Le patron d'XL Airways en appelle à Air France

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(Crédits : DR)
La compagnie aérienne française XL Airways, qui a déposé le bilan cette semaine, appelle Air France à l'aide pour son sauvetage, dans un entretien au Journal du Dimanche. Le Pdg Laurent Magnin revient également sur les causes des difficultés de XL Airways.

Le Pdg de la compagnie aérienne française XL Airways, en cessation de paiement, a appelé Air France à venir à sa rescousse, assurant dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD) pouvoir devenir un atout pour le groupe.

"Air France peut bouger. Le Pdg du groupe, Ben Smith, en a le pouvoir. Il doit mettre XL chez Air France (...) Le dialogue social peut être réglé en 24 heures. En 12 mois, on peut définir un plan et devenir le "sniper" (franc-tireur, NDLR) du groupe Air France sur le low cost long-courrier", a affirmé Laurent Magnin.

Sollicité dimanche par l'AFP, Air France n'a pas souhaité faire de commentaire.

Vendredi, Laurent Magnin avait indiqué que son entreprise, qui avait réclamé la veille son placement en redressement judiciaire, avait besoin de 35 millions d'euros pour se relancer.

Lire aussi : XL Airways, l'antithèse d'Aigle Azur

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Si Air France, qui a déjà été approchée dans le passé, opposait à XL Airways une nouvelle fin de non-recevoir, un nouveau tour de table resterait possible, a espéré Laurent Magnin.

"Des financiers peuvent se dire qu'on est dans le pays le plus touristique du monde et que l'aérien français ne peut pas échouer. Je suis persuadé qu'il y a un coup fumant à faire dans notre secteur", a-t-il plaidé.

XL Airways dénonce un effet "gilets jaunes"

Interrogé par le JDD sur les causes des graves difficultés de XL Airways, qui dessert quatre continents au départ de Paris, essentiellement en Amérique du Nord, notamment les Etats-Unis, les Antilles, mais aussi en Chine, Laurent Magnin a pointé du doigt de nouveaux concurrents.

"Nous n'avons pas vu venir la bulle Norwegian, ses avions neufs, son système de low cost moyen-courrier appliqué au long-courrier. Sur notre activité vers les Etats-Unis, le choc a été frontal et nous n'avons pas su réagir assez vite", a-t-il concédé.

Mais la compagnie a surtout souffert du mouvement des "gilets jaunes" pendant l'hiver 2018-2019, a-t-il poursuivi. "Quand nos vols en provenance de Chine se sont retrouvés aux trois quarts vides, comme cet hiver, tout est devenu compliqué (...) l'été n'a pas suffi à rétablir la situation".

Les difficultés d'XL Airways, qui compte 570 salariés, ont été révélées moins de trois semaines après qu'une autre compagnie française, Aigle Azur, s'est elle aussi retrouvée dans une impasse financière, devant interrompre ses vols. Elle a été placée ensuite en liquidation.

Une demande de mise en redressement examinée lundi

Le tribunal de commerce d'Evry doit examiner lundi quatre propositions de reprise d'Aigle Azur, qui emploie 1.150 personnes. Air France, un temps sur les rangs, a renoncé à présenter une offre. Un autre tribunal de commerce de la région parisienne, celui de Bobigny, devrait de son côté examiner la demande de mise en redressement d'XL Airways lundi.

Pourtant, a affirmé l'entreprise dans un communiqué samedi soir, "des solutions de sauvetage, passant notamment par un accord entre l'actionnariat actuel et Air France, tel que d'ailleurs négocié au printemps 2018, existent et sont plus que jamais d'actualité".

La compagnie, exhortant le gouvernement à des "actes concrets", demande "la tenue d'une réunion dans les toutes prochaines heures, dès (dimanche) matin, entre notre actionnariat, la direction de XL Airways et Air France, sous l'égide de la puissance publique, pour mettre fin à cette situation dramatique".

