Uber perd son directeur financier et plus de 700 millions de dollars au premier trimestre

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Pour l'heure, la multinationale reste la licorne (startup non cotée mais pesant plus d'un milliard) la plus chère du monde, avec une valorisation estimée à 70 milliards de dollars, devant sa grande rivale asiatique Didi - qui flirte désormais avec quelque 50 milliards -, face à laquelle elle a dû jeter l'éponge sur le marché chinois.
Pour l'heure, la multinationale reste la licorne ("startup" non cotée mais pesant plus d'un milliard) la plus chère du monde, avec une valorisation estimée à 70 milliards de dollars, devant sa grande rivale asiatique Didi - qui flirte désormais avec quelque 50 milliards -, face à laquelle elle a dû jeter l'éponge sur le marché chinois. (Crédits : Tyrone Siu)
Nouveau départ à la direction d'Uber, le géant du VTC (voitures de transport avec chauffeur), qui annonce de nouvelles pertes pour le premier trimestre 2017.

Encore un départ à la direction de la société américaine de voitures de transport avec chauffeurs (VTC). C'est vraiment la spirale infernale pour le géant Uber, qui a annoncé mercredi le départ de son directeur financier Gautam Gupta ainsi qu'une perte de plusieurs centaines de millions de dollars au premier trimestre.

"Après quatre ans à Uber, Gautam Gupta a décidé de prendre un rôle de directeur exécutif dans une jeune pousse qu'il décrit comme 'Uber il y a 4 ou 5 ans'", a précisé Uber dans un email à l'AFP.

Le PDG du groupe, Travis Kalanick, a pour sa part souligné que "nous n'y serions pas arrivés sans lui. Son énergie, sa compétence et son enthousiasme vont nous manquer".

De lourdes pertes

Uber a également confirmé une perte de 708 millions de dollars pour les trois premiers mois de l'année qui avait été annoncée un peu plus tôt par le Wall Street Journal. Uber, qui n'est pas côté en Bourse, ne publie pas de résultats complets mais fait part à intervalles réguliers de ses performances financières. Le groupe de San Francisco avait ainsi annoncé en avril une perte de 2,8 milliards de dollars et un chiffre d'affaires de 6,5 milliards de dollars pour 2016. Le chiffre d'affaires sur le 1er trimestre a atteint 3,8 milliards de dollars. Uber a souligné que la perte de 708 millions de dollars était en réduction par rapport à celle de 991 millions subie le trimestre précédent.

La société de Travis Kalanick a également affirmé que le nombre de ses courses avait triplé sur un an et que l'entreprise était bénéficiaire sur les marchés des pays développés si les coûts administratifs et les dépenses de fonctionnement n'étaient pas pris en compte.

Uber se finance par le biais de levée de capitaux auprès d'investisseurs-risque. Selon le WSJ, le groupe a déjà levé quelque 15 milliards de dollars et a actuellement plus de 7 milliards de liquidités disponibles, soit à peu près le même niveau qu'un an plus tôt.

La féroce concurrence de son rival Didi

Pour l'heure, la multinationale reste la licorne ("startup" non cotée mais pesant plus d'un milliard) la plus chère du monde, avec une valorisation estimée à 70 milliards de dollars, devant sa grande rivale asiatique Didi - qui flirte désormais avec les quelque 50 milliards -, face à laquelle elle a dû jeter l'éponge sur le marché chinois.

Didi Chuxing, né en 2015 de la fusion de deux applications concurrentes soutenues respectivement par les géants chinois de l'internet Alibaba et Tencent, assure compter 400 millions d'usagers. Il contrôlait début 2016 pas moins de 99% du marché des réservations de taxi en ligne et autour de 87% de celui des VTC. Et a depuis encore renforcé son monopole, ses applications enregistrant 20 millions de courses quotidiennes. Désormais, l'appli mobile est traduite en anglais, ce qui va faciliter son utilisation pour les habitants qui ne parlent pas la langue, notamment les expatriés.

| Lire Qui de Uber ou de Didi dominera le marché mondial ?

Mauvaise passe pour Uber

Reste que le groupe californien traverse une passe difficile avec le départ de plusieurs de ses dirigeants récemment. Il est aussi mêlé à une bataille judiciaire avec Waymo, la filiale du groupe Alphabet (Google) chargée de développer des voitures autonomes.

Waymo accuse Uber de vol de technologies par le biais du rachat de la société Otto qui était dirigée par Anthony Levandowski, un ancien ingénieur de Waymo. Uber avait annoncé mardi avoir licencié ce dernier car il refusait de coopérer à l'enquête menée par la justice à la suite de la plainte de Waymo. De quoi, peut-être, rendre frileux plus d'un investisseur.

>> Lire aussi Travis Kalanick va-t-il conduire Uber à sa perte ?

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Commentaires
a écrit le 02/06/2017 à 13:36 :
Uber c'est quoi? Des chauffeurs au statut auto-entrepreneur mais avec employeur unique donc illégal que l'Urssaf n'arrive même pas a requalifier (grace la bienveillance de Bruxelles pour Uber); Ces mêmes chauffeurs qui eux croient qu'il vont gagner de l'argent alors qu'ils survivent dans le meilleur des cas; Des investisseurs qui croient au jackpot en investissant dans Uber alors qu'il vont perdre leur mise; Des états qui permettent ces investissements dans un cadre défiscalisé (premier manque à gagner) et qui ne collectent quasi rien ensuite (optimisation fiscale d'Uber, second manque à gagner), tout ça pour enrichir une poignée de dirigeants Uber... le temps que ça dure! Et ce modèle n'est hélas pas unique ... Quelle pantallonade dramatique !
a écrit le 02/06/2017 à 8:08 :
...... un parachute de combien ?

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