XL Airways a assigné Air France-KLM en justice

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(Crédits : DR)
XL Airways va être placée en redressement judiciaire ce lundi. La compagnie a appelé Air France à la rescousse. Selon nos informations, les actionnaires de XL Airways ont assigné au printemps Air France-KLM pour "rupture abusive de pourparlers". Une audience a eu lieu début septembre et le jugement n'est pas encore prononcé.

Après s'être déclarée en cessation de paiement vendredi, la compagnie aérienne XL Airways sera placée ce lundi 23 septembre en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Bobigny. Quelle que soit la période d'observation décidée par le juge, le niveau de trésorerie dictera le calendrier. Faute de cash suffisant, il sera très serré. Sans argent frais, la compagnie devrait arrêter tous ses vols d'ici à la fin de la semaine.

Ce dimanche les actionnaires de XL Airways et son PDG Laurent Magnin ont appelé Air France à les reprendre, en rappelant qu'une telle opération était quasiment finalisée au printemps 2018 avant qu'elle ne tombe à l'eau après le départ de Jean-Marc Janaillac, le PDG d'Air France-KLM de l'époque.

Projet "Rafale"

À la fin de l'année 2017, Air France-KLM, présidé par Jean-Marc Janaillac, a en effet approché XL Airways pour un rapprochement. L'idée de Jean-Marc Janaillac était d'utiliser cette compagnie aux coûts très bas pour contrer les compagnies low-cost long-courriers sur l'axe transaltlantique, comme Norwegian ou Level qui ne cessaient de se développer à Paris.

Des négociations exclusives ont été menées pour une prise de participation d'Air France-KLM dans le capital de XL. Ce projet avait un nom : Rafale. Fin avril 2018, la cession progressive à Air France (qui comptait la faire grossir pour atteindre une taille de 10 avions) était quasiment acquise. Tous les documents étaient finalisés entre Dreamjet Participations, la maison-mère de XL Airways, et la direction d'Air France-KLM. Ils précisaient la prise par Air France-KLM de 40% du capital de XL Airways par le biais d'une augmentation de capital de 40 millions d'euros. À l'époque, La Compagnie, un transporteur 100% classe affaires, filiale de XL Airways, faisait partie du deal. Ces négociations étaient menées au niveau de la direction d'Air France-KLM. Le dossier n'avait pas encore été présenté au conseil d'administration.

Le départ de Jean-Marc Janaillac change la donne

Coup de théâtre, début mai 2018, Jean-Marc Janaillac perd son référendum sur la question salariale et démissionne le 15 mai. Selon des sources proches des actionnaires de XL, les dirigeants d'Air France-KLM et d'Air France leur ont assuré à ce moment-là que l'opération n'était pas compromise et qu'il fallait simplement attendre l'arrivée du successeur de Jean-Marc Janaillac. C'est d'ailleurs pour cette raison que les actionnaires de XL Airways ont, au cours de l'été 2018, réinjecté 18 millions d'euros dans les caisses de la compagnie, en difficulté financière.

Problème, cette succession prendra énormément de temps et il faudra attendre trois mois avant qu'un succeseur ne soit nommé en la personne du Canadien Ben Smith - et même quatre mois avant que ce dernier n'entre en fonction (vers le 20 septembre). Or, en arrivant à la tête d'Air France-KLM, Ben Smith avait d'autres priorités que de valider un projet décidé par son prédécesseur. Il lui fallait résoudre la question salariale à Air France et s'atteler aux tensions avec KLM. Après avoir rencontré  les actionnaires de XL Airways en octobre 2018, le Canadien ne donna pas suite. Il avait déjà en tête d'arrêter la filiale d'Air France Joon, ce n'était pas pour avoir une nouvelle filiale qui aurait pu heurter les pilotes d'Air France.

Audience début septembre

Entièrement mobilisée sur ce dossier pendant plus de 12 mois, XL Airways a perdu une précieuse année pour trouver une autre compagnie à laquelle s'adosser.

Selon nos informations, les actionnaires de XL Airways ont porté l'affaire en justice. Ils ont assigné en mai dernier Air France-KLM pour "rupture abusive de pourparlers". L'assignation a été déposée au tribunal de commerce de Paris. Une audience a eu lieu début septembre, sans la présence d'Air France-KLM. Le jugement n'a pas encore été rendu. Interrogée, Air France-KLM, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Les actionnaires de XL Airways sont au nombre d'une quarantaine, des hommes d'affaires, des familles, quelques entreprises ou institutionnels... On y trouve notamment Charles Beigbeder, Cogepa, Michel Cicurel, le groupe belge SPDG, et, le plus important d'entre eux, Motier, la holding de la famille Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette (20%). Les trois derniers sont les plus importants.

