Réorganisation et recentrage autour de l'activité aérienne, vente partielle de Lufthansa Technik, cession rapide du « catering », investissements massifs sur le long-courrier… le futur visage du groupe Lufthansa se dessine alors que la crise s'éloigne.Au sortir d'une « année extraordinaire » à en croire son directeur général Carsten Spohr, le groupe Lufthansa a laissé la crise derrière lui : il est en passe d'achever sa restructuration et peut désormais s'appuyer sur des résultats largement positifs et un bilan financier renforcé. Une position qui lui permet aujourd'hui d'accélérer son évolution stratégique engagée au plus fort de la crise sanitaire, avec un recentrage de son activité de transporteur aérien, et le développement de son offre internationale.
Pendant la crise, Lufthansa n'a pas hésité à trancher dans le vif pour réduire ses coûts. Sur un objectif de 3,5 milliards d'euros d'économies à atteindre d'ici 2024, le groupe allemand en est déjà à 3,2 milliards. Il a ainsi supprimé plusieurs dizaines de milliers d'emplois, passant de 137.000 salariés avant la crise à 105.000 en 2021. Peut-être est-il même aller un peu trop loin au vu des perturbations connues cet été, avec une reprise de la demande qui a excédé les capacités opérationnelles et l'a obligé à annuler des vols. De fait, Lufthansa réembauche massivement avec l'objectif de remonter à 115.000 salariés cette année, et va limiter ses capacités à un niveau compris entre 85 % et 90 % de celui de 2019.
Objectifs financiers confirmés
Cela n'a pas empêché Carsten Spohr - tout juste reconduit à son poste pour cinq ans - de confirmer ses objectifs financiers à fin 2024, lors de la présentation des résultats annuels vendredi dernier. Avec une offre qui doit revenir à 95 % de celle de 2019, Lufthansa vise une marge opérationnelle ajustée de 8 %, soit près du double de celle de 2022, et une rentabilité des capitaux investis d'au moins 10 %, soit une amélioration de trois points.
En parallèle, Lufthansa poursuit également sa transformation structurelle. Pour Remco Steenbergen, directeur financier du groupe lui aussi reconduit, « une chose est claire, nous voulons passer d'un groupe d'aviation à un groupe de compagnies aériennes ». Ce processus engagé en 2021 doit permettre de séparer Lufthansa en tant que compagnie aérienne et les fonctions centrales du groupe, pour obtenir une holding fonctionnelle chapeautant l'ensemble des compagnies (Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines, Eurowings, Lufthansa Cargo) et des services (Lufthansa Technik, AirPlus, LSGgroup).