
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Les objectifs sont fixés, reste à déterminer les moyens
Après 21 mois de recherche et d'échanges parfois « un peu vifs mais constructifs » avec les différentes parties prenantes (acteurs de l'aérien, industriels, organisations environnementales), l'Agence a établi trois scénarios. Le premier se base uniquement sur l'amélioration de l'efficacité énergétique grâce aux apports technologiques, le deuxième se concentre avant tout sur la limitation du trafic et le dernier combine logiquement les deux axes précédents.
Baptiste Perrissin Fabert reconnaît que des engagements forts ont été pris par les acteurs du transport aérien pour tendre vers le zéro émission nette en 2050 et estime qu'il n'est plus désormais question d'objectifs mais de trouver des solutions. Et dans ces solutions, la modération voire la réduction du trafic apparaît comme un impondérable pour l'Ademe. « C'est possible de réduire de 75 % les émissions de CO2 du transport aérien d'ici à 2050 si nous activons tous les leviers de décarbonation », déclare-t-il ainsi. La partie résiduelle d'émissions devra en revanche faire l'objet de compensations.