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Commentaires
a écrit le 23/09/2019 à 9:17 :
Foutez la paix à AIR FRANCE qui a du mal à équilibrer ses comptes malgré la participation importante de l' ETAT donc du contribuables. Alors ne chargeons pas la barque !!!!
a écrit le 23/09/2019 à 5:16 :
En dehors du micron et son but de detruire au maximum nombre de postes sous controle de l'etat, le refus francais de voir l'evolution du monde actuel, son conservatisme jacobin et absence de reformes profondes, le cocktail ideal qui detonnera le moment venu. Gare a ceux qui n'auront pas prevu cette echeance.
Avouer n'avoir pas prevu la vague "low cost" en dit long.....
a écrit le 23/09/2019 à 2:04 :
De toutes les façons la purge des petites low cost trop nombreuses: de vulgaires "Me Too ", est en cours, et il faut consolider le secteur en laissant mourir les dinosaures... c'est d'ailleurs la seule façon de sauver Air France...et l'argent des contribuables qui ne prennent jamais l'avion...!!!
a écrit le 22/09/2019 à 15:42 :
Désolé pour la faute de frappe : lire 150 avions et non 450 !!
a écrit le 22/09/2019 à 15:37 :
Xl Airways a été tué par Norwegian et sa flotte de 450 avions en route pour le low cost sur l'Atlantique nord, de l'avis de son PDG.
Le mouvt GJ qui a fait fuir les touristes asiatiques est un dégât collatéral qu'une cie aérienne au reins solides devrait pouvoir encaisser.
Au moins ce PDG a le réflexe pro de solliciter un de ses pairs et non l'Etat et ses contribuables.
Réponse de le 22/09/2019 à 17:13 :
Bonjour,

Je n'ai pas tout à fait la même vision. XL ne peut pas faire appel à l'état car celui-ci n'en est pas actionnaire. Mais en faisant appel à Air-France, ça revient un peu au même.

Air France reste une compagnie dont l'état est actionnaire, tout en étant privatisée. Son statut politique reste "au milieu du gué". Ca reste bien une demande de sauvetage via un soutien de l'ancienne compagnie nationale.

Par ailleurs, Air France a déjà ses propres problèmes et n'est pas assez solide (à mon avis) pour supporter les pertes d'une autre compagnie.

La seule solidité que peut apporter Air France dans cette opération est de permettre à XL Airways d'intégrer une compagnie politiquement impossible à laisser faire faillite.
a écrit le 22/09/2019 à 13:40 :
tout le monde cherche un imbecile pour le reprendre et reinjecter de l'argent avant la prochaine faillite
non seulement air france est deja empetree dans ses propres problemes, et en plus ses syndicats ne veulent pas de low cost
alors ce monsieur est mal barre
a écrit le 22/09/2019 à 12:26 :
Et Air France en appelle à, Emirates.... personne en France pour mettre un centime des ces compagnies? Comme d'habitude quand une entreprise ne va pas même si le secteur n'a pas fini de souffrir notamment sur le plan transition vers l'écologie.
a écrit le 22/09/2019 à 12:03 :
Encore un patron Français qui veut faire du Capitalisme avec l'argent du contribuable...en fait il pleure de s'être brûlé les ailes pour avoir voulu voler trop haut...Et qu'il ne savait pas faire... et maintenant Il demande au contribuable de boucher le trou "qu'il n'a pas vu venir" selon ses dires ...??? A qui la faute...???!!!
Réponse de le 22/09/2019 à 13:32 :
Vous ne connaissez visiblement rien à la situation de XL. Eux justement ont été modérés dans leurs approches, n'ont pas fait de folies à la Aigle Azur ou Norwegian, et fait rare en France, les employés (tous syndiqués) ont fait tout ce qu'ils ont pu pour redresser la barre de cette boîte. Et quel contribuable ? Air France n'est détenue par l'état qu'à hauteur de 14%, arrêtez de dire n'importe quoi. Et ne me citez pas Ryanair en exemple, eux sont des pros quand il s'agit de s'asseoir sur les lois et de toucher un max d'aides du contribuables (cf les dessertes de Vatry, Rodez, St Etienne et j'en passe) !
a écrit le 22/09/2019 à 11:57 :
"Quand nos vols en provenance de Chine se sont retrouvés aux trois quarts vides"

Un peu bancale comme explication quand même hein...

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