Ryanair joue à quitte ou double avec le Boeing 737 MAX
Fabrice Gliszczynski
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Jason Cairnduff
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Faut-il y voir un coup de maître qui permettra à Ryanair d'accroître sa suprématie dans le ciel européen, ou bien la décision qui se transformera demain en cauchemar ? C'est l'une des questions qui se pose après l'annonce fracassante de la compagnie low-cost irlandaise de commander en pleine crise davantage de Boeing 737 MAX, cet avion cloué au sol depuis près de 21 mois pour des raisons de sécurité à la suite de deux accidents mortels ayant fait 346 victimes.
Deux semaines à peine après le feu vert américain de remettre l'appareil en service -ce qui sera effectif fin décembre- la compagnie low-cost a en effet converti ce jeudi en commandes fermes 75 options d'achat de cet appareil, lesquelles, s'ajoutant aux 135 exemplaires déjà commandés, portent ainsi la commande de MAX de Ryanair à 210 exemplaires. Une simple conversion d'options qui pourrait donner suite à une autre grosse commande de MAX au cours des 18 prochains mois, a indiqué à Reuters le directeur général du groupe, Michael O'Leary.
Même si ce dernier n'a jamais caché son intention de passer commande dès que l'avion serait autorisé à revoler, l'annonce d'aujourd'hui n'en est pas moins retentissante puisqu'elle signe la première grosse commande de MAX depuis son interdiction, mais aussi la première grosse commande d'avions depuis le début de la crise du Covid-19. Surtout, elle s'apparente à un énorme coup de poker. Car cette commande peut permettre à Ryanair de distancer ses concurrents, comme elle peut provoquer sa chute.
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En effet, une telle commande s'accompagne évidemment d'un énorme rabais. Déjà en temps normal, des compagnies aussi puissantes que Ryanair peuvent obtenir des rabais de plus de 50% par rapport au prix catalogue. Selon certains experts, le discount arraché par Ryanair peut, en incluant les indemnisations pour les retards de livraisons, dépasser 70%, soit un prix inférieur à 30 millions de dollars pièce, contre 125 millions de dollars inscrits dans le catalogue des ventes. Autrement dit, en achetant ces avions pour une bouchée de pain, le transporteur irlandais va ainsi disposer d'un avantage compétitif considérable sur ses concurrents qui renforceront son modèle low-cost et sa capacité à afficher des prix attractifs. D'autant plus que les performances de cet avion permettent de baisser fortement la consommation de carburant (16% selon Ryanair) et les coûts d'exploitation. Avec ces 210 nouveaux avions qui entreront dans la flotte d'ici à 2026, Ryanair compte exploiter à cet horizon 600 appareils, contre 453 l'an dernier, pour transporter 200 millions de passagers, contre 149 millions en 2019. De quoi augmenter les parts de marché de Ryanair à l'heure où la quasi-totalité des compagnies aériennes réduisent la voilure.
Fabrice Gliszczynski
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