Après l’annus horribilis de 2020, Haropa, l’établissement public des ports de la Seine (Le Havre, Rouen, Paris) a vu son trafic maritime se redresser notamment sur le segment des conteneurs. Une partie des armateurs s’est détournée des terminaux embolisés d’Anvers au profit du Havre. Reste à les fidéliser.C'est un premier exercice sinon ébouriffant, du moins encourageant. Placé sur les fonts baptismaux en janvier et opérationnel depuis le mois de juin, le jeune groupement des ports de la Seine, Haropa (Le Havre, Rouen, Paris), a enregistré une augmentation de 12% de son trafic maritime (à 84 million de tonnes) en 2021. « C'est la plus forte hausse de la rangée Nord » soulignent ses dirigeants ce qui n'est pas faux. L'embellie la plus notable concerne l'activité -lucrative- des conteneurs (+ 28%) qui a franchi pour la première fois le cap des trois millions de « boîtes » dépassant ainsi le précédent record de 2018. « Ces bons résultats valident la pertinence du modèle. L'ensemble portuaire dispose maintenant de la bonne taille critique », en déduit Daniel Havis.
Le malheur des Belges...
Ce que le président du Conseil de surveillance ne dit pas, c'est que cette amélioration découle pour une bonne part des difficultés qu'a rencontré le port d'Anvers pour absorber un flux de conteneurs d'une ampleur inédite. Ses terminaux embolisés -à quoi il faut ajouter les défections des personnels touchés par le coronavirus- se sont trouvés saturés. D'où le déport d'un certain nombre d'armements vers Le Havre où le passage était plus fluide. En d'autres termes, le port normand a fait office d'alternative. Toute la question est maintenant de savoir si les compagnies maritimes lui resteront fidèles une fois passés les effets de la pandémie. Autrement dit, si l'avoir essayé peut conduire à l'adopter. C'est ce que veut croire Stéphane Raison, patron d'Haropa. « Le retour des armateurs vis à vis du service du Havre a été très positif » assure t-il.
La marque de confiance de MSC
Si l'intéressé s'autorise à être « prudent mais optimiste », c'est qu'il vient de recevoir une bonne nouvelle en provenance du premier armateur mondial : l'italo-suisse MSC. Et plus précisément de sa filiale spécialisée dans la manutention, T-I-L. Après avoir racheté la totalité des parts de deux sociétés de manutention opérant sur Port 2000 au Havre, Terminal Investment Limited a annoncé son intention d'investir puissamment pour moderniser ses installations de chargement et de déchargement. Le but ? Donner les moyens à ses terminaux d'accueillir les gigantesques porte-conteneurs (24.000 EVP de capacité et 400 mètres de long) commandés par les grandes alliances maritimes mondiales.