Lire aussi : XL Airways, l'antithèse d'Aigle Azur

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Commentaires
a écrit le 30/09/2019 à 6:38 :
Plutôt gonflé de venir pleurer en septembre alors qu'au printemps il avait déjà assigné Air France...
a écrit le 25/09/2019 à 0:33 :
Il faut apprendre aux Dinosaures à mourir sans faire d'esclandre quand leur heure est venue...!!! Quelle arrogance de la part de ces "Capitalistes Français" d'assigner au tribunal Air France pour "refus de Marriage" alors que les bans n'ont même pas été publiés !!!
Il est grand temps de purger le Ciel Français de tous ces " Apprentis-Capitalistes" et néammoins Super-Nantis Français, dont le seul rêve est de Réussir à soutirer l'argent du contribuable, Maladie So French...!!!
Il faut que la purge continue pour que le ciel Français ne comporte plus qu'AF et au plus deux Low-cost (qui comprendraient qu'il ne faut pas assigner AF, qui suce déja beaucoup les finances publiques...!!!).
a écrit le 24/09/2019 à 8:26 :
Perte de temps pour les dupes. Air France a deja gagne.
a écrit le 23/09/2019 à 16:53 :
Laurent Magnin, 7 sociétés, 7 bilans déficitaires, un mégalo, mauvais gestionnaire. L'aventure de l'entreprise est vouée à l'échec sans un minimum de rentabilité. Voilà bcp de salariés et clients floués.
Réponse de le 25/09/2019 à 17:38 :
Laurent Magnin, je le connais depuis Le Bourget , il avait 18 ans , il travaillait avec son père, il a été approché par Casanova propriétaire à l'époque de Corsair , il y a travaillé comme directeur commercial, quand Corsair a été repris par Nouvelle Frontière, Jacques Maillot, L. Magnin est resté directeur commercial, une 15 d'année , quand Corsair a été racheté par les allemands, L. Magnin en désaccord avec la nouvelle direction , est parti chez XL , qu'il a sauvée . des années, non renflouée par l'état comme notre Air France c'est un stratège qui a permis a la compagnie XL d'être une des rares compagnies gagnant de l'argent avant l'arrivée de certains low cost , le coût des charges imposés aux compagnies francaise, hausse de 120% en 8 ans , a fait le reste ., Monsieur <Magnin , si la compagnie que vous prédisez s'appelle XL, vous , vous êtes XXXL
a écrit le 23/09/2019 à 12:39 :
"Rupture abusive de pourparlers" Ça existe vraiment en droit français ou c'est une invention d'avocats très créatifs?
Réponse de le 23/09/2019 à 13:42 :
Ca existe, c'est notamment le cas lorsqu'un potentiel partenaire fait en sorte de rentrer en discussions plus ou moins exclusives avec une société dans le but de torpiller d'autres partenaires et couler la boite...

Le schéma y ressemble bien.... maintenant entre un communiqué de presse et la réalité juridique ... :)
a écrit le 23/09/2019 à 10:06 :
moi aussi j'aime les avions mais l'environnement commande et malheureusement moins il y aura de compagnies mieux ce sera pour la planète.
Réponse de le 23/09/2019 à 10:52 :
Tiens encore un lobotomisé par la pensée unique et le politiquement correct de la dictature écolo
Réponse de le 23/09/2019 à 15:01 :
Un peu simpliste le raccourci , peu importe le nombre de compagnies pour la planète , le nombre de leurs passagers ne va pas s arrêter de voyager sur d autre , c'est comme penser quand réduisant le nombre de médecins on va réduire le nombre de malades ....
a écrit le 23/09/2019 à 10:01 :
"Rupture abusive de pourparlers" ! C'est quoi la prochaine ? Que FIAT oblige Renault à les racheter ???
a écrit le 23/09/2019 à 9:56 :
Action en justice pour "rupture abusive de pourparlers". On rêve qd on sollicite l'aide d'un sauveur, d'autant qu'à l'époque l'affaire n'avait pas encore de été présentée au conseil d'administration.
Ces actionnaires cherchent par ts les moyens de se dedommmager de leurs errements...A fuir !!
Réponse de le 23/09/2019 à 10:55 :
Ils vont perdre la totalité de leur mise et ils refusent de l'accepter. Du mal a faire leur deuil ...

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